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Le beau silence d’Anne Calas

Furtivement elle fut avocate, avant de s’en aller défendre autrement les mots, magnifier la langue, comme comédienne qu’elle est, comme chanteuse qu’elle est aussi devenue. La musique est en elle déterminante, qui l’accompagne depuis ses débuts sur les planches. Elle, c’est Anne Calas, une autre Calas, non moins intéressante. S’il faut vous donner le la, elle fait immanquablement songer, par sa voix, par ce qu’elle en fait, par ce charme à nul autre pareil, à Isabelle Mayereau (qui d’ailleurs a composé deux des titres du présent album). On ne s’en plaindra pas. C’est doucement somptueux, chic et simple à la fois. Un beau silence comme c’est écrit : si les silences étaient tous aussi riches, foisonnants, on les poserait souvent sur la platine.

Son premier album, Toxique, en 2005, fut réalisé avec le compositeur et pianiste Henry Torgue ; ce deuxième est le fruit d’une collaboration artistique de longue haleine avec le grenoblois Alain Klingler (par ailleurs aussi auteur compositeur interprète, un de ceux qui dont l’œuvre est aussi intéressante que lui est rare en scène) qui le co-réalise avec Etienne Dos-Santos.

Anne Calas évoque les échappées belles et les grandes traversées. Elle écrit d’un Pays lointain en hommage à Henri Michaux, et nous emmène dans ses promenades avec Louise Bourgeois le dimanche après-midi, près de la maison de Chelsea, « entre des jambes d’araignées / et des phallus surestimés. » Elle se reconnaît dans ces femmes qui courent avec les loups et promènent leurs rêves dans les blanchisseries. Si ses chansons sont capables de nous émouvoir ou de nous étreindre, elles sont ce Beau silence qui se fait entendre parfois, ici ou là. « C’est un portrait de femme qui ouvre l’espace de l’intime pour faire entendre avec la simplicité d’un piano-voix ce qui vibre encore dans l’intimité du silence qui vient, après. Avec la force de la patience, je cherche l’écho chez l’Autre, qui écoute. Je tente de partager ce que nous vivons dans l’expérience de l’amour, du désamour, des fractures, des élans, dans l’éducation des frissons, des passions et du tremblement des funambules que nous sommes » commente notre Calas.

Anne Calas, Un beau silence, autoproduit, 2012. Le site d’Anne Calas, c’est ici.

Pas de vidéo correspondant à ce très bel album, hélas. En revanche, voici un extrait du livre-cédé Chroniques d’ici, texte d’Anne Calas dit par Arthur H (éditions Item, 2009) : Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

Une réponse à Le beau silence d’Anne Calas

  1. danièle 16 juillet 2012 à 12 h 21 min

     » Au fond du temps verdoie un merveilleux silence … » Très beau texte qui donne envie de continuer le voyage …

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