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Sarah Quintana chez Raphaël Imbert : une sirène et le son des bayous

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Sarah Quintana et Raphaël Imbert (capture d’écran Pacifico productions)

Nine Spirit, 27 novembre 2015, Le Petit Duc à Aix-en-Provence,

 

Originaire d’Aix en Provence et fidèle à sa région d’origine, le saxophoniste Raphaël Imbert est aussi grand voyageur, sans cesse à la rencontre de l’autre, musicien ou simplement humain. Lui préfère édifier des ponts et des passerelles plutôt que des murs. Sans cesse à la recherche de correspondances, classique et jazz, spirituel dans la musique, improvisation et interactivité.

« Music is my home », sa formation (Nine Spirit au piano et trombone, Simon Sieger, Thomas Weirich à la guitare, Pierre Fénichel à la contrebasse et Cedrick Bec à la batterie), est  issue d’un long séjour en Louisiane, à la recherche des sources du jazz. Imbert a collaboré sur place avec de nombreux artistes, et notamment la jeune artiste cajun Sarah Quintana. Que voici, en une présence lumineuse. Notre cousine de la Nouvelle Orléans est baignée dans la culture française. Si c’est en anglais qu’elle chante L’eau de sa mère Mississippi ;  c’est en français qu’elle interprète des chansons traditionnelles et autres standards. Elle est aussi auteur en cette langue qui nous est bien commun. Interdit dans les écoles dès 1916, le français subsiste en Louisiane, chez les cajuns (acadiens) et les créoles. Mais le nombre de ses locuteurs a été divisé par dix en quarante ans, bien qu’il soit à nouveau l’objet d’un certain engouement.

Sarah Quintana (ph. DR)

Sarah Quintana (ph. DR)

Sarah utilise l’eau (agitée en bocal devant le micro, en tuyaux, dans tous les contenants possible, en enregistrement pris au cœur du courant du Mississippi, samplé dans son synthétiseur). Ou des tasses à café, une guitare jouée ou percutée, sa voix, tout ce que cette magicienne transforme en élément liquide, courant puissant de son fleuve dix fois plus grand que la Seine, ou suintement des bayous qu’il alimente. Mamma Mississippi est la déesse-mère de ce bol qu’est La Nouvelle-Orléans, et Sarah en est la sirène.

Sarah a interprété des titres de son CD Miss River (une autre sirène du Mississippi !), dans un son métissé de folk et de jazz. Et deux titres en français, l’un de sa composition, l’autre, une reprise de « J’attendrai », dont la première version a été improvisée en trio à La Nouvelle Orléans, dans le jardin de Sarah ( notre vidéo ci-dessous). Elle est soutenue par le guitariste de la formation, Thomas Weirich. Lorsqu’à mi-parcours elle convoque Raphaël, son entrée discrète et puissante depuis les rideaux noirs du fond de scène, cette vibration claire et douce à la fois du saxophone arracherait des larmes au spectateur le plus endurci.

Après une brève éclipse, laissant à nouveau Sarah en duo avec Thomas ce sera la formation au complet qui prendra possession de la scène. Avec, à nouveau, Sarah en vocal féminin, en auteur aussi de l’envoûtant Po Boy. Pour un spectacle de jazz voyageur, du « New Orleans » au freejazz ( hommage à Ornette Coleman qui apprivoisera nos oreilles méfiantes) en passant par le gospel, le blues en l’honneur de Martin Luther King, le rock, le country… entre tradition et improvisation.

Et je ne peux m’empêcher de penser aux mots de  Michel Mallory : « Toute la musique que j’aime / Elle vient de là / Elle vient du blues… »

 

Sarah comme Raphaël ont participé tout le mois de novembre au grand festival Jazz sur la ville en différents lieux de Marseille et de la Région. Le site de Sarah Quintana, c’est ici ; celui de Nine Spirit , c’est là (concert complet visible sur le site) ; celui de Raphaël Imbert, c’est ici.

http://www.dailymotion.com/video/xiqtt1

2 Réponses à Sarah Quintana chez Raphaël Imbert : une sirène et le son des bayous

  1. catherine Laugier 20 décembre 2015 à 14 h 17 min

    Sarah a rendu discrètement hommage à Paris à la suite des attentats de novembre avec cette sensible interprétation du Temps des Cerises : https://www.youtube.com/watch?v=W5giHlRYpxs

    Répondre
  2. LACOURTE Ghislaine 27 décembre 2018 à 10 h 10 min

    Bonjour,
    J’ai découvert Sarah Quintana lors d’un concert à Marseille grâce à ma fille.
    Sa voix claire et limpide ainsi que sa musique m’ont transportée dans une autre époque.
    J’ai également apprécié l’ensemble des musiciens qui l’accompagnaient. C’était super !
    Depuis, j’écoute avec plaisir ses CD.

    Répondre

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