CMS

Avignon 2013 en chansons : l’art des choix

Il vous reste quelques jours pour vous faire Avignon où nous venons de dépêcher deux de nos envoyés spéciaux : Catherine Cour et Franck Halimi. De concert et dès aujourd’hui, vous lirez leurs impressions et émotions. En guise de préambule, Cat’ vous facilite l’accès des salles… Un conseil, respectez les heures à la seconde près, ici le quart d’heure avignonais n’existe pas. Un spectacle en chasse impitoyablement l’autre : il faut rentabiliser à tout prix le coût prohibitif de ce qui sert de salles !

Corentin Coko, par deux spectacles en Avignon (photo Athos99)

Corentin Coko, par deux spectacles en Avignon (photo Athos99)

Avignon, c’est une auberge espagnole où on peut piocher ce qu’on va manger chaque jour. Si ce papier peut ressembler au « Catalogue de la Manufacture des Armes et Cycles de Saint-Étienne », c’est inévitable : plus de cent « lieux » pour mille spectacles… L’art des choix, chanterait l’ami Batlik !

Si vous avez vos gosses (les adultes y trouvent aussi leur « conte ») allez à 10 h 20 aux Lucioles : « Zébrichon » (paroles et musiques de Michèle Bernard). Ceci dit, poursuivons.

Le créneau de 11 heures offre moult possibilités :

- « Wah-wah » par les Grandes Gueules au théâtre Notre Dame. Du jazz vocal de toute beauté, difficile à décrire mais magnifique à écouter.

-   « Je hais les gosses » par Entre 2 Caisses au Petit Louvre (ils font partie des quatre spectacles présentés par l’ADAMI, avec celui de Jeanne Plante, Presque Oui et Alain Sourigues. Pratique quand on ne peut plus marcher ! On se pose et on ne fait que rentrer et sortir de la salle…). Sur des textes d’Allain Leprest. C’est jouissif ! Ah ! La chorégraphie finale de Dominique Bouchery… j’en ris encore !

- Corentin Coko chante ses chansons au Pitchoun (joli gisement de chanteurs et de spectacles chanson !)

À 12 h 15, toujours au Pitchoun, les jours pairs : « Apollinaire s’en va-t’en guerre » et les jours impairs « Anthologie de la poésie érotique en chanson »… à ouïr et à jouïr !

À 13 h, on reste au Pitchoun pour Coko, toujours, proposant au public de choisir parmi plus de 70 chansons des années 30-39, celles qu’il va chanter. J’aime le concept et la façon dont il est réalisé.

À 13 h 45, Gilles Roucaute crache ses mots à la Maison de la Parole. Il est d’une force et d’une douceur incroyables…

À 14 h 30, au Pitchoun, Laurent Viel met aux enchères les chansons qui l’ont marqué depuis son plus jeune âge jusqu’à maintenant. J’achèterais bien le tout !

En même temps les Grandes Gueules proposent « Poéziques » au théâtre Notre Dame. C’est toujours du jazz, mais sur des textes de poèmes « classiques ».

Pour rester dans le jazz, à 14 h 50, Antoine Hervé nous fait une leçon de jazz fort intéressante au Petit Louvre. Il change de sujet très régulièrement. Ce qui veut dire qu’il faut y retourner souvent !

À 16 h, retour au Pitchoun pour Elsa Gelly (qui abandonne provisoirement les Grandes Gueules) et son spectacle a capela « La femme à voix nue ». C’est un de mes coups de cœur du festival : j’ai « sacrifié » un autre spectacle pour pouvoir retourner la voir une deuxième fois !

À 17 h au théâtre des Vents, un « Gainsbourg Confidentiel » fait jazzer le festival.

À 17 h 15 au Cabestan, Laurent Viel chante Barbara. J’avais beaucoup aimé son interprétation très personnelle des chansons de Brel, mais là, il atteint une nouvelle dimension (avec l’aide de Thierry Garcia à la guitare) avec les chansons de Barbara. Il y a les textes, mais il y rajoute la fragilité, la brisure de ce qu’on sait maintenant de la vie de Barbara. C’est un de mes « temps forts » du festival.

