CMS

Barjac m’en chante 2018 : la chanson dans tous ses états et plus encore

HK, ici avec ses Saltimbanks (photo DR)

HK, ici avec ses Saltimbanks (photo DR)

Durant longtemps la programmation de Barjac nous donnait le ressenti (qui, à l’examen, disons-le, n’était pas toujours la réalité) d’être toujours la même, de fonctionner en vase clos. D’être un peu la réserve d’une chanson certes estimable, bien plus même, mais qui n’avait plus vraiment cours ailleurs, isolée. Comme une réserve d’indiens.

C’est dire si l’annonce de la programmation 2018 est aux antipodes de ce sentiment. Bien sûr on y retrouve quelques connaissances du festival mais on a surtout l’impression de desserrer l’étreinte, d’élargir la chanson, d’aller la chercher en des pistes jusqu’à présent inexplorées, de lui agréger d’autres formes, d’autres expressions, de préparer plus encore son indispensable renouvellement.

Il est significatif que nombre de grands amateurs de chanson soient quelque peu déboussolés à l’annonce des festivités. Même le responsable de la page facebook J’irai à Barjac en juillet l’avoue avec humour : « Va falloir que je googelise, il y a pas mal de noms que je ne connais pas ». Et c’est tant mieux. On reproche assez aux grands médias de ne rien connaître de la chanson, de ne pas la programmer, pour ne pas s’ouvrir nous-même sur l’incroyable richesse qu’elle offre à nos oreilles, à condition que celles-ci daignent s’ouvrir.

Marie-Paule Belle (DR)

Marie-Paule Belle (DR)

C’est une programmation touffue, qui visiblement fait des clins d’œil et espère en retour des duos, des chocs, des feux d’artifices, des moments de grâces qui se graveront dans  nos mémoires. Programmer sur la même scène Contrebrassens et Alexis HK c’est espérer que ces deux-là nous finissent la soirée A l’ombre du cœur de ma mie, sous les bons hospices de tonton Georges. Mettre la même semaine les deux HK (Alexis déjà nommé et celui des Saltimbanks), c’est bien plus que jouer sur la sonorité. Penser répertoire pour mômes et chansons pour les grands, mêler les plaisirs d’hier (Pierre Barouh par Eric Guilleton, Nougaro par Christian Laborde…) à ceux d’aujourd’hui (Loïc Lantoine et The Very big experimental Toubifri orchestra, Géraldine Torrès, Erwan Pinard…), c’est plus que jamais faire état, étalage de la diversité, de la richesse de cette chanson. C’est peut-être donner envie d’encore plus la découvrir, elle qui alors ne se réfugie plus dans un « entre-nous » mais tente le « avec-vous », comme une main tendue à plus jeunes que nous.

Il y a tant de rendez-vous à ce Barjac-là que vous ne pourrez être de partout : ça va devenir compliqué. Les Rencontres de Onze heures moins heures, animées par Michel Kemper (NosEnchanteurs) et David Desremeaux (Hexagone) en simultanée avec Le jardin des papotages (avec François Gaillard puis Emilie Cadiou) immédiatement suivis pas Les Apéros thème du midi cèze, Les môme piaffent (pour les gosses mais pas que) et Les effeuillages poétiques eux-aussi en concurrence (faites votre choix), puis les deux découvertes du Pradet (le chapiteau) avant Les rendez-vous de l’espace Jean-Ferrat (la cour du château puis la scène ouverte, avouez que d’être festivalier à Barjac mérite désormais un entrainement : faites auparavant de la marche ou du vélo d’appartement, ce qui est bon pour le cœur et les nombreuses émotions à venir.

Erwan Pinard (DR)

Erwan Pinard (DR)

Jean-Claude Barens signe là une édition qui pétille de toute part. Rien que sur le papier c’est déjà un grand cru : qui aurait osé imaginer une grande scène partagée entre Mary et Marie (Pascal Mary et Marie-Paule Belle), y voir enfin Les Escrocs, fondre de plaisir à l’écoute d’Amélie les crayons, entendre tonitruer sous chapiteau la grosse et insolite voix d’Erwan Pinard, y retrouver (enfin !) Sarclo, y découvrir Géraldine Torrès, Wallace, Davy Kilembé, Sourigues et Léopoldine HH ?

