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Dans ma maison, vous viendrez…

André Labeur au travail pour Claude Fèvre (photo DR)

Une fête de  la musique comme j’en rêvais, sans effets spéciaux, sans frais et sans prétention… Une fête de la musique à Lavelanet, la ville qui accueillera bientôt le dixième anniversaire de notre Festival. Par la magie des rencontres, me voici invitée à me joindre avec des poèmes de Prévert à André Labeur, un chanteur sans nom comme il y en a tant ! Un homme qui, la retraite venue, après une carrière dans l’Education Nationale, se  livre à sa passion : la chanson. Son histoire l’a conduit il y a belle lurette en Île de France mais son cœur est resté chevillé quelque part dans le sud, dans cette maison où il est né, « là dans la chambre derrière » précise-t-il. La maison est toute petite mais donne sur une cour au plein cœur de cette cité du Pays d’Olmes, autrefois riche et fière de son industrie textile, ce qui lui vaut d’être aujourd’hui plus durement touchée encore qu’aucune autre dans le secteur.

Le père d’André chantait ; il chantait tout le temps. Il chantait en travaillant sur son métier à tisser. C’est pour cet homme là qu’André a pris un jour une guitare est s’est mis à chanter. Aujourd’hui il rassemble dans sa cour, qui porte le doux nom de Place des Louisous, quatre vingt personnes : les cousins, les neveux, les amis… pas un ne manque à l’appel !

Jean-Yves Liévaux (Alcaz’), dans la chronique publiée hier dans NosEnchanteurs, évoque ces salles de « concerts bistrots », où des « consommateurs gougnafiers » font passer de bien mauvais quart d’heure aux artistes, surtout à ceux qui prétendent avoir quelque chose à dire dans la langue de chez nous ! Hé bien, hier soir à Lavelanet, de la petite scène dressée dans la cour on pouvait s’émouvoir des regards tendus vers nous dans une écoute respectueuse. Evidemment, on peut penser que ce public là était conquis d’avance, ce qui est vrai, mais il n’était pas préparé à m’écouter leur dire les mots de Prévert. L’article de la presse locale avait d’ailleurs soigneusement évité de conserver les lignes qui m’étaient consacrées… Alors la surprise était totale.

André a offert une quinzaine de titres, variant les registres et les auteurs, l’incontournable Brassens (dans une chanson peu connue : Jeanne Martin), Trenet, Queneau, Dimey, Louki, Ferrat… sans oublier ses propres chansons. C’est sur la bonne humeur, avec le  Cul de ma sœur de Bernard Dimey, qu’André termine après avoir si délicatement improvisé sur le poème de Prévert que je préfère : Dans ma maison.

Dans la petite cour tout le monde s’embrasse, se salue, félicite André pendant que nous nous régalons d’oreillettes accompagnées d’une Blanquette de Limoux. 

Voilà, c’était ma fête de la musique 2012. André Labeur ouvrira notre Festiv’Art à 19h, le 15 Août, accompagné par un contrebassiste. Gageons que les amis, les neveux, les cousins seront là, qu’ils se laisseront convaincre de rester et de revenir pour découvrir les talents d’aujourd’hui et de demain ! 

Le blog d’André Labeur, c’est ici. En vidéo, le fameux Cul de ma soeur de Bernard Dimey, ici interprété par Jehan… Image de prévisualisation YouTube

 

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