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Gabriel Yacoub, l’éloge du Bas-Berry

Gabriel Yacoub (photo Jef Rabillon)

Gabriel Yacoub (photo Jef Rabillon)

C’est une région naturelle en Bas-Berry qui s’étend entre la Champagne berrichonne, au nord, et les premiers contreforts marchois du Massif Central, au sud. Une entité paysagère et culturelle homogène, un bassin de vie polarisé autour des bourgs que sont La Châtre et Argenton-sur-Creuse. Paysages préservés de vallons et de bocage où courent des rivières et des haies qui hébergent une remarquable biodiversité. Cette Vallée noire garde intact le souvenir laissé par Georges Sand et Jacques Tati… Vu de NosEnchanteurs, au chapitre des personnalités, il convient à l’évidence d’y ajouter Gabriel Yacoub, qui y réside. Cette région, l’ancien Parisien qu’il est l’a découverte il y a bien quatre décennies, quand il y faisait du collectage de chansons, ne serait-ce que pour nourrir le répertoire de Malicorne, dont il fut tant le créateur que le principal chanteur.

« Ma découverte d'Ici fut une véritable et éblouissante révélation. Le paysage a immédiatement exercé sur moi une sorte de fascination qui s'est lentement accentuée à mesure de mes fréquentes visites. Les relations humaines, les amitiés qui s'y sont tissées et les découvertes que j'y ai faites m'ont permis de rationaliser cette sensation, mais ont également enraciné le sortilège au plus profond de mon âme. « J'aime ce pays, son monde et ses énigmes, sa nature de Grand Vert, ses nuages, ses lunes de janvier, ses soleils de novembre, son ciel immense et son silence... Surtout à l'hiver. Il n'arrive que très rarement que l'on ait la possibilité ou la chance de choisir l'endroit où l'on vit. Je suis dans ce cas et j'apprécie le fait avec un enthousiasme qui peut se muer certains soirs en une sorte de frénésie, particulièrement lorsque je rentre d'un long voyage, ce que mes occupations ordinaires m'imposent souvent ». GABRIEL YACOUB

« Ma découverte d’Ici fut une véritable et éblouissante révélation. Le paysage a immédiatement exercé sur moi une sorte de fascination qui s’est lentement accentuée à mesure de mes fréquentes visites. Les relations humaines, les amitiés qui s’y sont tissées et les découvertes que j’y ai faites m’ont permis de rationaliser cette sensation, mais ont également enraciné le sortilège au plus profond de mon âme.
J’aime ce pays, son monde et ses énigmes, sa nature de Grand Vert, ses nuages, ses lunes de janvier, ses soleils de novembre, son ciel immense et son silence… Surtout à l’hiver.
Il n’arrive que très rarement que l’on ait la possibilité ou la chance de choisir l’endroit où l’on vit. Je suis dans ce cas et j’apprécie le fait avec un enthousiasme qui peut se muer certains soirs en une sorte de frénésie, particulièrement lorsque je rentre d’un long voyage, ce que mes occupations ordinaires m’imposent souvent ».
GABRIEL YACOUB

Ça fait longtemps que Yacoub ne nous a pas gratifié d’un nouvel album (le dernier en date, De la nature des choses, remonte à 2008). Surprise, c’est par un livre sur le Bas-Berry qu’il nous revient, Je resterai ici, sous-titré « Chroniques subjectives et aléatoires du Boischaut-Sud en Bas-Berry ». On hésitera à qualifier ce docte ouvrage de guide touristique même s’il devrait logiquement vous donner l’idée sinon du voyage au moins du rendez-vous. Pas d’adresses prétendument confidentielles de bonnes tables, d’hôtels et de chambres d’hôtes : ce n’est pas ici le Routard, mais une immersion presque intime dans le plus profond d’un pays, de son âme, de ses habitants, de ses coins et recoins. À cette région de France qui l’a tant nourri de chansons traditionnelles, qu’il aime à tel point qu’il y habite pour toujours, Gabriel Yacoub rend justice en lui offrant un beau et sincère cadeau : un miroir. Un livre, une œuvre littéraire d’« un genre tout à fait inédit, où les anecdotes rustiques et vivifiantes côtoient la poésie pure, où l’humour – toujours présent – voisine avec l’éloge des gens simples ». Inédit, oui, tant que ce livre, un peu grimoire, renferme tout et ne ressemble à rien : il est improbable et, à la lecture, s’avère indispensable. Il dessine un pays, des paysages où le réel semble parfois irréel, où les légendes reviennent et peuplent à nouveau l’imaginaire des gens du lieu, des pierres même. C’est un livre en dehors des clous, des codes, que nul éditeur n’aurait la folie d’imaginer, de produire.

« Chroniques subjectives » en dit Yacoub. Ça doit être synonyme de lucidité, de pertinence. L’auteur dépeint le Boischaut-Sud, l’histoire de ses habitants, passé et présent. L’histoire et leurs histoires, celles qu’ils racontent à qui sait les écouter, avec respect, avec gourmandise. Subjectives, oui, parfois grinçantes quand religion ou bizness s’en mêlent : le portrait d’Ici est certes avec amour mais sans fard.

C’est un livre non d’érudit (encore que), mais d’insatiable curieux, d’un voisin qui accorde grand importance au rythmes de la vie, aux rites, aux traditions, aux métiers, aux expressions, à la transmission orale, à tout ce qui a fait et fait encore cette terre du Berry. C’est le tribut de Gabriel Yacoub à cette région, une infinie gratitude, une richesse accumulée, enracinée. Ici restitués dans un livre qui ne ressemble à rien, qui rassemble tout.

 

Gabriel Yacoub, Je resterai ici, Le Roseau 2019, 364 pages, 21 euros. Pour commander le livre, c’est là. Le site de Gabriel Yacoub, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

« Je resterai ici » Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Gabriel Yacoub, l’éloge du Bas-Berry

  1. Petra Ouche 4 novembre 2019 à 11 h 59 min

    Gabriel Yacoub est aussi un plasticien de grand talent; ses « reliques » sont incroyablement belles.

    Répondre

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