Il y a également des initiatives dans le off du off (carrément underground !), en plus des spectacles de rues, des défilés des compagnies, des "tracteurs" qui essayent de vous convaincre que leur spectacle est le meilleur : Nicolas Bacchus organise tous les jours à la "Maison des Fondues" entre 17 et 18 heures une scène ouverte où tous les chantistes du festival se font une joie de venir offrir deux chansons aux clients. Et ils recommencent (mais pas forcément les mêmes) de 18 h 30 à 19 h 30 devant le cinéma Utopia. Selon Nicolas : "Une sorte de bande annonce gratuite et en plein air qui vous donnera un aperçu des spectacles à ne pas manquer et de ceux à éviter ! Le temps de s'allécher mais pas de s'ennuyer." Et puis il y a un autre festival à cinq minutes d'Avignon : c'est Villeneuve en scène et certains artistes font la traversée du Rhône pour s'y produire. Ainsi Entre 2 Caisses y tient depuis l'année dernière un chapiteau où il organise, en compagnie de Monique Brun, de "Folles soirées". Des invités différents chaque soir et une ambiance de fête très sympathique. Mon seul regret : l'horaire de 22 h 30 fait qu'on ne peut pas y aller tous les soirs : il y a aussi des spectacles au off ! Et à Villeneuve il se passe des choses toute la journée…

Il y a également des initiatives dans le off du off (carrément underground !), en plus des spectacles de rues, des défilés des compagnies, des « tracteurs » qui essayent de vous convaincre que leur spectacle est le meilleur : Nicolas Bacchus (notre photo) organise tous les jours à la « Maison des Fondues » entre 17 et 18 heures une scène ouverte où tous les chantistes du festival se font une joie de venir offrir deux chansons aux clients. Et ils recommencent (mais pas forcément les mêmes) de 18 h 30 à 19 h 30 devant le cinéma Utopia. Selon Nicolas : « Une sorte de bande annonce gratuite et en plein air qui vous donnera un aperçu des spectacles à ne pas manquer et de ceux à éviter ! Le temps de s’allécher mais pas de s’ennuyer. »
Et puis il y a un autre festival à cinq minutes d’Avignon : c’est Villeneuve en scène et certains artistes font la traversée du Rhône pour s’y produire. Ainsi Entre 2 Caisses y tient depuis l’année dernière un chapiteau où il organise, en compagnie de Monique Brun, de « Folles soirées ». Des invités différents chaque soir et une ambiance de fête très sympathique. Mon seul regret : l’horaire de 22 h 30 fait qu’on ne peut pas y aller tous les soirs : il y a aussi des spectacles au off ! Et à Villeneuve il se passe des choses toute la journée…

À 18 h 15, Angélique Ionatos propose aux rêves de prendre leur revanche. C’est en grec et en toute beauté. Classe, humour, sobriété : je ne manque jamais d’aller la voir quand elle se produit à ma portée.

À 19 h 05, l’excellent percussionniste François Constantin fait revivre les chansons de son père au théâtre de la Luna.

À 19 h 20, le groupe « Évasion » crée aux Lucioles son nouveau spectacle a capela. C’est superbe, comme à leur habitude ! J’en suis sortie avec un moral d’acier. D’ailleurs c’est l’autre spectacle que j’ai choisi de revoir cette année.

À 20 h 30 à l’Espace Roseau (superbe lieu, très accueillant dans une petite cour intérieure) il y a « Les 4 Barbu[e]s » qui reprennent les chansons humoristiques ou revendicatrices de leurs quatre célèbres prédécesseurs. J’ai adoré : belles voix, belle scénographie dynamique. Et la pianiste est loin d’être un simple faire-valoir !

À 21 h 35 au théâtre de la Luna, Wally est irrésistible.

À 22 h ce serait faire faute que de manquer Pascal Mary au Pitchoun. Ses chansons et son interprétation sont toujours à fleur de peau et de sensibilité, que ce soit dans l’humour ou pour raconter l’amour, ses joies, ses peines… Je ne suis pas la seule à le penser : il a eu un très bel article sur « theatrotheque.com », le site qui parle des spectacles du off.

Et à 23 h Anna Prucnal dit et chante des textes de Jean Cocteau. Elle n’a rien perdu de sa force de conviction !

Ça c’est pour ce que j’ai vu et que je « recommande ». Je pourrais écrire le double avec ce que je regrette encore d’avoir dû choisir de manquer !

5 Réponses à Avignon 2013 en chansons : l’art des choix

  1. Norbert Gabriel 22 juillet 2013 à 15 h 08 min

    Quelque part dans le supermarché, il y a des pépites, Agnès Collet, dans un spectacle burlesque et hautement musical, « Gétoufo, ou l’âpre anti star »
    le 23, 24 et 25 juillet 2013 à 13h, à la Maison IV du Chiffre (26 rue des Teinturiers).

    Et aussi Louis Ville et Elisabeth Masse, Les 24,25,26,27 juillet au Théâtre l’Étincelle à 22h30 …14, place des Etudes… très fermement recommandé également.

