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Mathieu Saïkaly, sortie de star, entrée d’étoiles

Saïkaly Mathieu A million particles Saïkaly a toujours un fer au feu. En 2014, il gagne la Nouvelle star avec des titres tout autant en français (Trenet, Bruni, Distel) qu’en anglais (son Get lucky a dû lui porter chance). Ce très jeune homme (vingt-deux ans), sorte d’elfe monté sur ressort (de l’énergie et une sacrée dose d’humour), ne s’est pas arrêté à la reprise. Même s’il adore revisiter Gainsbourg ou le Velvet Underground. Avec un égal bonheur.

En récompense de la Nouvelle star, il devait faire un EP. Chose faite. Dans la foulée, il nous gratifie d’un album pop-folk (mais pas que) de quatorze titres (deux instrumentaux et douze chansons, pour moitié de « chanson-on » française) et d’un million de particules stellaires.

On y trouve des perles, ou plutôt des étoiles : Cliché cosmique, berceuse d’amour stellaire et Dans l’espace, là où il manque d’oxygène « Je veux décrypter les fréquences / qui tremblent dans mon cerveau  / qui danse dans l’océan des choses. » Et de l’amour, telle Je t’ai cherchée (chanson dans la veine de ses illustres aînés, Bertrand Belin ou Albin de la Simone) et Pour Bubz, insolite déclaration, si légère et mature à la fois, où il fait penser à certains jeunes chanteurs québécois : « J’ai des gerçures au coin des lèvres / une perlèche que ça s’appelle / j’crois qu’on s’est trop embrassés / (…) je t’aime comme un ado (…) / et on s’taquine comme des vieux (…) j’oublie qu’un jour je vais mourir. » Telle Dans l’ombre de mes pupilles (en duo avec Pauline De Tarragon, sa congénère de la Nouvelle Star) ainsi que la vénéneuse Poison. Celle-ci, plus intimiste, tout aussi planante, qui, pour l’avoir écoutée une fois, vous reste en tête, « dans le cœur et dans les veines », comme il le dit.
Puis vous tombez sur A million particles ou, plus encore, sur l’envoûtante From glass to ice qui lui vole la vedette. Des violons, des guitares, des bruits très doux, une voix douce… Des silences, des soupirs, des changements de rythme. Et, après les étoiles, les toiles : Canvas, celles de la vie, chuchotées. C’est qu’il est aussi à l’aise dans la langue saxonne, baigné d’Elliott Smith et de Dylan, que dans sa langue natale. Time stops, qui termine l’album, vous caresse dans le sens des plumes.

Des instrumentaux planent, symphoniques ou plus électro. Des cordes, guitares acoustiques, violons. Et ces arrêts brutaux en fin de titres, qui vous laissent au bord du rêve… De petits détails, un solo de guitare électrique qui gratte à la fin. Quelques notes de piano. Des chœurs planants ou rythmés. Une musique qui soudain déraille, empêchant le cliché, suggérant la cassure. La voix, tendre, légère, qui murmure, s’élève, enfle, se calme. Yann Arnaud, qui a travaillé avec Jeanne Cherhal pour Charade, a finalisé cet album, bien orchestré, bien balancé.

Mathieu est déjà à l’écriture de son prochain album. Insatiable, il est aussi sur les planches, mêlant écriture et chansons auprès de l’écrivain Nicolas Rey.

Quand il vous quitte, il vous salue d’un joli Take care. C’est tout le bien qu’on lui souhaite.

 

Mathieu Saïkaly, A million particles, Polydor 2015. La page facebook de Mathieu Saïkaly, c’est ici. En concert ce samedi 3 octobre 2015 au Poste à Galène à Marseille, le 5 à Paris au Café de la danse, puis le 30 au Festival les Primeurs de Massy et le 31 aux Primeurs de Castres.

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