CMS

Fredda, la simplicité du beau

Fredda (photo de presse non créditée)

Fredda (photo de presse non créditée)

Disponible depuis le 13 novembre, voici Bisolaire, le sixième album de Fredda, patronyme adopté par Frédérique Dastrevigne, auteure-compositrice-interprète native des Vosges et bourlingueuse devant l’éternel.

Co-réalisé, à l’instar de ses précédents opus, avec son compagnon de route Pascal Parisot (par ailleurs compositeur de quelques titres et duettiste sur le très réussi Appartiens à une île), co-arrangé par le magicien des sons Nicolas Repac, ce bel album de pop classieuse et aérienne pourrait lui offrir le rab de notoriété que son talent mérite. Quel plus beau vœu formuler pour elle en ce début d’année ?

Le disque porte (presque) le nom de la chanson d’ouverture : Femme bisolaire. Un morceau qui nous séduit d’emblée, à la fois terrien et éthéré, portrait laconique d’une femme entre deux eaux, léger comme une bulle de pop-music, profond avec élégance : « Femme bisolaire / Qui va qui erre / Dans l’air du temps / Entre ombre et lumière / Femme bisolaire / Ou son contraire / Infiniment / Se cherche et se perd ». Il n’est probablement pas interdit d’y trouver des traces autobiographiques…

Cette belle ouverture cache-t-elle la forêt ? Ce n’est bien heureusement pas le cas, d’autres perles jalonnant le parcours de l’auditeur. Toutes ces choses, avec son intro au piano mettant en valeur le chant clair de l’artiste ; Jours heureux et son rythme chaloupé ; Appartiens à une île au débit rapide et balancé ; A mi-chemin, fragile comme une chanson de Birkin… Autant de titres qui bercent l’oreille et vous emportent sur le chemin du rêve.

a2710417853_10Onze chansons composent le disque. Des morceaux où l’intimisme de l’artiste embrasse le monde extérieur. C’est que la poésie de Fredda, toute introspective qu’elle soit, s’enracine dans la nature, convoque les éléments, ne fait qu’un avec l’univers. Parfois frontalement, lorsqu’elle chante les habitants de la forêt. Le plus souvent par ricochets, lorsque sa plume retient le soleil et l’ombre, le vent et l’eau, le sable ou la pierre, la neige et la nuit… « Appartiens à une île / Toute une île t’appartient », nous susurre l’artiste en symbiose. Ou, dans un bel élan : « Mon amie / Ma sœur / Mon amante / Ma terre / Je connais cette aube grâce à toi / Me voici en aulne enracinée en toi ».

Aucune grandiloquence, cependant. Mais de l’émotion à fleur de peau, de la confidence chuchotée, de la spiritualité offerte en partage. Des chansons au propos somme toute empreint de gravité, mais qui ont la délicatesse de nous en faire part avec grâce et douceur, par le biais de mélodies évidentes et d’arrangements lumineux.

Moins rock qu’une Grande Sophie, plus diaphane qu’une Emma Daumas, Fredda s’impose avec ce Bisolaire comme un rayon de soleil perçant les nuages noirs, un éclair de beauté dans le quotidien morne, un apaisant murmure de ruisseau. A goûter et partager sans modération.

 

Fredda, Bisolaire, Microcultures/L’autre distribution/Cristal Publishing, 2020. Le site de Fredda, c’est ici.

 

« Jours heureux » : Image de prévisualisation YouTube

« J’efface » : Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives