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Granby 2014. GiedRé, chantre du socio-cul

GiedRé (photo DR, prélevée à sa page facebook)

GiedRé (photo DR, prélevée à sa page facebook)

Dans la salle quelques fans, des giedRettes assurément, qui ont fait le déplacement. Rien de surprenant jusque là, leur idole ayant grand succès partout là où elle passe. Sauf que nous sommes à Granby, au Québec, et qu’elles viennent de France, un simple aller-retour sur Air-Canada, juste pour ce spectacle-là…

Ah ! GiedRé ! A la voir comme ça, attifée comme elle l’est, soubrette ou bonne du curé, blonde et bête à la fois, bonasse, on lui donnerait le bon dieu sans confession (notons à toutes fins utiles que nous sommes dans une église, l’United Church, qui pratique, sinon l’abstinence, au moins la tolérance). Et on s’en mordrait les doigts jusqu’au sang. Elle chante ce que personne n’oserait à sa place, poésie du quotidien, bites et trous du culs, pipi caca menstrues, handicapés mentaux à qui elle fait subir les pires sévices et encule au dortoir… tout, et pire encore.

Elle a son p’tit décor, son monde à elle, trois mètres carrés de scène, d’espace domestique d’où elle chante. Elle chante, nous on s’étouffe, touffe de poils il va sans rire. Y’a trop de gosses sur terre, il faut s’en protéger, mais comment ? « Vive la capote, vive le stérilet, la pilule du lendemain / Vive la méthode du retrait / Vive la fellation, vive la sodomie / Mais la ménopause a ses bons côtés aussi ! » Dit comme ça… Ce qu’elle ne se permettrait pas à un repas de noce, elle le fait ici, sur scène, avec le plus grand sérieux, en se faisant payer qui plus est. Vénale ou vénérienne ?

'photo Bertrand Duhamel)

(photo Bertrand Duhamel)

Le statut autoproclamé de chanteuse-humoriste française autorise tout à GiedRé ; en conséquence elle se permet tout et fait rimer embrouilles avec couilles, pulvérise les codes sociaux, s’affranchit de toute morale, de toute pudeur : de toutes façons, elle doit pas savoir ce que c’est. C’est drôle, cruel, aussi dégueulasse, aussi crade qu’une planche de Vuillemin. Son tube ? On fait tous caca ! GiedRé, c’est comme si vous buviez cul sec une bouteille de vodka ou un verre d’eau de javel, ça nettoie bronches et neurones. Bon, ça reste très ciblé scato et ça vise principalement les handicapés, les malades, les mourants, les hommes aussi parfois, surtout ceux aux pantalons très chers avec pas grand’chose dedans. C’est une subdivision de la chanson, une niche où y’a pas grand’monde dedans. Mais qui oserait s’acoquiner avec GiedRé, elle dont la principale obsession est de pisser debout. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour elle ça veut dire beaucoup.

Le site de GiedRé, c’est ici. Image de prévisualisation YouTube

6 Réponses à Granby 2014. GiedRé, chantre du socio-cul

  1. Patrick Engel 12 septembre 2014 à 14 h 09 min

    Quand Chantal (Anal ?) Goya rejoint Hara-Kiri c’est du GiedRe !
    A prononcer Guiédré, sans oublier le R, dont elle est loin de manquer, et à consommer sans modération…

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  2. Floflo des Rim'ailleurs 12 septembre 2014 à 14 h 35 min

    Derrière toutes ses trivialités, il y a surtout une infinie sensibilité et une grande compassion pour celles et ceux qui souffrent en silence de la miss GiedRé. C’est une oeuvre très émouvante.
    A cela, il faut ajouter qu’elle a un sens imparable de la mélodie, de celle qui donne tout de suite envie de chanter la moindre de ses chansons comme ça pouvait être le cas pour Brassens.

