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Clarisse Lavanant, le goût du temps

 

Clarisse Lavanant

Clarisse Lavanant

Encore une fois un disque marqué du sceau des confinements, de cet état de fait qui a provoqué des réactions diverses et parfois réveillé le philosophe qui est en chacun de nous : « Apprendre à prendre le temps / Tout en douceur / Mettre à zéro le compteur / Redonner le goût du temps / Et la saveur / De l’instant pour seul bonheur ». Cet album, le douzième de la Bretonne Clarisse Lavanant (vingt ans après le premier !), fut réalisé d’octobre 2020 à septembre 2022. L’histoire ne dit pas le nombre d’attestations de déplacement nécessaires.

Pas de titre en breton sur ce nouvel opus, mais une remarquable chanson à la gloire de cette langue qui revient de loin et a dû se battre plus que de raison pour simplement avoir le droit d’exister : « Je suis une langue qui chante / Contre le vent du mépris / La diversité qui nous lie. » Pas de musique traditionnelle non plus, même si parfois quelques notes la suggèrent.

Beaucoup de mélancolie, notamment à l’évocation de L’Enfance qu’elle associe à tout un pays, son pays. Ce pays, Ici, qui est le personnage principal de cet album, impalpable mais réel, de partout présent : « Ici / Pas besoin d’être heureux / Pour être bien… »

C’est un album généreux (vingt-et-un titres, pour un album de création, c’est peu fréquent) comme tous ceux de Carisse, fait de mots chaleureux et de musiques qui confinent à l’épure, juste ce qu’il faut pour animer de belles et solides mélodies : guitares acoustiques et électrique, parfois mandoline et violon, piano et clavier… presque trois fois rien pour saisir l’essentiel.

clarisse lavanant iciPrésence aussi remarquée que prestigieuse, celle du célèbre compositeur nord-irlandais Phil Coulter (que nous connaissons pour être l’auteur de The Town I Loved So Well, que Tri Yann, Louis Capart et Clarisse elle-même ont repris sur le titre La Ville que j’ai tant aimé) pour Sur les bords de la Swilly (The Shores of the Swilly) que chante Clarisse avec l’auteur original pour pianiste et choriste (il est aussi au piano sur un autre titre de cet album). Notre chanteuse reprend également, en deux langues, français et espagnol, l’Inventaire galant du poète Antonio Machado (Inventario galante) : là les notes se font follement dansantes, et des pas qui sont sans parenté aucune avec ceux des fest-noz. Notons que l’auteur de la chanson-titre est Pierre-Yves Lebert, parolier entre autre de Daran, Pagny ou Maurane.

L’Enfance, Si c’était vrai, L’Écho des étoiles… on parle beaucoup d’enfance sur ce disque, avec joie, tristesse, nostalgie, avec attente ou regret aussi : « Mon cœur est une salle d’attente / Tu te fais attendre trop […] C’est toi qui mettras au monde / Cette femme qui dort en moi ». D’enfance, d’amour aussi, impossible, indicible, infaillible, invincible…

Clarisse Lavanant fait ici étal de sentiments, d’émotions, dans un disque impeccable, chavirant, qui, plus vous l’écouterez, plus vous sera indispensable. S’il faut sans doute se rendre en Bretagne pour l’applaudir en concert, vous n’avez aucune raison de la rater par ce disque : il suffit de le commander.

 

Clarisse Lavanant, Ici, Mus’Iris 2022. Le site de Clarisse Lavanant, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

« Langue vivante » : Image de prévisualisation YouTube

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