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Eskelina, le chaud et le froid

Eskelina au Petit Duc (photos Pauline Gaudry)

Eskelina au Petit Duc (photos Pauline Gaudry)

Eskelina, 28 novembre 2015, Le Petit Duc à Aix-en-Provence,

 

Eskelina Svanstein, suédoise installée en France, amoureuse de notre pays comme de notre langue, se présente en scène dans une courte robe lamée, réchauffée d’un long gilet tricoté, collants de voile noir glissés dans des chaussettes et des brodequins plats. Cela résume assez bien sa personnalité, qui semble correspondre à l’idée que l’on a de la Suédoise. Une fille toute simple, intelligente, indépendante, libérée et sans complexe.

Bien accompagnée de la contrebassiste Nolwenn Leizour, aussi blonde qu’elle, et du sobre Christophe Bastien (celui de Debout sur le zinc) à la guitare, son compositeur, elle séduit instantanément par son côté naturel, sa fraîcheur, sa voix douce, ample, cristalline, vibrante, sa jolie diction qu’un imperceptible accent, frémissement sur les r, nous rend encore plus séduisante.

Nostalgie de son pays avec La valise rose, ou Je reviens « Je reviens au pays / Je reviens à la maison  / Je reviens, mes amis / Par le train, à la morte-saison », ou encore la tendre Maman, où elle lui explique son besoin de liberté et de découverte, elle est en parfaite symbiose avec les textes de Florent Vintrigner, de La Rue Kétanou.

P1100227 (1)Beaucoup de chanson, peu de discours, mais un ensemble cohérent, chaleureux et frais tout à la fois. L’amour y a grande part, de la rencontre de l’aventurier du bout du monde Milan, amour de passage, ou du danseur de rue à Sarlat, au destin parallèle, Ambassadeur d’un pays sans mur ni couleur « Lui, il remonte le courant, il danse contre le vent, il souffle sur ses voiles, il danse à l’envers. » Jusqu’à la rupture dans cette magnifique ballade « L’écorce du cèdre, nos prénoms gravés dessus » contant simplement « une promesse non tenue.»

Irrésistible quand elle se décrit « amourrrreuse », elle seule peut avec classe et innocence nous déclarer « J’aime quand tu me touches jusqu’au fond de moi (…) / Je suis chaude comme l’enfer », avec  les cordes créant un son de bouzouki quasi oriental, montant en rythme tel le Boléro de Ravel. Ou nous déclarer qu’elle préfère Les hommes à poil. Ou bien Emilie dont elle a partagé le lit.
Engagée avec Entre les lignes, sur l’amour entre un détenu et sa femme, et son leitmotiv « Ce ne sont là que des gants de velours par-dessus vos mains de fer. » Et Désordre, qui dénonce l’ordre religieux, militaire, économique et public.
Elle nous fera même reprendre en chœur le refrain d’Och Nu, sorte d’équivalent suédois de l’Et maintenant de Bécaud !

Jouant ou non de la guitare, qui lui sert quelquefois, à l’envers, de percussion, tour à tour calme ou d’une folle énergie, elle forme avec ses deux musiciens qui jouent aussi les choristes, envoient des sons à gorge déployée ou à bouche fermée, un trio d’une remarquable complicité (ah, le sourire furtif de Christophe, et ses petits regards latéraux et attentifs !) Les mélodies folks nous enveloppent dans un cocon de plaisir musical. On réécoutera avec bonheur son deuxième album, Le matin du Pélican (2015), entièrement francophone, dont sont extraits la plupart des chansons du concert.

En  rappel, deux poèmes suédois et une nouvelle chanson de Batlik, où elle tue son mari « parce qu’il l’ennuyait tellement. » Gare à vous, Messieurs !

 

Le site d’Eskelina, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.

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