CMS

Olivier Béranger, le journal par la musique redévoilé

Olivier Béranger (photo Béatrice Béa)

Olivier Béranger (photo Béatrice Béa)

Vous êtes ou non ami facebook du chanteur et parolier Olivier Béranger. Si vous l’êtes et le suivez fidèlement, quotidien- nement, vous savez ses Internoctambules, 366 textes (on fait dans le bissextile ou non) publiés au rythme d’un par jour, à cheval sur 2015 et 2016. Comme un journal poético/musico/littéraire : un texte, un point de vue sur le monde. Avec parfois l’actualité qui vient au secours de la page blanche. Onze de ces textes alors publiés, ainsi qu’un hors-série, nourrissent ce nouvel album, le huitième de Béranger, gagnant forcément une nouvelle audience et, surtout, une musique qui les accompagne, les irrigue, leur donne plus de force encore. Ce qui ne semble pas si simple, les écrits d’origine n’ayant pas été forcément écrits pour, au bout du compte, se retrouver chansons. Mais qui fait profession de la plume sait la musicalité qui est en lui, au mitan de ses mots, bénéfice des maux et du moindre mal.

berangerSélection donc : de 366 textes passer à 12, le choix est difficile, la purge d’importance… Les textes sont de valeurs inégales, non en qualité mais en temps, pas formatés chanson, ni dans l’intention ni dans le résultat. A l’évidence sont restées des pages qui s’y prêtaient plus encore ou des thématiques préférées à d’autres. Ainsi le texte n°62, du mardi 16 juin 2015, intitulé J’habite en poésie : « J’habite une maison ouverte à tout nuage / Où s’abritent parfois des corps endommagés / Qui viennent se nourrir au son de l’Amitié / J’habite une saison qui s’appelle partage ». Ou celui n°155, du jeudi 17 septembre de la même année : « J’ai pour voisins Paul Auster / Régis Jauffret / Philippe Djian… Mais aussi Baudelaire / Eluard, Rimbaud, Miller / Et Bukowski… Leur pensée me réchauffe… / Et quand le baromètre de mes insomnies s’affole à inventer demain, mes guitares me rappellent à l’ordre… » L’exercice est délicat, fragile, l’essai transformé, réussi. La pop de Béranger (et de Bernard Giguet, avec qui le travail musical est équitablement partagé) fait chaque fois son bout de chemin avec les idées, leur déambulation, leur démonstration. Tout ça fait un disque étonnant et captivant, un peu comme une toile d’Edward Hopper, à qui le chanteur consacre aussi un texte-chanson « bien installé dans une toile de Hopper / le cul dans mes souvenirs sans en avoir peur ».

Expérience probante « pour que la poésie franchisse le corps de la machine / et s’invite dans nos veines / dans nos vaines espérances ».

 

Olivier Béranger, Internoctambules, production Olivier Béranger et Bernard Giguet 2017. Le site d’Olivier Béranger, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Une vidéo « déconnectée » de ce présent album, vieille de quelques années : Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives