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	<title>Commentaires sur : Cabiac, poste de vigie de Jofroi</title>
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	<description>le Quotidien de la chanson d&#039;expression française</description>
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		<title>Par : Danièle Sala</title>
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		<dc:creator>Danièle Sala</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2013 10:32:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je ne serai pas aussi prolifique que Patrick , mais Jofroi, c&#039;est une belle respiration , il y a du Virgile en lui, ce sont les choses authentiques , simples de la terre, qui nourrissent l&#039;existence et forment une harmonie universelle qui élève le regard . Ecouter Jofroi, ça fait un bien fou .]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne serai pas aussi prolifique que Patrick , mais Jofroi, c&rsquo;est une belle respiration , il y a du Virgile en lui, ce sont les choses authentiques , simples de la terre, qui nourrissent l&rsquo;existence et forment une harmonie universelle qui élève le regard . Ecouter Jofroi, ça fait un bien fou .</p>
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		<title>Par : Patrick</title>
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		<dc:creator>Patrick</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2013 00:06:34 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Bonsoir Jofroi, 

je vais assister à votre concert à Chaumont, le 13 décembre prochain, mais pour l&#039;heure je m&#039;abreuve de votre poésie, dont je me sens si proche.

 

Je me penche, je m&#039;abreuve sur son lac, où chaque ponctuation en fait osciller, onduler la surface, où chaque mot est comme un poisson qui vient tourbillonner devant mes yeux, comme les tourbillons de mon enfance s&#039;agitent derrière leurs orbites, dans les profondeurs de mon âme, aux lambris patinés plus par la solitude que par la crasse ou la glue du temps ; ce temps qui m’a inspiré ces vers :

 

Ô, prends ton temps, épargnant le mien;

Bats posément, cycle circadien,

Et puis, sous ce fond de ciel cobalt,

Laisse-moi savourer cette halte!

 

Que ta pérennité se confonde

Avec chaque fuyante seconde

Que comptabilise mon horloge

Avant de sombrer en quelque loge...!

 

Je vous imagine et vous envie à Cabiac, dans votre &quot;cul-de-sac&quot;, parmi &quot;les bruyères et les rochers&quot; de ce promontoire. Comme vous, j&#039;aime marcher, en montagne surtout, et quand je le peux. Là-haut j&#039;y élève ma solitude pour que mon corps s&#039;allège.

 

J&#039;ai grimpé, j&#039;ai grimpé encore

Sur bien des chemins des estives,

Longeant d&#039;ombrageux abords

De tortueux torrents et nives:

Qui desservent lacs et marais;

Puis j&#039;ai suivi d&#039;étroites sentes,

Perçant de rousses fougeraies:

Damiers des montagneuses pentes.

 

J&#039;ai traversé de verts enclos,

Tapis de fleurs jaunes et mauves

Qu&#039;Eole berçait de ses flots,

Sous des cieux aux zébrures fauves.

J&#039;ai pris par des rus de rocailles,

Aux flancs apiques, escarpés,

Sautant quelques étroites failles

Virant de l&#039;ubac à l&#039;adret.

 

Aussi grimpais-je, m&#039;épuisant,

Emu, l&#039;âme et le corps aphones,

Par des sous-bois tout reluisants,

Emu, l&#039;âme et le corps atones.

J&#039;ai grimpé, ne haussant les crêtes

Que de mon humble humanité;

Sachant bien, là, que cimes, faîtes

Dépècent toute vanité...

 

Pourquoi me sentais-je si seul,

Debout, sur ces raides sommets,

Comme adossé au vent qui feule,

Ricoche sous des cieux chromés.

 

Dès lors, mon âme s&#039;élevant,

Comme des plus profondes combes,

Prenant les ascendants courants,

S&#039;élèvent les vols des palombes,

Elle arrache mon corps fébrile

Aux trop terrestres connivences;

S&#039;envole en des éthers stériles,

Où tous les corps pesants y dansent...

 

&quot;Danse en ces sommets du Queyras,

Ô! ma chère âme,

Qui bombe ces cieux blancs d&#039;écumes,

Sans macadam.

Soule-toi de cet opéra,

Lave tes squames…

Avant que tout ne me consume,

Frêle quidam! »

 

Cher Jofroi, pour moi &quot;Les sapins de l’Arlberg&quot; pleurent toujours  &quot;comme des saules&quot; depuis l&#039;enfance, depuis que, voici 58 printemps, je tombais d&#039;un utérus, en ce mois de mars où mort le crocus.

 

&quot;La Petite Ville&quot;

(où repose, dans son urne, la propriétaire de cet utérus)

 

 

D&#039;une petite ville

Que traversent, tranquille,

Les eaux bleues de la Sorgue,

Les harmonies d&#039;un orgue

 

Emplissent le ciel bleu,

Jusqu&#039;aux portes d&#039;un dieu…

D&#039;une petite ville

Que traverse tranquille

 

Un tout petit cortège,

Un corps, soudain, s&#039;allège

De son âme friable

Que pourchasse un diable.

 

En cette douce ville

Se repose tranquille,

Dans une urne bossue,

L&#039;inconnue que tu fus.

 

Lors, mon esprit de marbre,

Dénudé comme l&#039;arbre

Que vent battant effeuille,

Amer, je me recueille.

 

Puisqu&#039;en ce jour, ma mère,

J&#039;y ai porté ma chair,

En cette douce ville

Où tu y dors tranquille.

 

 

 « Nu, j’ai vécu nu, naufragé de naissance » comme le chanta Allain Leprest, avec en bandoulière ma solitude, à l’étoffe trop fine, laissant passer les intempéries humaines, celles-là même qui fige, plaque le bonheur au fond des soutes de l’âme. Les remous d’une enfance abandonnée, remontent depuis toujours les ports de l’indifférence comme les muqueuses les pores des peaux délaissées.   

 

Je suis venu près du torrent,

Maintes fois, le corps nonchalant,

Apprivoiser la solitude

Pour n’en prendre point l’habitude ;

Pour n’en être plus son jouet

Et n’en plus subir son fouet.

 

Assis ainsi sur mon rocher

Je la regardais s’approcher,

Doucement, sans nulles saccades,

Puis s’enfuir en quelques ruades ;

Mais je présentais sa présence

En ce vaste et basque silence.

 

Elle était là, à sa lucarne,

Hyène guettant proie ou carne,

Et moi de l’ignorer ou feindre

De ne l’entendre rugir, geindre,

Quand tournoyaient dans les cieux

Des vautours au long cou noueux.

………..

