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Brassens rien que pour les riches !

La voix du bon maître éteinte, place au concert des espèces sonnantes et trébuchantes… Un univers pas très propre…

À quelques mois du trentième anniversaire de la disparition du chanteur sétois, l’actualité Brassens est pour le moins fournie.
Nous avons évoqué, souvenez-vous en, la censure assez étonnante et franchement scandaleuse, qui a frappé le disque Brassens selon Vitor Hublot, tout un disque de chansons de Brassens interprétés de manière non conventionnelle, grosso modo entre rock et punk, ligne mélodique quelque peu bousculée, loin en tous cas des grandes orgues et de toute liturgie.
Parce que deux titres n’ont pas eu l’heur de plaire à Monsieur l’héritier de grand-tonton Brassens, le disque fut retiré des bacs. Ce disque devait être le premier d’une série de trois.
Guy Clerbois, l’âme du groupe belge Vitor-Hublot, n’en est pas resté là. Et, puisqu’on lui reprochait, pour le premier disque, de ne pas avoir en temps utiles sollicité les autorisations nécessaires, l’a fait pour le « tome 2 ».
Voici la correspondance relative à se demande de reprendre Fernande, Embrasse les tous, Don Juan et Le pornographe

From: margreet.van.der.worp@umusic.com
To: vitor_hublot@hotmail.com
Date: Mon, 7 Mar 2011 11:56:07 +0000
Subject: RE: Fernande
Dear Mr. Clerbois,
For your information, we do currently only handle (big) commercial requests with an official release through one of the major record companies.
If so in your case, please fill in this form for every title.
Thanks.
Best regards,
Margreet van der Worp
Management Assistant
Universal Music Publishing Group
P.O. Box 23
3740 AA Baarn
The Netherlands

On avait fait comprendre à Clerbois qu’il fallait formuler sa demande en anglais. Pour les non-pratiquants, cette réponse dit à peu près ceci :

Cher Monsieur Clerbois,
Pour votre information, pour le moment nous ne nous occupons seulement que de (grandes) demandes commerciales avec sortie officielle dans une grande compagnie d’enregistrement musical.
Si c’est votre cas, alors veuillez remplir le formulaire pour chaque titre.
Merci,
Bien à vous,

Que dire ? Ou vous êtes du bon côté, soutenu par un gros label et c’est d’accord, le visa pour vous mettre en bouche le bon maître et vous faire des sous sur lui. Ou vous n’êtes rien et passez donc votre chemin : car c’est pas le moment, surtout pas en pleine commémoration qu’on espère juteuse, cette machine à fric qu’on va actionner un maximum, histoire de presser une fois encore le fruit…
Ce milieu-là sent le vomis. Que Brassens, au fond de sa boîte, de son trou, au milieu de ses rimes, au mitan de ses vers, conchie. Universal vous dites ? Très sale…

Commentaire, ou plutôt utile précision, de Guy Clerbois, âme et principal artisan de Vitor-Hublot, ce midi par mél : « Seule petite remarque sur la musique : « rock…punk » me semble un peu réducteur. Pas facile de la définir mais je dirais plutôt sorte d’electro rock avant gardiste… Je m’explique : électro c’est clairement ma manière de travailler, rock car assez « rentre-dedans » et avant-gardiste car outre les musiques de danses, j’utilise des séquences de blues, jazz, classique, contemporain ce qui, à mon avis, me démarque des autres. Gilles Verlant me qualifie de « Résident belge » mais aussi (et j’adore) de « grand maître de l’underground wallon »…) »

4 Réponses à Brassens rien que pour les riches !

  1. Arthur Rainbow 9 mars 2011 à 0 h 12 min

    Peut-être faudrait il leur faire savoir que le seul contrôle que peut avoir l’héritier, c’est le droit moral.
    Pour le reste, il suffit de payer les droits nécessaire à la société des auteurs.

    De même que Véronique Sanson n’a pas besoin de demander l’autorisation à France Gall pour reprendre Michel Berger.

    Enfin, je suis pas avocat, je ne fais que retranscrire ce que me disait un avocat avec qui j’en discutais…

    Et c’est sur qu’il y aura toujours la question de savoir s’il est prêt à se payer un avocat pour le défendre quand la compagnie le poursuivra. :(

    Répondre
  2. Arbon 9 mars 2011 à 10 h 44 min

    Si c’est vrai, c’est étrange. Je suis d’accord avec Arthur Rainbow: Universal n’a en théorie rien à voir là-dedans. Les oeuvres déposées à la SACEM sont « de libre parcours », ce qui permet (à ce que j’ai compris) à tout le monde de les chanter, à condition de s’acquitter des droits d’auteur dans les conditions habituelles.

    Répondre
  3. Vitor 9 mars 2011 à 12 h 18 min

    J’ai laissé les droits, d’entrée. A mes yeux c’était clair, le seul risque étant le droit moral mais vu les participants au projet (Jeff bodart, Jil Caplan, Lou Deprijck, Jacques Duvall, Gilles Verlant et bien d’autres pour la suite…) et la réputation de Brassens, je n’imaginais pas une seconde me faire bloquer pour cela. Pour l’instant, juste Universal qui a réagi parce que je n’ai pas demandé pour le faire et préciser aussi que l’ayant droit principal était contre mes reprises, que ça lui portait un grave préjudice… :) Ça me fait encore sourire de lire ça…

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  4. vitor 9 mars 2011 à 23 h 21 min

    je précise quand même, ce qui me fait sourire ce n’est pas d’imaginer ce pauvre homme au bord de la crise de nerf mais bon, j’ai fini 25 morceaux, 18 avec les chants, je me suis décarcassé pour le casting, j’ai des chanteurs, comédiens, auteurs, peintres, dessinateurs de bd, journalistes qui ont trouvés ce projet interressant et respectueux de l’esprit Brassens… après 5 semaines on m’interdit de vendre, on me demande un relevé des ventes… alors qu’il n’est pas encore dans les bacs…:) et c’est moi qui lui cause un grave préjudice… amusant non?

    Répondre

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