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Barbara à la plume et au pinceau, sombre et lumières

Dessin de Jean-Marc Héran

Dessin de Jean-Marc Héran

Il y a deux bonnes raisons d’acquérir ce Barbara « à la plume et au pinceau ». D’abord parce que c’est le cinquième volume d’une intelligente collection et que si vous possédez déjà le Brassens, le Renaud*, le Brel et le Hallyday, ne vous privez pas de celui-là. Ensuite parce que c’est toujours Jean-Marc Héran qui tient le pinceau et que, comme nous avons déjà pu le dire au moins du Brel et du Hallyday, certains dessins méritent d’être édités en posters tant ils sont beaux. Bien que le choix résolument sombre des chansons de ce volume-ci n’inspire pas toujours des dessins lumineux… Avec une réjouissante fluidité, Héran explore son personnage comme on le ferait d’un diamant : sous toutes ses possibles facettes, avec toutes les possibles autres grilles de lecture. Et des références qu’il s’amuse à confronter avec Barbara : Cabu ici, Tex Avery et Henri de Toulouse-Lautrec par-là. Même, pour illustrer Pantin en 1981, un Mitterrand marionnettiste tirant les fils d’un Le Pen.

Barbara Heran Viel Fevre petitA l’aise dans la collection qu’il a créé et dirige désormais, le pinceau d’Héran prend des libertés que les plumes (elles sont deux : Laurent Viel, chanteur et intéressant repreneur de Barbara, et Claude Fèvre, qui fut un temps membre de l’équipe rédactionnelle de NosEnchanteurs, auxquelles s’adjoint le chanteur Calogero qui en signe la préface) ne savent ou ne veulent s’inscrire. Le principe de la collection est d’illustrer (par le texte et par l’image) quarante-trois titres de l’artiste. Et la tonalité de ce volume est sombre, due au choix sans grande surprise de la « playliste ». C’est vrai que si les chansons nous venant spontanément en tête de Barbara (Nantes, Drouot, Göttingen, L’aigle noir…) ne sont pas particulièrement gaies, toutes n’inspirent pas pour autant la mélancolie. Quitte à abdiquer certains titres même incontournables, il eut fallu sans doute aller plus volontiers sur cette Barbara qui était aussi femme joyeuse. Héran semble corriger de son pinceau des plumes trop appliquées, bien trop sérieuses. Qui de fait ne se distinguent guère de la flopée d’ouvrages commémoratifs sur la chanteuse (une déferlante !) où à tout prix il faut faire sérieux : l’occasion aurait pourtant été belle de jouer une partition différente, plus légère.

A cette réserve près, ce Barbara à la plume et au pinceau reste un bel objet, qui plus est original, que les fans de Barbara et autres collectionneurs et bibliophiles épris de chanson se doivent de posséder. Insistez bien auprès de votre libraire de proximité s’il ne l’a pas en rayon, qu’à l’avenir il ne commette plus cette faute de goût.

 

Jean-Marc Héran, Claude Fèvre et Laurent Viel, Barbara, Plume et pinceau 2017. 17,90 euros. Image de prévisualisation YouTube

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