 

Lors ma solitude est un flot

Qui, fougueux, court, saute à vau-l’eau

Au point le plus bas de son cours…

Elle a pour ténébreux parcours,

De mon âme, les sombres gaves

Où sont, des amours, les épaves.

 

Mais il n’y a, cher Pays-Basque,

Que toi qui apaise les frasques,

Les tourments de ma solitude,

Adoucit mes incertitudes ;

Il n’y a que toi, sans faiblesse,

Qui, lors, convient à ma tristesse…

 

Voilà, je ne sais pas pourquoi je me confie à vous, que j’importune surement ; mais je suis seul devant mon clavier, le corps à l’écoute de vos chansons et l’âme qui tangue à la mesure du clavier de Line Adam. : à chacun ses touches et claviers.

A ce vendredi 13 décembre (mauvaise ou bonne augure) 2013 à Chaumont, dont je suis à 10 kms.

 

Avec toutes mes excuses si j’ai pu vous ennuyer.

 

 Bien cordialement et avec toute mon Admiration sincère.

Patrick BULLE

 

 

Effusions basques, au Pas-de-Roland

 

 

La brume s&#039;élève, livrant l&#039;Arzatmendi

Aux matinaux et doux rayonnements solaires.

Alors que s&#039;attarde l&#039;âpre albédo lunaire,

J&#039;eusse aimé, en ces lieux, qu&#039;une foi suspendît,

 

Q&#039;une force arrêtât l&#039;universel pendule;

J&#039;eusse aimé que du temps l&#039;on aplanît son onde,

L&#039;instant éphémère, qu&#039;ici, âme s&#039;y fonde.

Las! la brume n&#039;est plus et le torrent ondule;

 

Il court, blancs d&#039;écume, mourir dans l&#039;Océan:

Les basques nuages enjambant la montagne.

Oui, j&#039;eusse espéré tant que tout prît fin, céans!

 

Mais, l&#039;indifférence pour complice compagne,

Le cycle circadien poursuit ses contorsions,

M&#039;entraînant dans son cours, hors de mes effusions...

 

 

 

 

 &quot;L&#039;Absente Voyageuse&quot;

 

Ô! Maman de mon enfance,                            Que fis-tu de la tendresse

De mon imagination;                                        Et de ces douces paroles

Maman de mes rebellions,                               Qui sont ce fertile sol

Mères de tant d &#039;espérance,                             Où l&#039;enfant croît sans faiblesse ?

 

Beaucoup plus que de ton lait,                         Je n&#039;ai rien de toi, maman,

Le sevrage de ta voix,                                      Ni souvenir de parfums,

A ton enfant aux abois,                                    Non plus de celui de mes mains,

Fit défaut à tout jamais.                                   Dans les tiennes, tendrement.

 

Cette main venue de toi,                                  Peut-être étaient telles douces

Voici déjà bien longtemps,                               Ces mains qui m&#039;ont peu tenu;

Désespérément, maman,                                  Ce qu&#039;enfant n&#039;a point reçu,

Sur ce front venu de toi,                                  Jamais ne germe et ne pousse

 

Mue par un espoir banal,                                 En sa mémoire amputée

Passe et puis repasse encore                            Dont l&#039;écho, si caverneux

Pour découvrir ce trésor,                                 D&#039;être enfin enfant heureux,

Cette cavité frontale,                                       Cogne l&#039;arête affûtée

 

Que chaque baiser du soir                               D&#039;une solitaire enfance.

Aurait creusé, tel un nid,                                  Oh! toi, mère génétique,

Comme des perles de pluie,                             Toi, maman, mère utopique,

Claquantes sur un trottoir.                                Vois, je pleure ton absence.

 

Sous le ciel de mon enfance                             Qu&#039;en ta demeure terreuse

J&#039;errais, seul, sans toi, maman;                          Tu reposes sans regrets;

Sans sourire réconfortant,                                Je ne t&#039;ai point reniée,

Sous l&#039;ombre de ton absence.                          Mon absence voyageuse.

 

 

 

 

« En la Baie de Menton »

 

 

J e vais, nonchalant, sur les galets de la grève, 

La nuit croissant dans le ciel mentonais

Comme monte la vigilante sève,

Tant des palmeraies que des châtaigneraies.

 

La lune, semblant suspendue à un filin,

Se reflète dans la grande bleue assombrie ;

C’est l’heure où les corps et âmes sont sereins,

Mais c’est aussi celui des peines sans abri.

 

Alors que me portent vers le port mes pas lents,

Que la mer, en son mouvement perpétuel,

Déroule le tapis de galets reluisants,

Les étoiles d’or ouvrent leur bal rituel.

 

Mais la nuit a du mal, de son anthracite draps,

D’envelopper l’ample cosmos de minuit ;

Mais, patiemment, elle en fera son repas,

Emmitouflant l’espace de son enduit.

 

J’ère, nonchalant, sur la grève de galets,

Que caresse la mer de sa douce houle ;

Et je m’y sens plus seul que prince en son palais,

Transperçant le flot d’une indifférente foule.

 

Dans le port, bien ordonnée, une flottille

Attend, pour appareiller, que le jour pointe,

S émancipant de la baie de Vintimille ;

Ce sera l’heure aussi de tant d’amours défuntes.

 

Voici le spectacle qui s’offre à mes yeux

Sous le dôme étoilé de cette fin août ;

J’entends, sur les galets, crisser la Grande Bleue,

Emprisonnant l’éclat célestes en ses remous.

 

Pourtant tout semble, en cette baie de Menton,

Prédisposé à la quiétude des âmes,

Hors de portée des soubresauts, des affronts,

Des gelures du destin, comme de ses flammes.

 

Faut-il donc, qu’à ce point, un être aimé vous manque

Pour se sentir hors du temps et de ses calanques ?

 

 

Foyer

(celui de mon orphelinat)

 

 

Maman! il fait froid!

Mets-moi ma couverture!

Maman! c&#039;était toi,

Avant ma couverture!

Monsieur! vers quoi

M&#039;emporte ta voiture?

Monsieur! je vois

Dans ton regard obscure,

Monsieur, je crois,

Comme une meurtrissure.

Madame! pourquoi

On a changé mes murs?

Madame! dans quoi,

Dis, on me claquemure?

Madame! chez toi

Ca sent la pourriture.

Madame! chez moi

Ca fleurait la nature.

Enfants! comme moi,

La même procédure.

Enfants! sous ce toit,

Eteint nos diaprures.

Enfants! vous et moi

Sommes nous des impures,

Enfin, de quel droit

Ce bol de cyanure?

En vain, laissez-moi

Sombrer dans la saumure.

Maman! de quel droit

Cette amère rupture?

