CMS

Marie-Louise Valentin. Ma foi, c’est aussi de la chanson !

Marie-Louise Valentin (photo DR)

Marie-Louise Valentin (photo DR)

On se doute bien qu’un tel répertoire ne peut tenir la scène de lieux trop laïcs, athées, païens. De ces lieux où les dieux ont pour nom Renaud ou Obispo, Louane ou Ferré. Même Leprest qui, vous en souvenez-vous, chantait Je ne te salue pas à l’adresse d’un Dieu qui, pour lui, n’existe pas.

Marie-Louise Valentin est chanteuse. Catholique, elle chante sa foi, chaque fois. Tous ses vers sont gorgés d’amour, de lueurs d’espérance, de ces p’tites lumières qui aident bien ceux qui croient. Pour les mécréants que nous sommes, qui traitons ce disque comme on le ferait d’autres galettes, nous trouverons cependant la thématique un rien étroite (c’est du « C’est un Dieu qui se fait homme / C’est de l’inattendu / C’est un nouveau royaume / Que nous ouvre Jésus » et du « Toi qui cries L’homme est vainqueur / Toi que nous chantons en chœur / Toi qui invites à la fête / Ton espoir remplit nos têtes ») sans prise avec le monde dans lequel nous vivons. Si elle chante « Bienvenue à la table du partage / Celle des fêtes / Des noces et des festins » (réminiscence de Brel, sans doute), ce partage ne peut prêcher que des convaincus.

La chanson est large, qui emprunte des tas de routes, de petits chemins aussi. Ici, à NosEnchanteurs, nous aimons les intersections où les genres peuvent se croiser. Donc s’enrichir. Sans les montrer particulièrement du doigt, les chroniquant même à l’occasion, nous connaissons d’autres artistes cathos, dont l’œuvre, pour peu qu’on daigne écouter, peut nous enrichir. Et le fait sûrement. Des Mannick (qui, il y a peu, a partagé un disque avec Marie-Louise Valentin, justement), Jean Humenry (auteur ici de près de la moitié des textes) et d’autres. Des artistes qui se penchent aussi sur notre société et peuvent de leur regard, de leur humanité, de leur perception du monde et des gens, nous aider à grandir.

cache_10058000A l’heure où le pape François tient des propos graves sur ce monde et ses dérives (à l’exception toutefois de quelques regrettables âneries comme celle sur l’avortement comparée au « recours à un tueur à gages »), nous attendons peut-être naïvement que des artistes de foi portent un tel et courageux regard. Et s’invitent dans le grand chœur de la chanson pour, à leur manière, partager la leur. Pourquoi pas ? Mais nous sommes loin ici de la marche du monde : rien sur la misère, sur les droits de l’Homme bafoués comme jamais ; rien sur cette Méditerranée où se noient tant de candidats au salut, sinon de leur âme, au moins de leur peau ; rien sur cette pauvre planète qui n’en peut plus et qui va bientôt péter dans l’indifférence coupable de nos possédants… « Chanson engagée », c’est ce que dit pourtant faire, à sa manière, Marie-Louise Valentin, qui s’en explique : « Chanson et comédie engagées, parce qu’un jour j’ai ouvert les Evangiles et que j’ai été saisie par ce message d’Amour universel, parce que je souhaite participer à la construction d’un monde plus juste et fraternel, parce que je crois que seul l’amour peut faire avancer le monde vers un chemin de paix et parce que le trésor que j’ai découvert n’a de sens que si il est partagé » (la suite sur son site). L’actuel locataire du Vatican semble avoir, lui, un chant d’avance sur ce qui est de l’engagement.

Reste à Marie-Louise Valentin, soyons juste, une belle voix, de beaux arrangements, un peu comme ces chanteuses de variétés des années soixante-dix auxquelles elle fait songer. Disons que son répertoire, par contre, ne relève pas tout à fait de la variété.

 

Marie-Louise Valentin, Au rythme de ma foi. Association A-croche/ADF Musique/Bayard Musique 2018. Le site de Marie-Louise Valentin, c’est ici. Pas de vidéo sur le net correspondant à cet album.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives