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Avignon Off 2017 – Cabadzi x Blier, parce que votre sourire faudra bien qu’il revienne un jour

D'après Les Valseuses (DR)

D’après Les Valseuses (DR)

7 juin 2017, La Manufacture. Jusqu’au 14 juillet, relâche le 12,



Dessinées au trait, des illustrations inspirées des films de Blier (Bertrand), projetées sur un écran-rideau en fil suspendus, qui laisse deviner les musiciens au fond. Depardieu, Miou-Miou, Dewaere, Michel Blanc… s’animent sous nos yeux, avec un sentiment d’éternité plus fort que si les images des films étaient elles-mêmes projetées.
Le décor, les projections alternées donnent un effet stroboscopique. Les images vous sautent à la figure, les sons aux oreilles. Le cœur éclate. « Faire comme tout le monde / Quelle phrase immonde / Tu mets le doigt dedans / Tout tombe. » Ne cherchez pas une citation exacte, mais les mots au passage, les fidèles de Blier les reconnaîtront. Ce sera un petit jeu pour les cinéphiles, tiens, « Tu mets le doigt dedans », c’est en parlant des pensionnaires des prisons de femme, telle Jeanne Pirolle-Jeanne Moreau. Celle qui parle de la perte de sa féminité en captivité : « Ce qui est grave, c’est de plus saigner, vous comprenez ». Lulu (Olivier Garnier, l’auteur et le chanteur) y rajoutera « Ce qui est grave, c’est de plus aimer, vous comprenez » ennoblissant par là même cette fonction féminine.
CABADZI BLIER rencontre dossier Presse 20170710Et puis le rideau s’ouvre. Pas comme au Théâtre, non, plutôt comme une fenêtre, ouverte sur le monde, un monde qui ne va pas très bien, qu’on prend tel quel mais avec de l’espoir quand même. Les projections continueront sur les côtés du triptyque dont les fermetures et réouvertures rythment le spectacle.
Cabadzi vient du cirque. Ça se voit à leur façon d’occuper l’espace, d’entrer côté cour ou côté jardin, de se renvoyer le trapèze musical. Ça se voit dans leur façon de lancer les mots dans le public comme des balles en plein cœur.  On les a connus à cinq, on retrouve le duo d’origine, brut, percutant, haletant. Ça cogne, ça rappe et ça râpe et ça fait du bien. C’est comme si Depardieu et Dewaere renaissaient devant nous. Et le public réagit, vibrant, dansant, en suspension.
 
On est en 2015, on a reçu le choc de la tuerie de Charlie Hebdo. La rencontre avec le monde de Bertrand Blier s’est faite un soir de tournée, retour tardif à l’hôtel, la télé diffuse un vieux film. Les valseuses, 1974. L’actualité et la musicalité des paroles les frappent. Ça devient une évidence : « Oui, la France est bien le pays des Lumières, de la pensée iconoclaste et des sacrilèges salvateurs » (Cabadzi).

(photo ASCA-Beauvais)

(photo ASCA-Beauvais)

Ils s’imprègnent de toute la filmographie de Blier, retranscrivent les dialogues (le texte n’existait plus), décident d’en faire matière de leur prochain spectacle, retissent les mots sortis de plusieurs films pour en faire leur propre message libertaire, contestataire et anticonformiste. Victorien Bitaudeau le percussionniste construit les instrus. Blier, rencontré longuement, est séduit par les premières maquettes, donne son accord. Ça devient du Cabadzi x Blier : un logo, un croisement de chemins, un multiplié d’humanité. Chaque élément du spectacle a été méticuleusement conçu avec les meilleurs : le jeune artiste brésilien Adams Carvalho, qui s’est approprié le monde de Blier qu’il a découvert à l’occasion (lui, c’est plutôt un spécialiste de la Nouvelle vague), l’animateur Maxime Bruneel de l’agence Eddy, l’impressionnant scénographe et créateur lumière Cyrille Dupont. 

Chaque morceau met jusqu’à un mois à se construire, dans un même texte il peut y avoir jusqu’à dix films même si le tissu principal reste Les valseuses. Tenue de soirée y a sa part, comme une réplique à La manif pour tous. Préparez vos mouchoirs, Buffet froid, Beau-Père, Trop belle pour toi…témoignent de l’avant-gardisme de Blier, qui peine dans notre monde rétrograde à faire accepter ses films actuels.

 « J’dis oui, totalement oui / J’dis bien, de mieux en mieux (…) / On est pas bien, là ? »

Un conseil : précipitez-vous sur cette extraordinaire rencontre entre musique, chanson-scansion et cinéma, véritable opéra hip-hop. Réservez vite, c’est jusqu’au 14 juillet, relâche le mercredi 12 à La Manufacture, 2 a rue des écoles, tél. 04 90 85 12 71

Le site de Cabadzi, c’est ici ;  ce que Nosenchanteurs a déjà dit de ce groupe , c’est là. L’album CD, une box de Calepino aussi soignée que le spectacle est à paraître en 2017.

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