Ma mère! ton choix

Fut donc la déchirure.

 

Mais ne suis-je pas,

Dis, ta progéniture?

Ciel! quelle croix

Ecrase mon futur?

Ciel! aide-moi 

A trouver l&#039;ouverture.

Ciel! forge-moi

La clef de la serrure

Si elle m&#039;octroie

De briser mes ferrures.

Dieu! je plaide, moi,

Une enfance de mûres.

Dis, eux comme moi,

De cette nourriture,

Dieu, avons droit.

Tout m&#039;est si obscure!

Ô! Dieux!  j&#039;ai froid,

Seul, dans cette masure.

Dieu! de quel bois

Suis-je donc la bouture?

Odieux qu&#039;ils soient

D&#039;attiser ma brûlure.

Madame! pourquoi,,

Dis, ce grand réfectoire?

Monsieur! pour moi,

Aussi ce long dortoir?

La mère! tu vois,

Là, dans ce pourrissoir,

L&#039;amer est l&#039;aloi...

Dont tu me fais son hoir.

Dis! Dieu! tes croix

Change-les de trottoirs!

 

 

 

&quot;Elle referme ses Yeux&quot;

 

 

Elle ferme les yeux;

Elle a cloîtré nos cieux;

Elle s&#039;en retourne dans son Afrique

Encapuchonnée de noire musique.

Voici que celle-là pense et danse

Car voilà que celle-ci est en transe.

Ô! il suffirait que ce train s&#039;arrête

Pour que , sans tarder , s&#039;étouffe la fête.

Fort heureusement ce n&#039;est pas sa gare;

Toutes ses pensées sont ailleurs,

Encapuchonnées d&#039;un autre bonheur...

Elles creusent et puis trouent son présent

Aux fins de retrouver son continent.

 

 

Elle ferme ses yeux

Et s&#039;ouvre à d&#039;autres cieux;

Elle est assise dans un autre train

Et roule , vole vers d&#039;autres destins.

Vraiment , peu lui importe les secousses,

Qui vers ce loin pays natal la poussent...

A la voir , elle a du y parvenir,

Puisqu&#039;aux lèvres on lui voit un sourire.

Fermés , elle garde fort ses yeux;

A la voir , elle a rencontré Dieux...

Est-il donc sans croix? Est-il noir de peau?

Est-il l&#039;espérance?... Est-il jazz-mélo?...


 





Tes Edelweiss

(à ma mère nourricière, adorée, décédée le 11 juin 2013)

 

Allongée en son fauteuil médicalisé,

A la fenêtre de sa cuisine, trop sombre,

Elle observe, d’un regard comme balisé,

Le monde extérieur qui la perçoit comme une ombre.

 

Ses voisines, veuves aussi, lui font visite,

Plusieurs fois par jour, les yeux plein de tristesse.

Elles devisent sur leur passé qui s’effrite,

Mais pas un mot de ce futur qui les oppresse.

 

A sa fenêtre elle sourit, la vieille dame,

Quand elle voit de ses enfants, la silhouette.

Transperçant la vitre, s’extirpant de son âme,

Son sourire apaise tout ce qui la fouette.

 

Ses frères et sœurs que, pour seconder leur mère,

Elle éleva dans sa lointaine jeunesse,

Viennent redorer sa solitude amère,

Redonner à son corps défaillant quelque ivresse.

 

La vieille dame, notre chère Maman,

Allongée en son fauteuil, du matin au soir,

Détourne ses pleurs, cache douleurs et tourments,

Mais chacun sait et ressent son grand désespoir.

 

 

Toute la journée, entassée en son fauteuil,

Elle attendait quelque fin ou commencement…

Et te voici endormie dans ton linceul,

En partance, là, vers quelque autre firmament.

 

 

Ainsi tu laisses un vide incommensurable ;

Et même si le temps use granit et gneiss,

Demeurera ton souvenir inoubliable,

Et jamais ne s’effeuilleront tes Edelweiss.

 

 

 

Symphonie d&#039;Hendaye

 

 

Je vois, je vois l&#039;Océan;

Je l&#039;entends; oui je l&#039;entends

Mugissant en s&#039;écrasant

 

Sur cette plage déserte.

En vagues bleues et vertes

Il se meut, la gueule ouverte.

 

Au loin, à califourchon

Sur le fil de l&#039;Océan,

Des bateaux, à l&#039;unisson,

 

Tanguent et gîtent encore

De bâbord et de tribord;

Ils dansent loin de leur port.

 

Et je vois, des Pyrénées,

L&#039;échine déjà lancer

Dans les cieux ses sommets.

 

Dans ce décor magnifique

Que façonna l&#039;Atlantique

J&#039;erre, l&#039;âme nostalgique.

 

Quand Nuit étend son bitume

Sur ces rouleaux tout d&#039;écume

Mon être, comme une plume,

 

Plane telle une mouette...

Quand une vaque fouette

Ma si frêle silhouette.





Etoile d’Arcangue

 

 

Je suis seul sur la montagne, roseau bien frêle,

L’âme adossée au vent qui cintre la fétuque.

Sous les bleuissements astraux qui s’entremêlent

La bise anordie me fait courber la nuque.

 

 

La linéarité de mon humble existence

Lors, prend sur ces hauteurs de si changeantes ondes,

Bien hors de portée des soubresauts du monde,

Aux râles et joies épargnant le silence.

 

 

Mon âme enchâssée, sertie en cet écrin,

Fuyant l’antre terrestre, à l’aplomb du ravin,

Lévite dans l’azur sans patine et y tangue

Quand la nuit sème, au loin, sa poudre sur Arcangue.

 

Ô ! que je vous chéris, douce basque montagne,

Ô ! nuit éthérée m’absorbant en son pagne.

                                                                                                                    Ton étoile brille en ce cosmos d&#039;opaline                                                                                                                    

Mais  hors de portée de mon âme orpheline…



Un peut d’autodérision…

 

&quot;Suppliques aux Editeurs&quot;

(et à mon lecteur...?)

 

Monsieur l&#039;éditeur,

Et puis vous, Lady Trice,

Recevez de mes heurts

Mes modestes matrices.

N&#039;ayez aucune gêne,

Non plus d&#039;ingratitude,

Si vous y trouver gène

Prometteur d&#039;aptitude

A le faire savoir.

Et si l&#039;entéléchie

Effleurait mon grimoire,

Que j&#039;en sois affranchi

Ne vous cause tracas.

Que mes épithalames,

Non plus, ne vous inquiètent

Ni vous tourmentent l&#039;âme,

Sils me sacrent poète.