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  3. Danièle Sala 12 septembre 2014 à 16 h 09 min

    Voilà, je viens de me faire un petit récital cul-turel et anti-con-formiste de GiedRé. Elle manque pas d’air, et d’humour ! Et pour ce qui est de pisser debout, elle a rien inventé. Nos grands-mères avaient des pantalons ouverts sous leurs jupes, et j’ai vu souvent la mienne pisser debout.

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  4. Pol de GROEVE 12 septembre 2014 à 18 h 09 min

    GiédRé, je l’ai découverte l’année passée, aux Francofolies de Spa. Voilà ce que j’en disais alors :

    Sur la scène, un décor évoquant une chambre d’enfant : peluche, canard en plastique, ballons… jonchent le sol. Tout mignon, si ce n’est qu’est posée sur le fauteuil une poupée gonflable ! Apparaît alors la chanteuse, une grande fille blonde dans une robe de princesse, qui s’adresse à nous d’une voix nunuche. Le bon dieu qu’on lui donnerait sans confession va tourner très vite casaque car nous sommes alors partis pour une heure de chansons toutes plus féroces les unes que les autres, où il sera question d’handicapés qui vont aux putes, de conseils contraceptifs (par ex. la fellation ou la sodomie), de malheurs dans le monde (comme la vente des enfants en Thaïlande mais en Belgique, on fait ça bien aussi !) ou des avantages d’être un homme… Le tout s’achèvera par une chanson rassembleuse « à la Grégoire », au refrain universel : on fait tous caca. Ah oui aussi : plutôt que de dessiner un cœur en unissant nos mains, il nous a été demandé de brandir nos anus avec les doigts, ce que nous fîmes d’ailleurs volontiers.
    On l’aura compris : les allergiques au second degré et à l’humour trash façon Grosland sont priés de s’abstenir. La belle a de toutes manières suffisamment de public convaincu, tant il était étonnant de voir le nombre de gens dans le public (très nombreux) qui connaissait déjà par cœur le répertoire et ne manquait pas de reprendre en chœur ses plus beaux refrains. Je ne sais pas combien de temps l’artiste pourra tenir avec un tel répertoire, qui tournera très vite en rond, mais pour le moment, c’est une affaire qui roule, totalement originale en chanson, et dont les amateurs auraient tort de se priver.

    Je suis retourné l’applaudir en décembre 2013 et l’ai revue encore une fois aux Francos de Spa en juillet :

    Car est venu le temps de GIEDRE, ses chansons cyniques et provocantes, sa voix nunuche et son look improbable. Je l’avais découverte l’année passée et c’est à peu de choses près le même spectacle qui nous a été présenté hier. On comprend dès lors mal pourquoi l’avoir reprogrammée aussi vite, mais bon, le nombreux public enthousiaste n’a pas eu l’air de s’en plaindre. Personnellement, comme c’était la 3ème fois que je la voyais, l’effet de surprise émoussé fait apparaître au grand jour les trucs et ficelles utilisés, ainsi que les défauts de la belle (ses carences musicales surtout : connaît-elle plus de trois accords ?). Vivement qu’elle se renouvelle !

    Quant à son 1er disque, sans l’effet comique de la scène et la participation joyeuse du public, c’est difficilement écoutable d’une traite.

    Bref, GiédRé, c’est comme un film à suspense : c’est surtout bien la première fois !

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    • Michel Kemper 12 septembre 2014 à 18 h 29 min

      Je dois être d’accord avec vous, Pol. C’est toujours beau la première fois, mais le col de l’utérus est étroit et ça doit vite tourner en rond, en ronron, chez la GiedRé. Reste qu’il faut l’avoir vu, entendu, s’en être payé une bonne tranche ! :)

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  5. Norbert Gabriel 12 septembre 2014 à 19 h 09 min

    Je suis un peu partagé, je l’ai vue deux fois, la première en version courte, un set de 20/25 mn très bien, la deuxième fois, un peu plus d’une heure, et au bout de 40/45 mn ça gave un peu, au sens propre (quoi que … est-ce bien le terme approprié?) un peu de nuance ne ferait pas de mal …

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