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Allain Leprest : le livre qu’il méritait

leprest_listeCeux qui espéraient lire en cet ouvrage la biographie définitive de Leprest seront déçus. Encore qu’il y ait pas mal de façons de relater le parcours de ce natif de Rouen. Ici ce sont des bribes de vie et des ellipses, des séquences qui s’attardent sur quelques moments et en enjambent d’autres : « un livre à plusieurs entrées, récit entrecoupé de formes courtes », d’abord « à quatre mains », celles de Marc Legras (ex de France-Musique et de France-Culture, de Paroles et Musique et de Chorus), celles d’Allain. Puis demain, à deux mains seulement, dès après un funeste quinze août (à peine esquissé, d’ailleurs, par « des véhicules de police, au bas de l’hôtel » et cette nouvelle qui « fait le tour du village »). Nous sommes (ou nous nous croyons) tellement tous dépositaires d’un peu de la vie d’Allain Leprest que ce livre nous surprendra, qui élude des épisodes que nous savons ou que nous croyons savoir, tout en en réhabilitant d’autres à ce jour inconnus du plus grand nombre.

Marc Legras, récemment au Centre de la Chanson pour y présenter son livre (photo Guy Fasolato)

Marc Legras, récemment au Centre de la Chanson pour y présenter son livre (photo Guy Fasolato)

C’est pourtant, n’en doutez pas, un livre passionnant que celui-ci, parfois, souvent lumineux, qui éclaire des pans entiers de Leprest et nous fait comprendre sa métamorphose en parolier et chanteur, phare à son insu d’une certaine chanson. Qui trie, choisit, met en exergue ou non. Un vrai livre d’auteur, responsable de ses choix. Au final nous donne de quoi mieux connaître le bonhomme et comprendre son œuvre.

Ce livre attendu (nous savions sa mise en chantier depuis des lustres, bien avant le 11 septembre d’Antraigues), nous lui avions fait place depuis longtemps dans notre bibliothèque idéale de la Chanson. Place qu’il mérite amplement. L’amateur de Leprest y trouvera largement de quoi satisfaire sa curiosité, son pesant de révélations, de petites et grandes anecdotes. Et de textes inédits, grand luxe, comme quand on demande du rab à la cantine.

Leprest LegrasQuatre-cent pages, il pèse son pesant d’émotions, arrivant comme une enclume dans une soupe de larmes pas encore taries. Qui plus est dans un contexte favorable.

Un livre peut en cacher un autre. Raison de plus pour parler de Le cri violet de Fabrice Plaquevent, sous titré Petit abécédaire de mes années Leprest 1970-2011 et publié chez L'Harmattan. On connaît plus Plaquevent sous son nom d'artiste : Julien Heurtebise. En une petite centaine de mots, propres ou communs, Plaquevent lâche la bride à sa mémoire, aux souvenirs qui le lient à son copain Allain, leurs primes aventures, leurs premières scènes, leurs rencontres et des tas d'anecdotes souvent croustillantes. C'est chaleureux, émouvant, ça se lit d'une traite ou en picorant des entrées au hasard des quatre-vingt pages de ce petit bouquin. Sans prétention autre que l'amour et l'amitié, cet livre de poche est un ouvrage de poids dans la bibliothèque Leprest : les amateurs se doivent de l'avoir aussi.

Un livre peut en cacher un autre. Raison de plus pour parler de Le cri violet de Fabrice Plaquevent, sous titré Petit abécédaire de mes années Leprest 1970-2011 et publié chez L’Harmattan. On connaît plus Plaquevent sous son nom d’artiste : Julien Heurtebise. En une petite centaine de mots, propres ou communs, Plaquevent lâche la bride à sa mémoire, aux souvenirs qui le lient à son copain Allain, leurs primes aventures, leurs premières scènes, leurs rencontres et des tas d’anecdotes souvent croustillantes. C’est chaleureux, émouvant, ça se lit d’une traite ou en picorant des entrées au hasard des quatre-vingt pages de ce petit bouquin. Sans prétention autre que l’amour et l’amitié, cet livre de poche est un ouvrage de poids dans la bibliothèque Leprest : les amateurs se doivent de l’avoir aussi.

Les disques d’inédits de Claire Elzière et de Jean Guidoni, bientôt celui de Jehan dit-on, le spectacle de Torreton, ceux des Jamait-Guidoni-Didier et d’Entre 2 Caisses qui réensemencent Leprest (pensez bien à arroser les fleurs une fois par semaine…), c’est tout Leprest tout bonheur.