A côtoyer l&#039;ascèse

Pour frôler le talent

N&#039;est pas faire florès

Mais tamiser son rang.

Mais pour vous apaiser,

Ces vers vernaculaires

D&#039;éthers mal aisés

De lourdes atmosphères,

Dont chaque rime se cueille

Aux branches de mon être,

Ces vers donc, un écueil

Pourront vous apparaître;

Pourtant, quoiqu&#039;il en soit,

Ma poésie éclisse

Les rails de mes émois,

Evitant qu&#039;ils n&#039;en glissent;

 

Et à Villon, Ronsard,

Et même au Fabuliste,

N&#039;osez monter mon art.

Ajoutez sur la liste:

Vigny et Lamartine,

Et Musset et Hugo.

Que, de mon spleen,

Ne leur tonne l&#039;écho!

Monsieur Baudelaire,

Non plus Rimbaud, Verlaine,

Claudel, Appolinaire

Ne doivent de mes thrènes

Voir l&#039;ombre de leurs ailes.

Et dites à Brassens

Et à monsieur Brel,

Que du spleen qui m&#039;évince

Mes vers en sont la marquise

Et non pas fantaisie.

Je ne suis qu&#039;orpailleur

Ô! de leur poésie,

Et donc qu&#039;un rimailleur;

Sans cesse tamisé

Tout mon être palpite:

Si de leur empyrée

Je croquais la pépite!

A moins que tous ces maîtres

Des embruns du génie

Souhaitent s&#039;en soustraire,

Et  quitter l&#039;inertie

Des silves et églogues;

Alors, je m&#039;autorise,

Aux fins que tous s&#039;en moquent,

Que ma rimaille ils visent.







 

&quot;Apo...Strophée&quot;

 

 

Je voudrais passer à &quot;Apostrophes&quot;

Pour pouvoir y réciter mes strophes

Et, que me dise, Bernard Pivot,

Si je suis un génie ou un sot.

 

Mais ce n&#039;est pas une catastrophe

Si je ne vais pas à &quot;Apostrophe&quot;;

Car, même sans l&#039;avis de Pivot,

Génie...sot...je suis ce que je vaux.

 

Je voudrais passer à &quot;Ex-libris&quot;

Afin d&#039;y réciter tous mes vices,

Et que me dise, Poivre d&#039;Arvor,

De mes vers, les raisons et les tors.

 

Que l&#039;indifférence me remplisse

Si nul ne me voit à &quot;Ex-libris&quot;;

Puisqu&#039;avec ou sans Poivre d&#039;Arvor

Ma poésie restera mon corps.

 

De même, de la postérité,

Je souhaiterais, en vérité,

Par le bon vouloir de &quot;Lady-Trice&quot;,

Que mes vers en goûtent les délices.

 

