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Camille, d’amour, d’ombres et d’obscurité

Même si la salle est grande, même si notre regard est aussi happé par la foule, par tout ce qui fait interférence, on ne risque pas de manquer un tel rendez-vous tant il est singulier, en peu extra-terrestre, unique en son genre. Camille est en scène et par elle tombent un à un les codes du métier, ceux à ce niveau de notoriété.

« L’étourderie des amoureux partis / Fait tourner la tête des tourtereaux / La perdrix qui perdit l’amour heureux / L’a retrouvé au fond de tes yeux. » Camille est en robe blanche. Pureté. Et vous chante des petits trucs pas bien importants. Epure. Des histoires de bergères, c’est dire, sans doute tirées d’une lointaine tradition depuis longtemps oubliée. D’une bergère en mal d’amour… Tout baigne dans le noir. Quelques touches de lumière, peu, pour parfois éclairer les musiciens, et encore… Et Camille qui se joue d’une lampe, comme de sa torche quand on explore une caverne. La voix est cristalline, quasi insolite en ce temple du son, ce Palais des spectacles. Une voix qui se cherche, se trouve, se module, joue en pleins comme en déliés, jaugeant l’étendue de ses possibilités. C’est en français, parfois en anglais. Entre presque trad’ et déjà jazzy. C’est lancinant et, d’un coup, spasmodique. Toujours intriguant, sans queue ni tête, encore que… « Ilo veyou », thématique de l’amour qui, forcément, tourneboule… Il n’y a pas que la voix, il y a le corps, comme une danse, une transcendance, tantôt reposé, tantôt frénétique, organique comme l’est parfois son chant quand elle se laisse aller à ses singulières vocalises, sa marque de fabrique. Il y a du divin en elle, dans l’absolu, dans la fragilité qui s’expose, en cette insolite chanson. Loin de La France des photocopieurs qu’elle chante, comme pour plus encore s’en démarquer, elle qui définitivement ne ressemble à personne.

Le spectacle est très graphique, très cinématographique, dans le fond, dans la forme. Nos rétines retiendrons foule d’images mémorables, même quand celles-ci s’ébattent dans la pénombre. La lumière viendra un peu en ce spectacle paradoxalement lumineux.

C’est une performance qui, sans conteste, force l’admiration. Mais ne fabrique pas toujours l’émotion qu’on peut en attendre. Est-ce dû à la distance, à cette grande salle forcément impersonnelle qui rompt le charme, la magie ? Ou à cette mise en scène brillante qui, parfois, oublie cette émotion qu’on vient chercher et qu’on a qu’avec parcimonie.

Le site de Camille, c’est ici.

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Une réponse à Camille, d’amour, d’ombres et d’obscurité

  1. danièle 21 mai 2012 à 10 h 40 min

    Le 10 octobre à la Coop de mai à Clermont-Ferrand . C’est tout près et c’est une salle à dimension humaine .

    Répondre

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