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Sans Vergogne mais avec gourmandise

RICOH IMAGINGDuo Sans Vergogne (Martin Béziers et Rémy Jouffroy), Maison des Arts de Cabriès, 11 mars 2016,

Reprises de Brassens, le duo Sans vergogne ? Non. Il ne prend pas, ils donne, habillant de ses plus beaux atours les riches mélodies de Brassens (elles ont déjà été jouées jazz avant eux…).

De sa voix claire et liée, Mabz chante tout en pudeur et en sobriété avec une petite inflexion voilée qui n’a rien à voir avec l’articulation prononcée de l’ami Georges. Ni pipe ni moustache mais une barbe, un costume certes mais neutre, les cheveux attachés dans un de ces chignons un peu haut revenus à la mode, un jeu de scène simple où passe à peine un sourire furtif,  presque timide et pourtant efficace. Il fait l’homme orchestre, passant du clavier au tambour et au mélodica « de course », étrange instrument que ce clavier à anche libre porté en bandoulière et soufflé à la bouche à l’aide d’un tuyau souple type douchette. Pour une sonorité entre l’harmonica et l’accordéon. Assis à la guitare, Rémy Jouffroy, est également très sobre dans son apparence si ce n’est dans sa musique.

Le jeu pour nous est de reconnaître les introductions musicales de chansons repères : Mourir pour des idées, assez rock, avec des rythmes à contre-temps, Le mauvais sujet repenti, qui fait penser à Django Reinhardt, ou de perles rares, telles ces Quatre bacheliers battant le tambour comme une chanson trad’, sur des variations orientalistes. Avec le récurrent « sans vergogne » qui a donné son nom au duo. Le titre hymne à l’affection paternelle et à la tolérance  prend avec eux une ampleur imprévue, coup de canif au passage aux hypocrites : « Et si les chrétiens du pays / Sans vergogne / Jugent que cet homme a failli / ça laisse à penser que, pour eux / Sans vergogne / L’Evangile, c’est de l’hébreu »
L’adaptation de Cupidon s’en fout, l’une des plus réussies, est une balade mélancolique et douce sur de tendres accents de guitare, où les variations au  mélodica se font déchirantes pour regretter qu’en effeuillant la marguerite « elle  tomba vingt fois sur « pas du tout ». »

SANS VERGOGNE : L'ALBUM Cet album superbement illustré par Michel Vautier, préfacé et adoubé par Jean-Michel Boris, est un produit dangereux car favorisant l’addiction…pour notre plus grand bonheur. Les arrangements aux riches harmoniques, aux rythmes entêtants, voyagent aux accents des valses, variations orientalisantes,  reggaes, rocks, swings, javas, font des incursions chez Django, utilisent toutes les nuances des claviers, percussions, mélodica et de la guitare, n’hésitent pas à user de légères dissonances pour susciter des émotions, travaillent les introductions, les mi-temps et les conclusions. Loin de couvrir les textes, ils les font briller au contraire en les soutenant, les révélant dans des atmosphères évocatrices. Fidèles à Brassens, ils lui insufflent une vitalité heureuse. Ne tentez pas de résister, vous ne pourrez pas rester immobiles ! De Cupidon à La non demande en mariage, quatorze titres dont trois instrumentaux, A l’ombre du cœur de ma mie, Le vieux Léon et Pénélope, font le tour du répertoire équilibré de ce spectacle. On n’y trouve pas Le mauvais sujet repenti, ni Le vin, ni Quand les cons sont braves, mais un Bonhomme déchirant, où les dissonances et le rythme en battement de cœur traduisent la tragédie commune de la fin d’un vieil amour. Les amoureux y sont frais et aimables, les croquants et les cons sont méprisables, les femmes coquines et les vieux émouvants. On en redemande ! Les disques brûlants 2015, En vente à la sortie de leurs concerts ou par correspondance sur leur site.

SANS VERGOGNE : L’ALBUM
Cet album superbement illustré par Michel Vautier, préfacé et adoubé par Jean-Michel Boris, est un produit dangereux car favorisant l’addiction…pour notre plus grand bonheur. Les arrangements aux riches harmoniques, aux rythmes entêtants, voyagent aux accents des valses, variations orientalisantes, reggaes, rocks, swings, javas, font des incursions chez Django, utilisent toutes les nuances des claviers, percussions, mélodica et de la guitare, n’hésitent pas à user de légères dissonances pour susciter des émotions, travaillent les introductions, les mi-temps et les conclusions. Loin de couvrir les textes, ils les font briller au contraire en les soutenant, les révélant dans des atmosphères évocatrices. Fidèles à Brassens, ils lui insufflent une vitalité heureuse. Ne tentez pas de résister, vous ne pourrez pas rester immobiles !
De Cupidon à La non demande en mariage, quatorze titres dont trois instrumentaux, A l’ombre du cœur de ma mie, Le vieux Léon et Pénélope, font le tour du répertoire équilibré de ce spectacle. On n’y trouve pas Le mauvais sujet repenti, ni Le vin, ni Quand les cons sont braves, mais un Bonhomme déchirant, où les dissonances et le rythme en battement de cœur traduisent la tragédie commune de la fin d’un vieil amour. Les amoureux y sont frais et aimables, les croquants et les cons sont méprisables, les femmes coquines et les vieux émouvants. On en redemande !
Les disques brûlants 2015, En vente à la sortie de leurs concerts ou par correspondance sur leur site.

De petites variations de tons bien placées comme sur le vous de J’ai rendez-vous avec…, un tempo plus rapide et un rythme  plus marqué, font toute la différence. Comme Mabz a glissé au milieu deux de ses propres compositions (trio Vlan !), d’une poésie incisive et concernée, on a très envie de retourner écouter ce répertoire là…

Avec Brassens on ne se marie pas (La non demande en mariage) ou alors très tard (La marche nuptiale, son petit côté funèbre, avec son tempo lent et bien rythmé, et ses quelques notes de guitare en solo) encore que le ciel n’y soit pas favorable : « la pluie qui tombe en pesant bien ses  gouttes / comme  pour empêcher la noce coûte que coûte. » Mabz rend ici toute la tendresse affectueuse du fils consolant ses vieux parents, alternant notes dissonantes et mélodiques au piano, sur les accents virtuoses des cordes de Rémy. Le technicien lumière participe à la magie de la scène avec des jeux chromatiques évoquant un feuillage bleu, puis rouge et vert sur Les bancs publics.

L’amour valse sur de riches harmoniques avec Les croquants sourds aux penchants naturels de Lisa pour « Qui a les yeux tendre et les mains nues… » Il se rencontre, coquin, jusque dans la veillée funèbre terminée par une fessée caressante et plus forte que la mort (Mabz s’y montre un très expressif conteur d’histoires). Se fait course au piano pour un rendez-vous plus important que tout. Les cons de Pluriel : « Sitôt qu’on / Est plus de quatre / On est une bande de cons » soulignés par des notes dissonantes particulièrement jouissives sur une musique très swing, rejoignent ceux qui ne sont pas toujours braves au rappel. Cadeau encore d’une chanson moins connue, Le vin : « Dans ma gueul’ de bois / J’ai tourné sept fois / Ma langue… » 

Le site de Mabz, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit sur son propre répertoire, c’est là.

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