Mon corps ne sera point agité

S&#039;il ne trouve la postérité,

Car les pieds de mon écriture

N&#039;ont que faire de cette pointure.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir Jofroi, </p>
<p>je vais assister à votre concert à Chaumont, le 13 décembre prochain, mais pour l&rsquo;heure je m&rsquo;abreuve de votre poésie, dont je me sens si proche.</p>
<p>Je me penche, je m&rsquo;abreuve sur son lac, où chaque ponctuation en fait osciller, onduler la surface, où chaque mot est comme un poisson qui vient tourbillonner devant mes yeux, comme les tourbillons de mon enfance s&rsquo;agitent derrière leurs orbites, dans les profondeurs de mon âme, aux lambris patinés plus par la solitude que par la crasse ou la glue du temps ; ce temps qui m’a inspiré ces vers :</p>
<p>Ô, prends ton temps, épargnant le mien;</p>
<p>Bats posément, cycle circadien,</p>
<p>Et puis, sous ce fond de ciel cobalt,</p>
<p>Laisse-moi savourer cette halte!</p>
<p>Que ta pérennité se confonde</p>
<p>Avec chaque fuyante seconde</p>
<p>Que comptabilise mon horloge</p>
<p>Avant de sombrer en quelque loge&#8230;!</p>
<p>Je vous imagine et vous envie à Cabiac, dans votre &laquo;&nbsp;cul-de-sac&nbsp;&raquo;, parmi &laquo;&nbsp;les bruyères et les rochers&nbsp;&raquo; de ce promontoire. Comme vous, j&rsquo;aime marcher, en montagne surtout, et quand je le peux. Là-haut j&rsquo;y élève ma solitude pour que mon corps s&rsquo;allège.</p>
<p>J&rsquo;ai grimpé, j&rsquo;ai grimpé encore</p>
<p>Sur bien des chemins des estives,</p>
<p>Longeant d&rsquo;ombrageux abords</p>
<p>De tortueux torrents et nives:</p>
<p>Qui desservent lacs et marais;</p>
<p>Puis j&rsquo;ai suivi d&rsquo;étroites sentes,</p>
<p>Perçant de rousses fougeraies:</p>
<p>Damiers des montagneuses pentes.</p>
<p>J&rsquo;ai traversé de verts enclos,</p>
<p>Tapis de fleurs jaunes et mauves</p>
<p>Qu&rsquo;Eole berçait de ses flots,</p>
<p>Sous des cieux aux zébrures fauves.</p>
<p>J&rsquo;ai pris par des rus de rocailles,</p>
<p>Aux flancs apiques, escarpés,</p>
<p>Sautant quelques étroites failles</p>
<p>Virant de l&rsquo;ubac à l&rsquo;adret.</p>
<p>Aussi grimpais-je, m&rsquo;épuisant,</p>
<p>Emu, l&rsquo;âme et le corps aphones,</p>
<p>Par des sous-bois tout reluisants,</p>
<p>Emu, l&rsquo;âme et le corps atones.</p>
<p>J&rsquo;ai grimpé, ne haussant les crêtes</p>
<p>Que de mon humble humanité;</p>
<p>Sachant bien, là, que cimes, faîtes</p>
<p>Dépècent toute vanité&#8230;</p>
<p>Pourquoi me sentais-je si seul,</p>
<p>Debout, sur ces raides sommets,</p>
<p>Comme adossé au vent qui feule,</p>
<p>Ricoche sous des cieux chromés.</p>
<p>Dès lors, mon âme s&rsquo;élevant,</p>
<p>Comme des plus profondes combes,</p>
<p>Prenant les ascendants courants,</p>
<p>S&rsquo;élèvent les vols des palombes,</p>
<p>Elle arrache mon corps fébrile</p>
<p>Aux trop terrestres connivences;</p>
<p>S&rsquo;envole en des éthers stériles,</p>
<p>Où tous les corps pesants y dansent&#8230;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Danse en ces sommets du Queyras,</p>
<p>Ô! ma chère âme,</p>
<p>Qui bombe ces cieux blancs d&rsquo;écumes,</p>
<p>Sans macadam.</p>
<p>Soule-toi de cet opéra,</p>
<p>Lave tes squames…</p>
<p>Avant que tout ne me consume,</p>
<p>Frêle quidam! »</p>
<p>Cher Jofroi, pour moi &laquo;&nbsp;Les sapins de l’Arlberg&nbsp;&raquo; pleurent toujours  &laquo;&nbsp;comme des saules&nbsp;&raquo; depuis l&rsquo;enfance, depuis que, voici 58 printemps, je tombais d&rsquo;un utérus, en ce mois de mars où mort le crocus.</p>
<p>&laquo;&nbsp;La Petite Ville&nbsp;&raquo;</p>
<p>(où repose, dans son urne, la propriétaire de cet utérus)</p>
<p>D&rsquo;une petite ville</p>
<p>Que traversent, tranquille,</p>
<p>Les eaux bleues de la Sorgue,</p>
<p>Les harmonies d&rsquo;un orgue</p>
<p>Emplissent le ciel bleu,</p>
<p>Jusqu&rsquo;aux portes d&rsquo;un dieu…</p>
<p>D&rsquo;une petite ville</p>
<p>Que traverse tranquille</p>
<p>Un tout petit cortège,</p>
<p>Un corps, soudain, s&rsquo;allège</p>
<p>De son âme friable</p>
<p>Que pourchasse un diable.</p>
<p>En cette douce ville</p>
<p>Se repose tranquille,</p>
<p>Dans une urne bossue,</p>
<p>L&rsquo;inconnue que tu fus.</p>
<p>Lors, mon esprit de marbre,</p>
<p>Dénudé comme l&rsquo;arbre</p>
<p>Que vent battant effeuille,</p>
<p>Amer, je me recueille.</p>
<p>Puisqu&rsquo;en ce jour, ma mère,</p>
<p>J&rsquo;y ai porté ma chair,</p>
<p>En cette douce ville</p>
<p>Où tu y dors tranquille.</p>
<p> « Nu, j’ai vécu nu, naufragé de naissance » comme le chanta Allain Leprest, avec en bandoulière ma solitude, à l’étoffe trop fine, laissant passer les intempéries humaines, celles-là même qui fige, plaque le bonheur au fond des soutes de l’âme. Les remous d’une enfance abandonnée, remontent depuis toujours les ports de l’indifférence comme les muqueuses les pores des peaux délaissées.   </p>
<p>Je suis venu près du torrent,</p>
<p>Maintes fois, le corps nonchalant,</p>
<p>Apprivoiser la solitude</p>
<p>Pour n’en prendre point l’habitude ;</p>
<p>Pour n’en être plus son jouet</p>
<p>Et n’en plus subir son fouet.</p>
<p>Assis ainsi sur mon rocher</p>
<p>Je la regardais s’approcher,</p>
<p>Doucement, sans nulles saccades,</p>
<p>Puis s’enfuir en quelques ruades ;</p>
<p>Mais je présentais sa présence</p>
<p>En ce vaste et basque silence.</p>
<p>Elle était là, à sa lucarne,</p>
<p>Hyène guettant proie ou carne,</p>
<p>Et moi de l’ignorer ou feindre</p>
<p>De ne l’entendre rugir, geindre,</p>
<p>Quand tournoyaient dans les cieux</p>
<p>Des vautours au long cou noueux.</p>
<p>………..</p>
<p>Lors ma solitude est un flot</p>
<p>Qui, fougueux, court, saute à vau-l’eau</p>
<p>Au point le plus bas de son cours…</p>
<p>Elle a pour ténébreux parcours,</p>
<p>De mon âme, les sombres gaves</p>
