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Prix Moustaki 2020 : le triomphe de Matéo Langlois et de Francœur

Matéo Langlois et Francœur, les deux lauréats (photos Vincent Capraro)

Matéo Langlois et Francœur, les deux lauréats (photos Vincent Capraro)

Ça fait dix ans que ça dure. Que, chaque année, le Prix Moustaki apporte sa pierre, autrement plus constructive que celle des Victoires, à la chanson. Avec parfois, nous l’avons vu, des résultats surprenants (l’an passé, les deux lauréats que furent SiAu et Leïla Huissoud étaient aux antipodes l’un et l’autre de la chanson).

Nouvelle édition, donc, avec son lot final de sept artistes retenus. Dans l’ordre d’entrée en scène : Brune, Abel Cheret, Francœur, Andoni Iturrioz, Matéo Langlois, Melba et Théophile. Et au cout du compte un ou deux trophées qui peuvent compter dans un début de carrière.

Une quarantaine de jurés (beaucoup de journalistes, de producteurs, d’attaché-e-s de presse, d’organisateurs, même une ministre c’est dire, en la présence de Najat Vallaud-Belkacem). Avec, grande déception, un absent de marque : le président de cette dixième édition, Marcel Amont, victime d’un accident de la  route. C’est par le truchement d’une vidéo qu’il saluera l’assemblée. On souhaite bon rétablissement à l’interprète de Bleu blanc blond et de L’amour ça fait passer le temps

DSC-4370b,medium_large.2x.1582362602DSC-2517b,medium_large.2x.1582362576Deux premiers candidats, Brune et Abel Cheret, hélas desservis par une sono alors détestable, déjà que pour tous deux la musique prend largement le pas sur des textes rendus inaudibles. Puis Francœur, jeune femme qui tient sa harpe en bandoulière, suggestion celte tirée de je ne sais quelle Brocéliande mâtinée de variété : ça produit de l’émotion, de l’adhésion. On ne le sait pas encore mais elle saura séduire nombre de jurés et surtout s’adjuger le vote du public. Puis Andoni Iturrioz, que nos lecteurs connaissent bien, dont nous avons encore adoré son récent et troisième album. Mais deux titres (c’est la règle pour tous) c’est bien sûr, c’est trop peu, pour accueillir dans son univers subjuguant, militant mais particulier, ses auditeurs du moment : son art se tronçonne mal. Entre chaque prestation, une vidéo « anniversaire » en autant de séquences, qui nous rappellent les précédentes éditions, les hauts faits du Prix Moustaki : les président-e-s, les marraines et parrains, les artistes, les jurés, et ce que sont devenus les candidats, lauréats ou non, un peu de ce suivi affectif dont est coutumier ce prix. Sympa, instructif, émouvant, précieux, réussi.

Voici Matéo Langlois, seul en scène, paré d’un clavier et d’un sax. Présenté comme ça, ça ne peut vous dire l’emballement, le talent de cet artiste qui, dit-on, rafle tous les prix auxquels il concourt. Qu’on soit emballé ou pas, on se dit alors qu’il s’adjugera au bout du compte le Moustaki, que la vague l’emportera, qu’on n’y résistera pas, que ce ne sera que justice. Bravo !

C’est donc avec curiosité à défaut d’enjeu qu’on accueille la suivante : Melba. Dire que cette dame a la pêche, c’est certes facile mais c’est peu dire. Même si on peut s’étonner de sa présence ici (elle détonne, dans son art résolument tourné, au moins sur ces deux titres, vers la variété), on salue sa vivifiante prestation : le rayon de soleil, c’est elle ! On saluera enfin le dernier candidat en lice, Theophile, qu’on aimerait voir, applaudir, sur un set bien plus important. Car c’est bien, vraiment très bien.

Les candidats

Les candidat-e-s, marraine et organisateurs

Voilà. L’imposant jury est désormais en conclave, à l’étage. Suzane, la marraine de cette édition, compte les voix. Deux tours seront néanmoins nécessaires pour, sans mal, élire Matéo Langlois, résultat qu’applaudit chaleureusement le jury d’autant qu’au même moment on apprend le résultat du Prix du public, que Francœur s’adjuge. Le palmarès est logique, conforme à ce qu’on vient de voir en scène : le cru 2020 ne risque pas, je crois, de se voir contester. Juste peut-être le regret qu’Iturrioz ne figure pas au palmarès, mais il n’y a que deux places.

Je crois que le Moustaki est un grand et beau Prix pour la chanson qui de plus en fait, bon an mal an, un fort intéressant état des lieux.

Ah ! une chose encore. Dans cet article je n’ai pas utilisé un seul moment le détestable terme de « pop », qui ne veux rien dire et qui fut encore utilisé plus que de raison ce soir. On ne doit dire ni « victoire » ni « pop », simplement chanson. C’est plus beau, c’est beaucoup plus juste. Idéal et nettement moins commercial.

 

Le site de Matéo Langlois, c’est ici ; celui de Francœur, c’est là.

IMPORTANT ! Pour fêter son 10e anniversaire, le Prix Georges-Moustaki lance sa première compilation, qui rassemblera tous les lauréats des Prix du jury et du public : ça fait du beau monde ! En souscription sur le site Ulule. C’est ici.

Voir le reportage photo intégral de Vincent Capraro, c’est ici.

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