Barjac redevient pleinement le centre de la chanson, où tous les plaisirs sont de nouveau possibles, où l’improbable ne l’est plus. Plus encore que les années précédentes, chaque festivalier aura du poids, à son retour de Barjac, pour parler chanson, pour faire grand prosélytisme. Et être à l’unisson de plus jeune que lui, idéal pour le partage.

LE PROGRAMME

Samedi 28 juillet

17 h Garçons s’il vous plait (inauguration) ; 21 h 30 Frasiak + Loïc Lantoine et the very big experimental toubifri orchestra ; 0 h 30 : « Les Nuits du Chat montrent leur nez » avec Michel et Yvette, Cédric Laronche etc.

Dimanche 29 juillet

10 h 49 Rencontre du 11 h moins 11 ; 12 h 15 Flo Zink et son parapluie jukebox ; 15 h Compagnie Ernesto Barytoni ; 17 h Garance ; 18 h 30 Côme (Pierrick Vivares) ; 21 h 30 Contrebassens + Alexis HK ; 0 h 30 Scène ouverte.

Lundi 30 juillet

10 h 49 Rencontre du 11 h moins 11 ; 11 h François Gaillard ; 12 h 16 : apéro thème ; 15 h Compagnie Goutes y donc ; 15 h 30 Marie d’Epizon ; 17 h Marion Cousineau ; 18 h 30 Govrache ; 21 h 30 Pascal Mary + Marie-Paule Belle ; 0 h 30 scène ouverte.

Géraldine Torrès (photo

Géraldine Torrès (photo Thibault Feuillade)

Mardi 31 juillet

10 h 49 Rencontre du 11 h moins 11 ; 11 h François Gaillard ; 12 h 16 apéro thème ; 15 h Hervé Lapalud ; 15 h 30 Christian Laborde raconte Claude et dit Nougaro ; 17 h Leila Huissoud ; 18 h 30 Davy Kilembé ; 21 h 30 Mouchès et Sourigues associés + Les Escrocs ; 0 h 30 scène ouverte.

Mercredi 1er août

10 h 49 Rencontre du 11 h moins 11 ; 11 h Emilie Cadiou ; 12 h 16 apéro thème ; 14 h 30 Bernard Vasseur Aragon et la chanson ; 15 h 30 Eric Guilleton chante Pierre Barouh ; 17 h Erwan Pinard ; 18 h 30 Victoria Delarozière ; 21 h 30 Presque Oui + Amélie les crayons ; 0 h 30 scène ouverte.

Jeudi 2 août

10 h 49 Rencontre du 11 h moins 11 ; 11 h Emilie Cadiou ; 12 h 16 apéro thème ; 15 h 30  Sarclo chante Dylan ; 17 h Léopoldine HH ; 18 h 30 Wallace ; 21 h 30 Géraldine Torrès + HK L’empire de papier ; 0 h 30 Tour de bal saison 2.

2 Réponses à Barjac m’en chante 2018 : la chanson dans tous ses états et plus encore

  1. Binet 13 janvier 2018 à 19 h 28 min

    A peu près d’accord avec la nouveauté , la recherche et les nouveaux talents connus ou inconnus. C’est vrai que ce programme (chargé) est attrayant et qu’il va falloir s’organiser… Un bémol quand même. On se félicite de la venue de Sarclo (enfin) mais on a oublié que son grand copain Michel Buhler vient de tirer sa révérence artistique. Personne n’a donc pensé à lui dire au revoir et merci ! Dommage.
    Peut-être que dans « l’ancien temps » on aurait pris la peine de saluer l’oeuvre considérable de ce chanteur engagé et tendre à la fois et qui nous manque déjà.

    Répondre
  2. Jacques 22 janvier 2018 à 16 h 54 min

    Ça bouge enfin, tant mieux… Un côté plus rock, plus « musiques actuelles », si je ne m’abuse… Une certaine propension à vouloir faire jeune, un peu …
    De toutes façons il y aura toujours plus d’oubliés que de reçus, mais les oubliés sont souvent les mêmes. On pensera à eux quand il sera trop tard, peut-être …
    Nous verrons bien quelle direction prendra Monsieur Barens, avec qui, vers où, et qui sera laissé en chemin.
    En tout cas bravo pour Marie-Paule Belle, trop longtemps oubliée sur les rives festivalières comme dans les médias, une grande, trop discrète.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives