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Brave Margot !

12 février 2011, à À Thou bout d’Chant, à Lyon.

Photos de Catherine Cour.

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Lui c’est Pierre Margot, acteur et, pour l’heure, chanteur. Elle, c’est Nathalie Miravette, qu’on connaît comme pianiste d’Allain Leprest, de France Léa, d’Anne Pékoslawska et d’Henri Courseaux. De Bernard Joyet aussi qui la fait même chanter. Joyet est un maître-chanteur.
Unis dans la vie, voici donc que Margot et Miravette se pacsent aussi sur scène, pour le meilleur ou… D’habitude ils font lits séparés ; là, sur la scène d’À Thou bout d’Chant, c’est couche commune. Qui des deux d’ailleurs s’incruste dans l’art de l’autre ? Miravette sans doute, qui vient faire la grande Nunuche à grouiller entre les vers de son homme. Et Margot ne dit rien, lui laissant son espace de libre expression. Brave Margot !
Margot a cette allure, cette prestance d’acteur qu’il met au service d’une chanson très classique dans le fond et dans la forme. Avec à ses côtés sa mascotte, son Jiminy Cricket, son Yoda à lui : Glops, de son vrai blaze Pierre Duchesne, corniste de son état, cœur et corps vaillants, étonnant dans ses ponctuations musicales, drôle tout le temps, un peu comme un bouffon, le fou du roi, zeste ou reste d’enfance, avatar de Margot.
Trois ou quatre chansons de Margot puis sa moitié revient faire la zouave, faire la suave. « En général je suis là » dit-elle en désignant le piano et, heureuse d’être debout, s’étirant, gesticulant des bras : « J’peux faire comme ça. Et encore comme ça… J’m’en fous, j’ai l’droit ! D’habitude, j’accompagne des vieux chanteurs… » La femme-piano qu’on connaissait s’est mise sur la touche, prête et prompte à cet autre métier de la scène : chanteuse tendance Annie Cordy (dont elle reprend un titre), irrésistible, avec parfois de remarquables percées dans l’émotion…
Émotion aussi avec son homme, notamment avec ce déchirant Les Enfants du bonheur, choc de deux mondes, l’un des deux immonde : « Les enfants du bonheur / Aim’raient savoir pourquoi / Les gamins de l’erreur / Ont si peur de leur papa. » On a souvent comparé Margot à Guidoni, son presque maître. C’est sensible sur disque, moins en scène, où Pierre nous fait facilement entrer dans son monde, sans tuteur.
Miravette à nouveau. Quand toute hiérarchie est abolie, quand la femme se lève de son piano, on frise l’anarchie. Et la contagion. L’autre pianiste, Jennifer Quilet, se lève aussi, pour hip-hoper un brin avec Miravette, puis se fait elle-même chanteuse, lovée dans un rouge boa, en femme fatale, à donner la réplique à Margot. Miravette s’est construit un répertoire en piochant ici et là, exhumant souvent des perles d’humour et d’incongruité : Juliette, Allain Leprest, Anne Sylvestre, Boby Lapointe, Arnaud Joyet, Bernard Joyet, des vieux trucs aussi tirés de poussiéreuses valises. Et Pascal Rinaldi pour, en duo avec Pierre Margot, un torride Il faut qu’on s’touche. » Quand je vous dis qu’ils font couche…
Étonnante soirée vraiment, qu’on bisse et qu’on ter. Et termine avec eux, heureux, comblés. Il y a parfois sur scène des instants rares. C’en était.

Le myspace de Pierre Margot ; celui de Nathalie Miravette.

2 Réponses à Brave Margot !

  1. evkids 17 février 2011 à 16 h 03 min

    Superbe article ! Ça donne envie d’avoir le don de voyage dans le temps, à nous qui avons raté cette soirée. Merci ! Brian

    Répondre
  2. Chris Land 18 février 2011 à 12 h 35 min

    Merci Michel, « notre enchanteur ». J’aime beaucoup ce compte rendu qui remet en place les pièces d’un puzzle appréciées dans le désordre, en vrac, mais toujours, et à chaque fois avec une belle cohérence.
    Nathalie en vraie première partie de Joyet accompagnée par Jennifer Quillet, et Pierre Margot accompagné par ceux que tu as cités et quelques duos improvisés, spécialement lors de la « fête à Miravette » au 20ème théâtre…
    Chris Land

    Répondre

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