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Cécile Hercule, éperdue au milieu…

Cécile Hercule

Cécile Hercule (photos Patrick Engel)

8 septembre 2022, péniche El Alamein, Paris,

 

C’est soirée de rentrée à bord de la péniche El Alamein, et le tout-Paris de la chanson (de qualité) s’est donné rendez-vous pour fêter comme il se doit « Perdue au milieu« , le nouvel album de la pétulante et pétillante Cécile Hercule. Après un petit apéro gouleyant au sein du charmant jardin flottant agrémentant le bateau, il est plus que temps de descendre s’installer en bonne compagnie en bordure de scène (de de Seine), là, tout au fin fond de la cale chaleureuse chamarrée d’instruments anciens, de bibelots dépareillés et surmontée de l’improbable structure en bois d’un ancien kayak…

Dans la salle, du monde et du beau monde, quasiment le top de la fine fleur du gratin de la chanson trié sur le volet, avec entre autres spectateurs attentifs (enfin, certains, j’ai les noms). Benoit Dorémus, Gauvain Sers, Ours, Valentin Vander, Jil Caplan et un certain Alain Souchon, ainsi que beaucoup d’autres qui n’ont pas eu, eux, le réflexe de me glisser le petit chèque habituel à l’ordre de Michel Kemper pour assurer leur promotion habituelle… Mais chut ! Les lumières s’éteignent, la magie s’allume.

Sur scène comme à la ville d’un naturel désarmant, en ce sens qu’il a vite fait de nous faire abaisser nos défenses, Cécile Hercule se livre à un jubilatoire jeu de massacre, s’ébattant en toute liberté dans les prés carrés des convenances convenues les plus convenables.  Son adorable petit côté sale gosse en salopette n’occulte en rien une écriture tout en finesse, ciselée dans le bois dont on fait les meilleures flèches. Rajoutez à cela une fausse ingénuité imparable et délicieuse, avec quelque chose du côté pince sans rire de Liz Van Deuq, à moins que ce ne soit l’inverse…

Cécile H 3Au clavier et à la guitare, elle est malicieusement accompagnée par Romain Lefrançois, par ailleurs ex-pilier du groupe Sollex et du nouveau projet « Appelez-moi François ». Une belle complicité que celle qui circule sur scène entre ces deux-là… De son côté, elle passera tout du long du concert de la guitare sèche à la guitare électrique, de la roue à carillon au mélodica, devenu un peu sa marque de fabrique.  Au final, beaucoup plus de fond que la forme ne pourrait le laisser croire, et autant de titres de chansons-pop bubble-gum apparemment inoffensives qu’elle prend un malin plaisir à nous faire éclater au nez dans des arômes entêtants de fraise artificielle. C’est le cas par exemple de l’irrésistible Bonne conscience, titre co-signé avec Oldelaf, qui devrait s’entonner dans tous les Biocoop du XIème arrondissement parisien, de Mon petit taliban ou bien encore d’Isabelle et Serguei, tous deux cruellement d’actualité.  Après un chouette duo avec Ours l’ayant rejoint sur scène, voici l’heure de retrouver pour deux titres Blanche, Andrée et Imogène, les trois sœurs en cavale du trio Bodie  (Joko, hiératique, Emilie Marsh, impassible, ainsi une ravissante et bien mystérieuse écervelée qui mettra un pauvre spectateur dans tous ses états en l’accusant quasiment de lubricité visuelle…). Un grand moment de délicieux malaise ! 

Une très belle soirée, qui se poursuivra bien tard sur les quais et sous la pleine lune, à lever nos verres à la santé de la chanson française et de la reine d’Angleterre (oups, trop tard). Buckingham over, en quelque sorte…

Et demain est un autre jour…

 

Le facebook de Cécile Hercule, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

 

« Perdue au milieu » (session acoustique) : Image de prévisualisation YouTube

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