    Répondre
  2. Claude Fèvre/ Festiv'Art 22 juillet 2013 à 18 h 51 min

    Merci Catherine pour ce florilège …à voir pour l’an prochain si tu ne peux pas nous le présenter plus tôt dans le mois … J’ai beaucoup apprécié tes quelques remarques très personnelles et puis, évidemment, je me réjouis quand je constate que nous nous retrouvons souvent pour aimer les mêmes zozios !!
    Je ne serai pas à Avignon…j’avoue que cette foule, ce grand marché, ne m’attirent pas vraiment mais la chanson prenant maintenant de plus en plus de place …peut-être …l’an prochain ?

    Répondre
  3. Cat 22 juillet 2013 à 21 h 37 min

    Bonjour Claude :-)
    C’est un peu effrayant, c’est vrai ! La foule, la chaleur… Mais il y a de plus en plus de « chantistes » et c’est génial de pouvoir passer d’Elsa Gelly à Évasion, de Gilles Roucaute à Laurent Viel pour de « vrais » récitals (même si une heure ou une heure dix, c’est très -trop- bref !). Les années dernières c’était encore très éparpillé et très « chacun pour soi ». Nicolas Bacchus avait sorti une plaquette regroupant les infos-spectacles d’une trentaine de chanteurs pour faciliter les recherches. Mais cette année j’ai eu l’impression que les chanteurs arrivaient à trouver des salles plus accueillantes à la chanson (Le Pitchoun, le Petit Louvre, le théâtre Notre Dame, les Lucioles…) où on pouvait rester pendant deux ou trois spectacles d’affilée. C’est plus sympa !
    Et de plus en plus d’artistes invitent un copain à venir pousser une chanson pendant son spectacle, pour en faire la pub…
    C’est vrai que j’aurais pu donner ma liste plus tôt… mais je n’ai pu aller au festival que du 17 au 21 (je bossais jusqu’au 12…) et je ne voulais parler que de spectacles que j’avais vus. Or je suis incapable de voir au minimum 6, 7 ou 8 spectacles par jour (8, c’est ma capacité maximum d’absorption !) et d’en faire le compte-rendu dans la nuit ! Il y a la course dans les ruelles encombrées par les défilés des compagnies de théâtre, les gens qui musardent alors qu’on est pressé, les tracteurs qui essayent de placer leur pub, les pavés de la rue des Teinturiers… le sandwich avalé à n’importe quelle heure -pas quand on a faim mais qu’on a dix minutes de battement entre deux spectacles-. Bon, je ne vais pas me plaindre : j’aime cette ambiance et cette frénésie ! J’arrive à tenir le coup cinq ou six jours (une pensée pour mon copain Jean-Michel Tomé, du festival de Prémilhat, qui peut le faire au même rythme, mais pendant deux semaines ! Total respect !). On croise dans les files d’attente, dans les bus, les Baladines, des gens passionnés par autre chose que la chanson et on discute théâtre, danse, humour, magie… en essayant de les convaincre d’aller écouter Évasion ou Pascal Mary !
    Si Michel K. est d’accord, et que ça intéresse quelqu’un, je pourrai essayer de publier mes « fiches-journée » avant le début du festival : je me fais d’abord une liste des spectacles que je veux voir et après j’essaye d’optimiser sur une journée, en tenant compte du temps nécessaire pour passer d’une salle à l’autre et en essayant de regrouper géographiquement pour ne pas devoir faire trente kilomètres au pas de course… avec 10 kg d’appareils photos en bandoulière ! Je ne suis pas mécontente de mes listes de cette année…
    À bientôt !
    Cat

    Répondre
  4. Claude Fèvre/ Festiv'Art 23 juillet 2013 à 19 h 09 min

    Merci Cat pour cette longue réponse que j’ai bien failli manquer ! Heureusement que je musarde sur Nos Enchanteurs …!!
    Je suis admirative, très sincèrement …je ne pense pas pouvoir avaler 8 concerts et les régurgiter sous forme de chroniques …je ne suis pas assez expérimentée …ma plume manque d’élan, d’habitude aussi…bref … pas capable !!
    Mais je maintiens que vu l’audience de notre site, un petit guide, des pistes avant le festival ce serait bien.
    Je serai peut-être avec toi dans la fournaise l’an prochain …?? j’hésite pourtant , je me fais vieille, sais-tu, la foule , la chaleur, la bousculade, le sandwich chaque jour …euh … j’ai bien peur de ne pas me sentir si bien que ça , même si je vois plein d’artistes que j’aime … On verra , j’ai un an pour y penser !! A vite !!! Très vite il me semble bien …

    Répondre
  5. TRIHOREAU 28 juillet 2013 à 18 h 03 min

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives