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Bessines : Morel compile (mais pas que lui)

Gérard Morel à La Grange bleue (photos Jérôme Hulin)

Gérard Morel à La Grange bleue (photos Jérôme Hulin)

Gérard Morel, samedi 30 septembre 2017, Bessines,

 

En avril dernier, l’angevin Paul Meslet avait joué dans cette salle, en éclaireur. Cette fois-ci, la saison culturelle municipale a bien débutée, plus de dix ans après la précédente. La Grange bleue succède au lointain cabaret éponyme et, pour lancer les festivités, on a fait appel à l’Ardéchois cœur fidèle, le Gérard Morel, l’hidalgo du Tango du lumbago (aïe, aïe, aïe), celui qui roucoule des phrases et sonorités coquines à l’oreille des dames, titillant avec talent le lobe, y faisant rimer de ce qu’il sait faire de plus osé, de plus excitant. C’est pas que les Deux Sèvres soient l’autre domicile du Gégé mais il y est souvent et y soigne son public aux petits oignons, à la crème de marrons, au Saint-Joseph. Soyons juste, il y avait aussi une première partie : en presque voisin, le chanteur niortais Michel Petit (les gens de Niort ont dans leurs yeux le soleil qu’ils n’ont pas dehors…) est venu présenter ses chansons et le premier fouler les planches. Ce que les historiens locaux consigneront, avec aussi une salle, certes modeste mais pleine.

Morel, le « bon gars pas dégueu », étrenne bientôt son nouveau spectacle et sort ce mois-ci son nouvel opus, son cinquième, Affûtiaux Cafouilleux, qu’on sait par avance délicieux. Ce récital solo nous en dévoilait deux titres, comme un précieux cadeau : Je t’aime très beaucoup et Le dit du chat de Nathalie. Le reste ? Une compilation forcément d’anthologie, le meilleur de, le best-of. Un peu le début de sa propre Pléiade, en auto-édition, des fois que Gallimard l’oublie par simple distraction. Qu’en dire alors d’autre que ce que nous en avons déjà dit puisque ces chansons (Charlotte, Les goûts d’Olga, Cantique en toque, Mon festin, La vache de Greluche, Le nu te va si bien, La grasse mât’ et d’autres encore), il les a déjà et souvent chantées ? S’il se permet de compiler ses titres, je le fais aussi de mes articles, y’a pas d’raison, c’est cohérent. Ce qui nous donne :

« Morel est rimailleur mitrailleur, dix rimes à la seconde, mille par chargeur. C’est une sorte de comique-croupier, rivé à l’arrière-train du beau sexe, l’Ouvrard bien portant qui ouvrage les dames en leur fricotant des rimes aussi légères que sérieuses. Il fait, plus que tout autre artiste, dans l’allégorie du bouton de rose, l’amour de la chanson d’amour, celle bien gaillarde, bien couillue. Il «poétise à t’écrire des sonnets» et «s’épuise à t’jouer du cornet» : c’est un poète, un sacré. Un de ceux qui, dans la nudité d’une interprétation (voix, guitare) sans artifice aucun, vous emporte dans ses textes coquins, dans la jouissance d’une chanson bien faite, aux formes désirables, l’œil satisfait de tant d’audaces appréciées, la commissure des lèvres trahissant le bonheur prodigué. »

Gérard MOREL 30 September 2017-2« La chanson gaillarde s’est épuisée depuis des lustres : les Colette Renard et autres Frères Jacques sont lointains souvenirs. Ne reste que Pierre Perret pour magnifier tétons et chatouiller toisons. Et Gérard Morel qui nous revigore le genre en bon vivant, épicurien radieux du style «Plaisir d’offrir, joie de recevoir» : «Quand j’la bichote / Ell’ me baisote / Jamais ell’ mégote / On se bécote / On se dorlote / Et on se tripote / Elle est dévote / Quand j’la languotte / Là où ell’ frisotte / Et moi j’fayotte / Quand ell’ suçote / Mes petit’s griottes». L’actuelle autant qu’asexuée chanson à succès pourra longtemps encore chanter l’amour, jamais elle ne le fera aussi bien, aussi profondément que cet homme-là, ce Morel qui crève l’écran des sentiments, qui sublime le vit pour vivre l’amour, le seul, le vrai. »

« Tout y est, tout le Morel, le charme et la fronde, les sourires comme les sourcils qui grondent. Tout, et l’amitié, la fidélité (…) Gérard Morel aime à en rajouter pour faire bon poids ».

« … tout en adéquation avec les rondeurs de ses chansons, ses largesses d’arrière-trains, le bondé de soutifs généreux, ses obsessions textuelles, le côté sexy, si si, du personnage. Il fait du ventre-dedans sans jamais essuyer le moindre bide ».

« Morel fait dans la chanson d’amour, avec une sélection de mots délicatement choisis. Avec son look de bonze, de moine tibétain pas cloche, de pelé pas laid, de glabre puissant (les dames disent de lui que c’est un « chauve qui peut »), il versifie le dardillon pour mieux lubrifier la matrice, unit en un même massif le Mont-Chauve au Mont-de-Vénus, sort son service-trois-pièces pour un délicieux festin dont, dit-on, les dames raffolent : « Je piqu’nique / Sous ta tunique / Sous la gaine / Je cass’ la graine / Je me gorge / De ta gorge / Et je te bouffe / La touffe. »

 

Le site de Gérard Morel, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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Une réponse à Bessines : Morel compile (mais pas que lui)

  1. Alain Lanatrix 3 octobre 2017 à 22 h 52 min

    Excellente chanson toute en rimes drôles et c’est un bel exercice, il est superbement trouvé, bravo à l’auteur !

    Répondre

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