<p>Où sont, des amours, les épaves.</p>
<p>Mais il n’y a, cher Pays-Basque,</p>
<p>Que toi qui apaise les frasques,</p>
<p>Les tourments de ma solitude,</p>
<p>Adoucit mes incertitudes ;</p>
<p>Il n’y a que toi, sans faiblesse,</p>
<p>Qui, lors, convient à ma tristesse…</p>
<p>Voilà, je ne sais pas pourquoi je me confie à vous, que j’importune surement ; mais je suis seul devant mon clavier, le corps à l’écoute de vos chansons et l’âme qui tangue à la mesure du clavier de Line Adam. : à chacun ses touches et claviers.</p>
<p>A ce vendredi 13 décembre (mauvaise ou bonne augure) 2013 à Chaumont, dont je suis à 10 kms.</p>
<p>Avec toutes mes excuses si j’ai pu vous ennuyer.</p>
<p> Bien cordialement et avec toute mon Admiration sincère.</p>
<p>Patrick BULLE</p>
<p>Effusions basques, au Pas-de-Roland</p>
<p>La brume s&rsquo;élève, livrant l&rsquo;Arzatmendi</p>
<p>Aux matinaux et doux rayonnements solaires.</p>
<p>Alors que s&rsquo;attarde l&rsquo;âpre albédo lunaire,</p>
<p>J&rsquo;eusse aimé, en ces lieux, qu&rsquo;une foi suspendît,</p>
<p>Q&rsquo;une force arrêtât l&rsquo;universel pendule;</p>
<p>J&rsquo;eusse aimé que du temps l&rsquo;on aplanît son onde,</p>
<p>L&rsquo;instant éphémère, qu&rsquo;ici, âme s&rsquo;y fonde.</p>
<p>Las! la brume n&rsquo;est plus et le torrent ondule;</p>
<p>Il court, blancs d&rsquo;écume, mourir dans l&rsquo;Océan:</p>
<p>Les basques nuages enjambant la montagne.</p>
<p>Oui, j&rsquo;eusse espéré tant que tout prît fin, céans!</p>
<p>Mais, l&rsquo;indifférence pour complice compagne,</p>
<p>Le cycle circadien poursuit ses contorsions,</p>
<p>M&rsquo;entraînant dans son cours, hors de mes effusions&#8230;</p>
<p> &laquo;&nbsp;L&rsquo;Absente Voyageuse&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ô! Maman de mon enfance,                            Que fis-tu de la tendresse</p>
<p>De mon imagination;                                        Et de ces douces paroles</p>
<p>Maman de mes rebellions,                               Qui sont ce fertile sol</p>
<p>Mères de tant d &lsquo;espérance,                             Où l&rsquo;enfant croît sans faiblesse ?</p>
<p>Beaucoup plus que de ton lait,                         Je n&rsquo;ai rien de toi, maman,</p>
<p>Le sevrage de ta voix,                                      Ni souvenir de parfums,</p>
<p>A ton enfant aux abois,                                    Non plus de celui de mes mains,</p>
<p>Fit défaut à tout jamais.                                   Dans les tiennes, tendrement.</p>
<p>Cette main venue de toi,                                  Peut-être étaient telles douces</p>
<p>Voici déjà bien longtemps,                               Ces mains qui m&rsquo;ont peu tenu;</p>
<p>Désespérément, maman,                                  Ce qu&rsquo;enfant n&rsquo;a point reçu,</p>
<p>Sur ce front venu de toi,                                  Jamais ne germe et ne pousse</p>
<p>Mue par un espoir banal,                                 En sa mémoire amputée</p>
<p>Passe et puis repasse encore                            Dont l&rsquo;écho, si caverneux</p>
<p>Pour découvrir ce trésor,                                 D&rsquo;être enfin enfant heureux,</p>
<p>Cette cavité frontale,                                       Cogne l&rsquo;arête affûtée</p>
<p>Que chaque baiser du soir                               D&rsquo;une solitaire enfance.</p>
<p>Aurait creusé, tel un nid,                                  Oh! toi, mère génétique,</p>
<p>Comme des perles de pluie,                             Toi, maman, mère utopique,</p>
<p>Claquantes sur un trottoir.                                Vois, je pleure ton absence.</p>
<p>Sous le ciel de mon enfance                             Qu&rsquo;en ta demeure terreuse</p>
<p>J&rsquo;errais, seul, sans toi, maman;                          Tu reposes sans regrets;</p>
<p>Sans sourire réconfortant,                                Je ne t&rsquo;ai point reniée,</p>
<p>Sous l&rsquo;ombre de ton absence.                          Mon absence voyageuse.</p>
<p>« En la Baie de Menton »</p>
<p>J e vais, nonchalant, sur les galets de la grève, </p>
<p>La nuit croissant dans le ciel mentonais</p>
<p>Comme monte la vigilante sève,</p>
<p>Tant des palmeraies que des châtaigneraies.</p>
<p>La lune, semblant suspendue à un filin,</p>
<p>Se reflète dans la grande bleue assombrie ;</p>
<p>C’est l’heure où les corps et âmes sont sereins,</p>
<p>Mais c’est aussi celui des peines sans abri.</p>
<p>Alors que me portent vers le port mes pas lents,</p>
<p>Que la mer, en son mouvement perpétuel,</p>
<p>Déroule le tapis de galets reluisants,</p>
<p>Les étoiles d’or ouvrent leur bal rituel.</p>
<p>Mais la nuit a du mal, de son anthracite draps,</p>
<p>D’envelopper l’ample cosmos de minuit ;</p>
<p>Mais, patiemment, elle en fera son repas,</p>
<p>Emmitouflant l’espace de son enduit.</p>
<p>J’ère, nonchalant, sur la grève de galets,</p>
<p>Que caresse la mer de sa douce houle ;</p>
<p>Et je m’y sens plus seul que prince en son palais,</p>
<p>Transperçant le flot d’une indifférente foule.</p>
<p>Dans le port, bien ordonnée, une flottille</p>
<p>Attend, pour appareiller, que le jour pointe,</p>
<p>S émancipant de la baie de Vintimille ;</p>
<p>Ce sera l’heure aussi de tant d’amours défuntes.</p>
<p>Voici le spectacle qui s’offre à mes yeux</p>
<p>Sous le dôme étoilé de cette fin août ;</p>
<p>J’entends, sur les galets, crisser la Grande Bleue,</p>
<p>Emprisonnant l’éclat célestes en ses remous.</p>
<p>Pourtant tout semble, en cette baie de Menton,</p>
<p>Prédisposé à la quiétude des âmes,</p>
<p>Hors de portée des soubresauts, des affronts,</p>
<p>Des gelures du destin, comme de ses flammes.</p>
<p>Faut-il donc, qu’à ce point, un être aimé vous manque</p>
