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FCF Aix 2017. Marjolaine Piémont, le cœur qui pique et qui gratouille

Marjolaine Piémont à Aix (photos Agnès Maury)

Marjolaine Piémont à Aix (photos Agnès Maury)

Festival de la chanson Française d’Aix, 6 octobre 2017, Salle du bois de l’Aune,

 

Marjolaine Piémont est une brune piquante, le terme n’a jamais été aussi approprié : longue dame brune et mince, cheveux aux épaules, courte robe de tulle rouge s’apparentant aux tutus de danseuses, et puis ses escarpins de daim vert vertigineux. Des couleurs de Noël en quelque sorte, qu’elle nous fait vivre par avance. Mais le répertoire de la dame est également piquant, étonnant, jouissif. Elle fait partie de ces femmes qui plutôt que de mettre la langue dans leur poche, la mette ailleurs. Je vous vois venir. De ces personnalités à la Sarah Olivier, Agnès Bihl, Stef, Chloé Lacan ou Evelyne Gallet, toute une nouvelle génération qui a renoncé au Sois belle et tais-toi. Féminine et féministe, assumant leurs contradictions, tour à tour maîtresses et abandonnées. Une sensualité décomplexée, pleine d’humour et terriblement bien écrite, une hantise de la solitude aussi. Les épaules n’ont-elles pas été crées pour qu’on s’y appuie, et les mains pour être serrées : « Et je serre, oui je serre, la main des hommes ». Thème repris à nouveau dans cette sensuelle mais mélancolique chanson où elle regarde les couples danser : « Vos hanches qui  s’enroulent / vos jambes qui  s’emmêlent (…) vos souffles qui s’enfilent (…) Et moi qui voudrais seulement une main, celle d’une femme, de quelqu’un » ou dans cet « A quoi ça sert d’avoir des mains, si personne ne les baise ».
Quand l’amour se tasse : « Va-t-en battre la campagne, chasse les papillons (…) dans son regard plus d’étincelle », elle interroge son miroir. Se révolte du rôle décoratif des femmes, juste bonnes à… Ou fantasme que « Des hommes nus, des inconnus se ruent sur moi ».

PIÉMONT Marjolaine FCFA 2017 Agnès Maury danseLa dame manie le sous-entendu et les ambiguïtés, introduit une chanson, ses yeux se dressent sur ce qui se dresse, son docteur lui parle de sa beauté intérieure, et ce « voleur, ce cannibale lecteur (…) soi–disant directeur artistique » l’emporte sur un rythme africain sur des accords qu’elle n’attendait pas, « La, sol, do, mi ». De spectatrice ou soumise la voici menant en laisse un homme à poils : « C’est mieux qu’un chien, presque un cheval ».

On pourrait croire que Marjolaine ne pense qu’à ça. Si le rugby, les navettes spatiales et les cardiopathies congénitales auxquels elle a tenté de s’intéresser la ramènent toujours au cul et au cœur – marque de fabrique de son EP Presqu’un animal – son prochain album Sans le superflu présentera sans doute d’autres blessures, plus intimes encore. Le deuil d’un père, très jolie balade dans un cimetière, tralalalalère, sur un tocsin de guitare électrique. La jalousie d’une petite sœur à venir, ou cette émouvante chanson sur la vieillesse à la première personne, chantée d’une voix de petite fille : « Je l’aime à perdre la raison / Alzheimer est son prénom ».
Saluons la voix mélodieuse à la diction parfaite et séduisante, la scéno-chorégraphie impeccable, l’admirable jeu de lumières, suivant ses consignes, et le très bel accompagnement de son guitariste Eric Amrofel.

 

Le site de Marjolaine Piémont, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

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Une réponse à FCF Aix 2017. Marjolaine Piémont, le cœur qui pique et qui gratouille

  1. Catherine Laugier 11 octobre 2017 à 17 h 22 min

    Marjolaine Piémont sera en concert avec le guitariste Clément Simounet (NiLem) au Festival Attention Les feuilles d’Annecy à la MJC de Meythet demain jeudi 12 octobre 2017 (20h30), et le 29 novembre chez Madame Arthur à Paris.

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