C’est dire si on sera néanmoins surpris, dans ce livre appelé à être de référence, de trop nombreux oublis dans la partie « discographie des interprètes d’Allain Leprest » (même le cd Je hais les gosses d’Entre 2 Caisses, de 2013, y est absent, comme le titre A l’assaut de l’île sur leur premier album de 2000, ça et d’autres omissions encore telles que Christopher Murray, Monsieur Poli…). Dommage.

 

Marc Legras, Allain Leprest, dernier domicile connu, L’Archipel 2014.

 

 

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10 Réponses à Allain Leprest : le livre qu’il méritait

  1. Norbert Gabriel 29 octobre 2014 à 13 h 51 min

    En compilant ce qui est paru, ce qui va paraître, on finira peut-être par avoir un portrait à peu près complet quoi que… Pour certains Leprest n’a eu qu’Ivry dans sa vie, pour d’autres, c’est Ménilmontant en oubliant les 40 années qui ont précédé, et chacun déteste cordialement les autres … J’exagère à peine…
    C’est comme qui dirait « gens que j’aime » sauf les autres…

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  2. Frédéric 29 octobre 2014 à 13 h 59 min

    C’est un peu comme pour Brel : chacun a son Leprest, brandi comme SA vérité intime. Et tant pis pour les autres. C’est une sorte de hold-up de la mémoire en fait. C’est surtout pathétique. Et comme qui dirait un pote perfide : tous ces hommages, fallait le faire avant…

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    • Michel Kemper 29 octobre 2014 à 14 h 10 min

      Quand je dis que chacun a son Leprest, je ne songe pas une minute à des gens qui l’auraient connu après coup, après sa mort. Non, mais bien de tous ses amis, de toutes ces connaissances et dieu seul sait qu’ils et elles sont nombreux. Moi, comme bien d’autres, j’ai mon Leprest, nourri d’anecdotes persos avec lui, entre nous. Des discussions, des confessions. Les siennes et celles de beaucoup de ses proches. Tous nous avons fait un bout de route avec Leprest, le célébrant de son vivant, faisant tout pour le sortir de la confidentialité dans lequel il était de fait confiné. « Fallait le faire avant » ? Nous l’avons fait, je crois. En ce qui nous concerne, à NosEnchanteurs, il suffit de lire es articles antérieurs à son décès. Et encore, NosEnchanteurs n’existe que depuis fin août 2009…

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  3. Danièle Sala 29 octobre 2014 à 15 h 25 min

    Je n’ai pas connu Leprest, je ne l’ai jamais vu sur scène , mais je sais le coup de poignard dans le coeur que j’ai reçu ce 15 août 2011 au soir, quand j’ai appris l’annonce de sa mort sur France Inter .

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  4. Jean-Marie Legros 29 octobre 2014 à 16 h 21 min

    Sur ma table de nuit depuis hier, je ne sortirai pas non plus ce soir.

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  5. japima 29 octobre 2014 à 17 h 42 min

    Oui, comme le dit M. Kemper on a tous son  » Leprest  » avec ses souvenirs personnels, ses rencontres, ses  » engueulades  » ( eh oui il y en a eu entre nous ! ), ses moments de tendresse et c’est tout cela pour moi Allain et j’ai toujours le coeur serré quand je l’écoute. D’Ormesson a raison, pour moi il a la puissance d’un Rimbaud…

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  6. Odile 29 octobre 2014 à 22 h 40 min

    On peut encore rendre « Hommage » à Allain Leprest…
    Ce ne sera jamais assez…
    Je ne peux oublier toute les émotions ressenties lors de ces prestations sur scènes.
    Son absence me pèse et me peine toujours autant depuis trois ans, déjà…

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  7. dimey 30 octobre 2014 à 2 h 26 min

    Allain m’a tellement offert et je ne regrette que l’absence des radios lors de la sortie de ces disques avec Romain Didier ils représentent ce qui s’est fait de mieux depuis Brel et Tachan. Même si il y a des artistes majeurs comme Renaud, Lafaille, Pagani qui ont existe aussi et pour certains existent encore.
    merci à votre journal pour les infos qu’il nous apporte

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  8. Paul Barriol 31 octobre 2014 à 13 h 35 min

    A noter également la réédition du recueil « Chants du soir » paru une première fois en 2007 aux Editions Folies d’Encre reprenant de nombreux textes d’Allain. Un vrai bijou et un Leprest authentique ! A posséder absolument ! Pour en avoir discuté avec lui en mars 2011 à Viricelles, son désir était fort de revoir publié cet ouvrage. C’est fait depuis peu alors précipitez-vous si vous ne l’avez pas !

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  9. Gérard DEBARD 1 novembre 2014 à 20 h 31 min

    Comme le chantait il y a vingt ans Pierre Louki à propos de Bobby Lapointe, lui aussi découvert après son départ :
    « Quel dommage qu’on ne puisse mourir de son vivant « !

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