<p>Pour se sentir hors du temps et de ses calanques ?</p>
<p>Foyer</p>
<p>(celui de mon orphelinat)</p>
<p>Maman! il fait froid!</p>
<p>Mets-moi ma couverture!</p>
<p>Maman! c&rsquo;était toi,</p>
<p>Avant ma couverture!</p>
<p>Monsieur! vers quoi</p>
<p>M&rsquo;emporte ta voiture?</p>
<p>Monsieur! je vois</p>
<p>Dans ton regard obscure,</p>
<p>Monsieur, je crois,</p>
<p>Comme une meurtrissure.</p>
<p>Madame! pourquoi</p>
<p>On a changé mes murs?</p>
<p>Madame! dans quoi,</p>
<p>Dis, on me claquemure?</p>
<p>Madame! chez toi</p>
<p>Ca sent la pourriture.</p>
<p>Madame! chez moi</p>
<p>Ca fleurait la nature.</p>
<p>Enfants! comme moi,</p>
<p>La même procédure.</p>
<p>Enfants! sous ce toit,</p>
<p>Eteint nos diaprures.</p>
<p>Enfants! vous et moi</p>
<p>Sommes nous des impures,</p>
<p>Enfin, de quel droit</p>
<p>Ce bol de cyanure?</p>
<p>En vain, laissez-moi</p>
<p>Sombrer dans la saumure.</p>
<p>Maman! de quel droit</p>
<p>Cette amère rupture?</p>
<p>Ma mère! ton choix</p>
<p>Fut donc la déchirure.</p>
<p>Mais ne suis-je pas,</p>
<p>Dis, ta progéniture?</p>
<p>Ciel! quelle croix</p>
<p>Ecrase mon futur?</p>
<p>Ciel! aide-moi </p>
<p>A trouver l&rsquo;ouverture.</p>
<p>Ciel! forge-moi</p>
<p>La clef de la serrure</p>
<p>Si elle m&rsquo;octroie</p>
<p>De briser mes ferrures.</p>
<p>Dieu! je plaide, moi,</p>
<p>Une enfance de mûres.</p>
<p>Dis, eux comme moi,</p>
<p>De cette nourriture,</p>
<p>Dieu, avons droit.</p>
<p>Tout m&rsquo;est si obscure!</p>
<p>Ô! Dieux!  j&rsquo;ai froid,</p>
<p>Seul, dans cette masure.</p>
<p>Dieu! de quel bois</p>
<p>Suis-je donc la bouture?</p>
<p>Odieux qu&rsquo;ils soient</p>
<p>D&rsquo;attiser ma brûlure.</p>
<p>Madame! pourquoi,,</p>
<p>Dis, ce grand réfectoire?</p>
<p>Monsieur! pour moi,</p>
<p>Aussi ce long dortoir?</p>
<p>La mère! tu vois,</p>
<p>Là, dans ce pourrissoir,</p>
<p>L&rsquo;amer est l&rsquo;aloi&#8230;</p>
<p>Dont tu me fais son hoir.</p>
<p>Dis! Dieu! tes croix</p>
<p>Change-les de trottoirs!</p>
<p>&laquo;&nbsp;Elle referme ses Yeux&nbsp;&raquo;</p>
<p>Elle ferme les yeux;</p>
<p>Elle a cloîtré nos cieux;</p>
<p>Elle s&rsquo;en retourne dans son Afrique</p>
<p>Encapuchonnée de noire musique.</p>
<p>Voici que celle-là pense et danse</p>
<p>Car voilà que celle-ci est en transe.</p>
<p>Ô! il suffirait que ce train s&rsquo;arrête</p>
<p>Pour que , sans tarder , s&rsquo;étouffe la fête.</p>
<p>Fort heureusement ce n&rsquo;est pas sa gare;</p>
<p>Toutes ses pensées sont ailleurs,</p>
<p>Encapuchonnées d&rsquo;un autre bonheur&#8230;</p>
<p>Elles creusent et puis trouent son présent</p>
<p>Aux fins de retrouver son continent.</p>
<p>Elle ferme ses yeux</p>
<p>Et s&rsquo;ouvre à d&rsquo;autres cieux;</p>
<p>Elle est assise dans un autre train</p>
<p>Et roule , vole vers d&rsquo;autres destins.</p>
<p>Vraiment , peu lui importe les secousses,</p>
<p>Qui vers ce loin pays natal la poussent&#8230;</p>
<p>A la voir , elle a du y parvenir,</p>
<p>Puisqu&rsquo;aux lèvres on lui voit un sourire.</p>
<p>Fermés , elle garde fort ses yeux;</p>
<p>A la voir , elle a rencontré Dieux&#8230;</p>
<p>Est-il donc sans croix? Est-il noir de peau?</p>
<p>Est-il l&rsquo;espérance?&#8230; Est-il jazz-mélo?&#8230;</p>
<p>Tes Edelweiss</p>
<p>(à ma mère nourricière, adorée, décédée le 11 juin 2013)</p>
<p>Allongée en son fauteuil médicalisé,</p>
<p>A la fenêtre de sa cuisine, trop sombre,</p>
<p>Elle observe, d’un regard comme balisé,</p>
<p>Le monde extérieur qui la perçoit comme une ombre.</p>
<p>Ses voisines, veuves aussi, lui font visite,</p>
<p>Plusieurs fois par jour, les yeux plein de tristesse.</p>
<p>Elles devisent sur leur passé qui s’effrite,</p>
<p>Mais pas un mot de ce futur qui les oppresse.</p>
<p>A sa fenêtre elle sourit, la vieille dame,</p>
<p>Quand elle voit de ses enfants, la silhouette.</p>
<p>Transperçant la vitre, s’extirpant de son âme,</p>
<p>Son sourire apaise tout ce qui la fouette.</p>
<p>Ses frères et sœurs que, pour seconder leur mère,</p>
<p>Elle éleva dans sa lointaine jeunesse,</p>
<p>Viennent redorer sa solitude amère,</p>
<p>Redonner à son corps défaillant quelque ivresse.</p>
<p>La vieille dame, notre chère Maman,</p>
<p>Allongée en son fauteuil, du matin au soir,</p>
<p>Détourne ses pleurs, cache douleurs et tourments,</p>
<p>Mais chacun sait et ressent son grand désespoir.</p>
<p>Toute la journée, entassée en son fauteuil,</p>
<p>Elle attendait quelque fin ou commencement…</p>
<p>Et te voici endormie dans ton linceul,</p>
<p>En partance, là, vers quelque autre firmament.</p>
<p>Ainsi tu laisses un vide incommensurable ;</p>
<p>Et même si le temps use granit et gneiss,</p>
<p>Demeurera ton souvenir inoubliable,</p>
<p>Et jamais ne s’effeuilleront tes Edelweiss.</p>
<p>Symphonie d&rsquo;Hendaye</p>
<p>Je vois, je vois l&rsquo;Océan;</p>
<p>Je l&rsquo;entends; oui je l&rsquo;entends</p>
<p>Mugissant en s&rsquo;écrasant</p>
<p>Sur cette plage déserte.</p>
<p>En vagues bleues et vertes</p>
<p>Il se meut, la gueule ouverte.</p>
<p>Au loin, à califourchon</p>
<p>Sur le fil de l&rsquo;Océan,</p>
<p>Des bateaux, à l&rsquo;unisson,</p>
<p>Tanguent et gîtent encore</p>
<p>De bâbord et de tribord;</p>
<p>Ils dansent loin de leur port.</p>
<p>Et je vois, des Pyrénées,</p>
<p>L&rsquo;échine déjà lancer</p>
<p>Dans les cieux ses sommets.</p>
<p>Dans ce décor magnifique</p>
<p>Que façonna l&rsquo;Atlantique</p>
<p>J&rsquo;erre, l&rsquo;âme nostalgique.</p>
<p>Quand Nuit étend son bitume</p>
<p>Sur ces rouleaux tout d&rsquo;écume</p>
<p>Mon être, comme une plume,</p>
<p>Plane telle une mouette&#8230;</p>
<p>Quand une vaque fouette</p>
<p>Ma si frêle silhouette.</p>
<p>Etoile d’Arcangue</p>
<p>Je suis seul sur la montagne, roseau bien frêle,</p>
<p>L’âme adossée au vent qui cintre la fétuque.</p>
