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La Bergère, folles mais traditionnelles étreintes !

Julien Biget, Sylvie Berger dite La Bergère, et Emmanuel Pariselle (DR)

Julien Biget, Sylvie Berger dite La Bergère, et Emmanuel Pariselle (DR)

Bien que nous soyons pas l’estimé Trad magazine, nous aimons, chaque fois que faire se peut, écouter et chroniquer le meilleur de la chanson traditionnelle. Sylvie Berger, dite La Bergère, émarge chaque fois dans la crème du trad’, qu’elle soit dans le cadre d’une formation (Roulez fillettes, Ambrozijn), avec Eric Montbel ou le jazzman Jean-Marc Padovani, ou sous son nom, avec ses habituels complices que sont Julien Biget (guitare, bouzouki, claviers et chant) et Emmanuel Pariselle (diatonique, flûte et chant) [sur ce présent album renforcés par Gilles Chabenat (vielle) et Yannick Hardouin (basse), ces deux derniers faisant partie de la nouvelle formation du groupe Malicorne].

Donc La Bergère. Troisième album après Ouvarosa en 2002 et Fi de l’eau en 2006, troisième superbe production. Dix chansons (pour 31 minutes, c’est peu…) toutes issues de la tradition, de Vendée et du Berry, Nivernais-Morvan, Bourbonnais et Bretagne, Auvergne et Acadie. Toutes sur la thématique de la chair, plaisirs et blessures…

imagesÇa débute par une étonnante chanson, sans détours, sur une jeune couturière enceinte qui ne sait comment elle l’est devenue, n’ayant, le croirez vous, rien senti : dialogue croustillant entre mère et fille. Etreintes passées, présentes ou à venir, ce ne sont que des chansons, d’une crudité qui n’a d’égale que la naïveté, nous parlant d’enfantement, d’infanticide, de l’amant qui s’en va pour six ans au régiment, de celui qu’on met en pénitence, du galant qu’on va noyer, de la belle aimée qu’on va trucider… Rien de vraiment joyeux en fait mais c’est si bien dit, si bien chanté. Les chansons traditionnelles sont comme ces galets que les eaux et le temps ont travaillé : en reste de purs chefs d’oeuvre populaires que les paroliers de nos jours auraient du mal à égaler.

Signalons cette chanson vendéenne, Sur les quais du Havre, rêve maritime où la symbolique sexuelle crève les voiles : « A son joli réveil-le la belle s’est mise à dire / Qu’elle voudrait bien avoir un mât dans son navire. » De quoi, séance tenante, se faire au mieux marin, au pire mousse ! Notons aussi Les métamorphoses, dans la version jadis présentée par La Bamboche, composée de diverses versions, sur le disque Quitte Paris de 1977.

Voix claire, enchanteresse, de Sylvie Berger, qui sait faire dentelle sur les pires atrocités, admirablement et sobrement servie par ses complices musiciens. Il n’y a nul besoin d’être féru de chansons traditionnelles pour apprécier un tel travail : il suffit simplement d’aimer la chanson.

La Bergère, Etreintes, production AEPEM 2014. Le site de l’AEPEM, c’est ici. Pas de vidéo correspondant à cet album. Profitons-en pour réécouter celle-ci, « Elle dansait », où La Bergère partage son chant avec celui de Gabriel Yacoub : Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à La Bergère, folles mais traditionnelles étreintes !

  1. Danièle Sala 6 mai 2014 à 10 h 11 min

    « Les rêves et les rues seront toujours les mêmes
    Mais chacun les traverse à sa façon ».
    Sylvie Berger, la petite bourbonnaise passeuse de trésors populaires, a fait bien du chemin avant d’avoir la chance de rencontrer Gabriel Yacoub.

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