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Barjac 2013. Daniel Hélin : l’eunuque et l’étêté

Daniel Hélin (photo DR prélevée sur la toile)

Daniel Hélin (photo DR prélevée sur la toile)

Le protocole est ainsi établi : Hélin ne se produit qu’appelé par le triomphe. On se rejoue donc la scène, on s’exécute et l’artiste entre à nouveau sous les bravos. Hélin, et l’autre : Margaret Hermant, qui semble jouer de tous les instruments, harpe et violon et des tas d’autres choses encore.

Ah ! Hélin. En un concert il vous donne toutes les raisons de l’aimer. Et au moins autant non de le haïr mais de nous insupporter.

C’est que ça commence fort, par un manifeste assez remarquable sur le thème « Chez moi, vous êtes les bienvenus » : entier, généreux, visionnaire… Avec toujours les mots pour le dire, comme ce judicieux « Notre race n’est riche que de papiers. »

Là, Hélin est tant chanteur que slameur, à débiter les mots, leur faire rendre gorge. Car Daniel Hélin est fin rimeur. Quand il le veut, car il sait être aussi piètre rimailleur. Il y a autant de trucs de génie que de pures fainéantises, des fulgurances de pur talent que des bouses à jeter. Comme cette chanson que les JMJ n’ont pas voulu (en fait, je sais pas mais moi j’aurais refusé), sur les motivations pour Etre Jésus : « Pour faire de la bière avec de la flotte / Pour rendre heureux les mal foutus… », cahier de doléances niveau CE2 redoublé, piteux couplets incongrus en ces Chansons de parole.

Le belge Daniel Hélin, tel qu’il se présente, fait songer un peu à l’aveyronnais Wally (c’est dire si ça pourrait être bien), un peu aussi au suisse Bel Hubert (là, c’est moins bon). Exceptée la harpiste, lui fait one man chaud (sous la canicule, c’est même pompe à chaleur). C’est du rire et chansons, plus ou moins bon. Si je cite Wally, c’est pour la barbe et l’embonpoint : c’est un bon point. Mais si Wally cultive le non-sens, lui fait dans le sans queue ni tête : en bon français « l’eunuque et l’étêté ».

C’est dire si ce belge iconoclaste, cet hurluberlu philosophique de Charleroi, ne s’encombre pas du moindre soupçon d’académisme, ni même de jolis mots. On se dit que pour justifier une telle programmation en ce lieu, il doit avoir un drôle de justificatif social, style dérider un public réputé trop sérieux, un peu raide, d’un cléricalisme chanson trop prononcé. A ce titre, c’est judicieux.

Reste que, voir ensuite et Michel Boutet et Yvette Théraulaz, on s’aperçoit après coup, au cas où ça aurait pu nous échapper, de l’invraisemblable vacuité de l’exercice de Daniel Hélin. Appliquer la chanson Utile de Julien Clerc et Roda-Gil à l’œuvre d’Hélin serait intéressante thèse de doctorat, incommensurable casse-tête autant que branlette majeure.

Le site de Daniel Hélin c’est ici

Une réponse à Barjac 2013. Daniel Hélin : l’eunuque et l’étêté

  1. Duthoit 4 décembre 2013 à 19 h 06 min

    Quel drôle d’article aux propos gratuits, limite méchants !

    Certes, si Daniel Hélin a des fulgurances, il écrit aussi des vers moins inspirés. Et alors ? Je vous assure que Ferré, Brel, Brassens ou encore Leprest aussi !

    J’ai vu, entendu Daniel Hélin (sur scène, sur CD) et je peux vous dire que ce n’est pas banal, que c’est une expérience riche et sincère. Parfois, le comédien, dans l’optique de faire passer son message, de capter le public, en fait peut-être de trop, mais l’homme est toujours entier, vrai !

    Alors, svp, gardez votre venin pour les imposteurs, les poseurs, les chanteurs vides ! Et retrouvez un peu de l’humilité qu’un journaliste devrait avoir face aux véritables artistes comme Daniel Hélin qui essayent, défrichent, évoluent…

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