<p>Sous les bleuissements astraux qui s’entremêlent</p>
<p>La bise anordie me fait courber la nuque.</p>
<p>La linéarité de mon humble existence</p>
<p>Lors, prend sur ces hauteurs de si changeantes ondes,</p>
<p>Bien hors de portée des soubresauts du monde,</p>
<p>Aux râles et joies épargnant le silence.</p>
<p>Mon âme enchâssée, sertie en cet écrin,</p>
<p>Fuyant l’antre terrestre, à l’aplomb du ravin,</p>
<p>Lévite dans l’azur sans patine et y tangue</p>
<p>Quand la nuit sème, au loin, sa poudre sur Arcangue.</p>
<p>Ô ! que je vous chéris, douce basque montagne,</p>
<p>Ô ! nuit éthérée m’absorbant en son pagne.</p>
<p>                                                                                                                    Ton étoile brille en ce cosmos d&rsquo;opaline                                                                                                                    </p>
<p>Mais  hors de portée de mon âme orpheline…</p>
<p>Un peut d’autodérision…</p>
<p>&laquo;&nbsp;Suppliques aux Editeurs&nbsp;&raquo;</p>
<p>(et à mon lecteur&#8230;?)</p>
<p>Monsieur l&rsquo;éditeur,</p>
<p>Et puis vous, Lady Trice,</p>
<p>Recevez de mes heurts</p>
<p>Mes modestes matrices.</p>
<p>N&rsquo;ayez aucune gêne,</p>
<p>Non plus d&rsquo;ingratitude,</p>
<p>Si vous y trouver gène</p>
<p>Prometteur d&rsquo;aptitude</p>
<p>A le faire savoir.</p>
<p>Et si l&rsquo;entéléchie</p>
<p>Effleurait mon grimoire,</p>
<p>Que j&rsquo;en sois affranchi</p>
<p>Ne vous cause tracas.</p>
<p>Que mes épithalames,</p>
<p>Non plus, ne vous inquiètent</p>
<p>Ni vous tourmentent l&rsquo;âme,</p>
<p>Sils me sacrent poète.</p>
<p>A côtoyer l&rsquo;ascèse</p>
<p>Pour frôler le talent</p>
<p>N&rsquo;est pas faire florès</p>
<p>Mais tamiser son rang.</p>
<p>Mais pour vous apaiser,</p>
<p>Ces vers vernaculaires</p>
<p>D&rsquo;éthers mal aisés</p>
<p>De lourdes atmosphères,</p>
<p>Dont chaque rime se cueille</p>
<p>Aux branches de mon être,</p>
<p>Ces vers donc, un écueil</p>
<p>Pourront vous apparaître;</p>
<p>Pourtant, quoiqu&rsquo;il en soit,</p>
<p>Ma poésie éclisse</p>
<p>Les rails de mes émois,</p>
<p>Evitant qu&rsquo;ils n&rsquo;en glissent;</p>
<p>Et à Villon, Ronsard,</p>
<p>Et même au Fabuliste,</p>
<p>N&rsquo;osez monter mon art.</p>
<p>Ajoutez sur la liste:</p>
<p>Vigny et Lamartine,</p>
<p>Et Musset et Hugo.</p>
<p>Que, de mon spleen,</p>
<p>Ne leur tonne l&rsquo;écho!</p>
<p>Monsieur Baudelaire,</p>
<p>Non plus Rimbaud, Verlaine,</p>
<p>Claudel, Appolinaire</p>
<p>Ne doivent de mes thrènes</p>
<p>Voir l&rsquo;ombre de leurs ailes.</p>
<p>Et dites à Brassens</p>
<p>Et à monsieur Brel,</p>
<p>Que du spleen qui m&rsquo;évince</p>
<p>Mes vers en sont la marquise</p>
<p>Et non pas fantaisie.</p>
<p>Je ne suis qu&rsquo;orpailleur</p>
<p>Ô! de leur poésie,</p>
<p>Et donc qu&rsquo;un rimailleur;</p>
<p>Sans cesse tamisé</p>
<p>Tout mon être palpite:</p>
<p>Si de leur empyrée</p>
<p>Je croquais la pépite!</p>
<p>A moins que tous ces maîtres</p>
<p>Des embruns du génie</p>
<p>Souhaitent s&rsquo;en soustraire,</p>
<p>Et  quitter l&rsquo;inertie</p>
<p>Des silves et églogues;</p>
<p>Alors, je m&rsquo;autorise,</p>
<p>Aux fins que tous s&rsquo;en moquent,</p>
<p>Que ma rimaille ils visent.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Apo&#8230;Strophée&nbsp;&raquo;</p>
<p>Je voudrais passer à &laquo;&nbsp;Apostrophes&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pour pouvoir y réciter mes strophes</p>
<p>Et, que me dise, Bernard Pivot,</p>
<p>Si je suis un génie ou un sot.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est pas une catastrophe</p>
<p>Si je ne vais pas à &laquo;&nbsp;Apostrophe&nbsp;&raquo;;</p>
<p>Car, même sans l&rsquo;avis de Pivot,</p>
<p>Génie&#8230;sot&#8230;je suis ce que je vaux.</p>
<p>Je voudrais passer à &laquo;&nbsp;Ex-libris&nbsp;&raquo;</p>
<p>Afin d&rsquo;y réciter tous mes vices,</p>
<p>Et que me dise, Poivre d&rsquo;Arvor,</p>
<p>De mes vers, les raisons et les tors.</p>
<p>Que l&rsquo;indifférence me remplisse</p>
<p>Si nul ne me voit à &laquo;&nbsp;Ex-libris&nbsp;&raquo;;</p>
<p>Puisqu&rsquo;avec ou sans Poivre d&rsquo;Arvor</p>
<p>Ma poésie restera mon corps.</p>
<p>De même, de la postérité,</p>
<p>Je souhaiterais, en vérité,</p>
<p>Par le bon vouloir de &laquo;&nbsp;Lady-Trice&nbsp;&raquo;,</p>
<p>Que mes vers en goûtent les délices.</p>
<p>Mon corps ne sera point agité</p>
<p>S&rsquo;il ne trouve la postérité,</p>
<p>Car les pieds de mon écriture</p>
<p>N&rsquo;ont que faire de cette pointure.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Odile</title>
		<link>https://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2011/10/17/cabiac-poste-de-vigie-de-jofroi/#comment-1056</link>
		<dc:creator>Odile</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Mar 2012 14:19:28 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://nosenchanteurs.wordpress.com/?p=5810#comment-1056</guid>
		<description><![CDATA[C&#039;est une petite merveille cet album là.
J&#039;avais oublié de laisser un commentaire, alors que je l&#039;avais commandé après avoir écouté &lt;em&gt;&quot;Cabiac sur terre&quot;&lt;/em&gt;
Je ne m&#039;en lasse pas , une voix superbe et de très beaux textes mis en musique divinement !
Merci Michel pour le faire part !]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est une petite merveille cet album là.<br />
J&rsquo;avais oublié de laisser un commentaire, alors que je l&rsquo;avais commandé après avoir écouté <em>&laquo;&nbsp;Cabiac sur terre&nbsp;&raquo;</em><br />
Je ne m&rsquo;en lasse pas , une voix superbe et de très beaux textes mis en musique divinement !<br />
Merci Michel pour le faire part !</p>
]]></content:encoded>
	</item>
</channel>
</rss>
