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Jeanne Cherhal, émotions intimes

Jeanne Cherhal (photo Annaïck Forel)

Jeanne Cherhal (photo Annaïck Forel)

Jeanne Cherhal, 21 mars 2015, festival Avec le Temps, Espace Julien à Marseille,

 

Elle fait partie de ces femmes qui savent tout réussir. Belle et talentueuse, elle joue du piano, écrit ses textes, compose ses musiques, vient d’enfanter cet automne et est déjà repartie en tournée pour cet album, Histoire de J, qu’elle chantait déjà sur scène avec son joli ventre rond. Avec toujours ce mélange d’émotions intimes, d’engagements et d’humour qui le rende universel.

Parfois seule au piano, le plus souvent accompagnée de ses trois ménestrels (Sébastien Hoog à la guitare, Laurent Saligaut à la basse et Eric Pifetau à la batterie), c’est un concert de rock qu’elle nous offre, dans ce Marseille surchauffé, presque caniculaire, qu’elle n’a pas revu depuis plus de douze ans : « Je suis à plat sur le carrelage / Et malgré cela je suis en nage. »

Assumant ses désirs, ses appétits (J’ai faim), elle enfourche son Cheval de feu dont la poésie est sans équivoque : « Approche un peu cheval puissant / Prend le chemin le plus glissant / Ton gouvernail est le dessert / Dont rêvent toutes les femmes corsaires. » Là, elle chante debout, face au public qu’elle regarde droit dans les yeux, dans son costume blanc dont elle a « tombé » la veste…

Mais gare, le désir doit être partagé : « Quand c’est non c’est non / Quand c’est non dégage (…) / Quand c’est non mon vieux / Range ton bâton et place aux adieux. » Difficile de passer outre ce Dégage qu’elle crie à la face de… Juju ? Oui, c’est ainsi qu’elle s’adresse à son auditoire, qu’elle le nomme !

Autres amours, tragiques, avec Noxolo, l’histoire de cette sud-africaine assassinée pour ses amours différentes, douce ballade et puis… « Puis ils l’ont laissé là / Noxolo. »

Retour vers le passé : Qui me vengera de ces [mauvais] souvenirs d’enfance qui nous restent tous en tête ? Et d’adolescence, ces Cinq ou six années où « j’étais l’argile et le feu mélangé ? ». Profitant d’une l’éclipse de ses musiciens, Jeanne nous évoque les noëls solitaires : Ça sent le sapin. Et cette chanson tirée de L’eau, Le tissu, qui résonne à nos oreilles comme un moment de grâce : « J’ai attendu attendu / Et elle est apparue / La femme cachée sous le tissu. »

Sortie un moment, la voici de retour en mini robe pailletée pour nous conter Les nuits d’une demoiselle 2.0, jadis vers sulfureux de Colette Renard, ici revisités façon web : « Je m’fais cliquer la mise en veille, je me fais agrandir le texte, je m’fais pixelliser la chose, je m’fais recadrer le zinzin, je m’fais googliser la dose, je m’fais photoshopper l’machin. » Et puis la dérangeante Je regarde ma vie, finissant dans un cri accompagné du riff des guitares et du groove des batteries : « Pitié qu’on me débranche ! »

Rappel en forme d’hommage à Véronique Sanson avec Vancouver. Puis la superbe Femme debout, en l’honneur de sa mère. Bravo et merci, Jeanne.

 

Le site de Jeanne Cherhal, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle c’est là

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2 Réponses à Jeanne Cherhal, émotions intimes

  1. catherine Laugier 8 avril 2015 à 14 h 51 min

    Côté humour comme émotion:
    L’oreille coupée, https://youtu.be/ji8jH-1DHvI
    Côté engagement : https://youtu.be/ZGDfIdNFGRc

    Répondre
  2. Danièle Sala 8 avril 2015 à 18 h 02 min

    Seule, en piano voix, délicieusement féminine, ou impétueuse avec son groupe, les yeux brillants de malice mais toujours ouverts sur la réalité du monde, généreuse, avec tendresse ou avec la rage au coeur pour dénoncer les injustices, Jeanne Cherhal tient toute la scène, et tient son public en haleine . Comme tu as pu le constater, Catherine, on ne peut qu’être sous son charme et ses concerts sont souvent salués d’une ovation méritée .

    Répondre

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