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	<title>Commentaires sur : Isabelle Dhordain, 1959-2021</title>
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	<description>le Quotidien de la chanson d&#039;expression française</description>
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		<title>Par : NosEnchanteurs</title>
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		<dc:creator>NosEnchanteurs</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Feb 2021 07:55:59 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Lu sur Instagram cet hommage de Vincent Delerm :

&quot;Je me souviens que j’étais en avance le premier matin de mon stage avec Isabelle Dhordain.
Je me souviens que je me suis assis sur ce banc en face de la Maison de la Radio et que j’ai pensé que ma vie allait changer.
Je me souviens que dans les couloirs de France Inter il y avait des portraits de tous les animateurs et que sur le sien Isabelle avait les cheveux longs.
Je me souviens qu’en arrivant à son bureau elle avait les cheveux courts.
Je me souviens qu’Isabelle fumait dans son bureau.
Je me souviens qu’Isabelle écoutait tous les disques qu’elle recevait, y compris les autoproductions.
Je me souviens que si elle recevait un invité important, elle invitait en même temps quelqu’un d’inconnu en espérant que quelque chose se passe entre eux.
Je me souviens que c’est arrivé souvent.
Je me souviens qu’Isabelle me demandait parfois à propos d’un album « T’en penses quoi toi ? », et que si j’aimais elle faisait une grimace de désaccord. Puis qu’elle programmait l’artiste.
Je me souviens qu’on ne se ressemblait pas avec Isabelle mais qu’on se comprenait bien.
Je me souviens que certains invités lui disaient « on a fait l’émission de Jean-Louis Foulquier la semaine dernière » et que c’était vraiment une très mauvaise idée de lui dire ça.
Je me souviens qu’Isabelle disait des choses sur les chanteurs en les appelant par leurs prénoms et que je trouvais ça incroyable d’appeler Véronique Sanson « Véronique ».
Je me souviens qu’Isabelle disait des choses comme «il faut qu’il fasse attention, il passe plus les portes lui » et que j’ai essayé de m’en souvenir par la suite.
Je me souviens de l’émission spéciale William Sheller, que c’était fou d’assister à ces répétitions avec le grand orchestre, que j’y repense chaque fois que j’écoute « Moondown » et que c’est la chanson que j’écoute en boucle en écrivant ces mots ce soir.
Je me souviens que je m’étais promis de ne pas dire à Isabelle que je faisais des chansons.
Je me souviens du jour où tout a basculé, François Morel m’avait fait passer dans la grande émission du matin d’Inter, et l’après-midi en revenant au bureau, Isabelle m’a dit « j’ai écouté à midi, tu peux te retourner » : mon nom était écrit sur le tableau de programmation de la semaine suivante.
Je me souviens qu’une autre vie a  commencé alors.
Je me souviens de ma hantise de décevoir Isabelle, comme artiste et comme personne.
Je me souviens de la table d’interview du Pont des Artistes, des bonnettes de micro, de ce moment où on pouvait enfin boire un peu d’eau pendant qu’un autre invité chantait.
Je me souviens des questions trop longues d’Isabelle et du fait qu’on avait le temps de réfléchir à deux ou trois réponses différentes au cours de la question.
Je me souviens qu’Isabelle connaissait vraiment la chanson, la musique et les musiciens, qu’elle savait qui jouait avec qui et que j’ai réalisé par la suite à quel point c’était rare.
Je me souviens que la chanson préférée d’Isabelle est « Un jour tu verras », je me souviens l’avoir chantée un soir au moment où elle allait faire ses adieux à la radio, et que nous savions tous les deux ce que ça représentait.
Je me souviens du rire de fumeuse d’Isabelle, et de sa manière d’ajouter « qu’est-ce que t’es con ! ». 
Je me souviens de sa question « Comment va Virginie ? »
Je me souviens du commentaire d’Isabelle quand j’ai fait un post en décembre 2018 sur la destruction du studio 105.
Je me souviens avoir pris en photo l’automne dernier le banc sur lequel je m’étais assis le premier matin de mon stage au Pont des Artistes.
Je me souviens que la vie ayant plus d’imagination que nous, le jour où elle est partie, j’ai posté le matin-même un autre banc cadré exactement de la même façon.
Je me souviens que je pleure ce soir, que je remercie Isabelle d’avoir été à ce point différente des autres.
Je me souviens que j&#039;aime Isabelle.&quot;]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Lu sur Instagram cet hommage de Vincent Delerm :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je me souviens que j’étais en avance le premier matin de mon stage avec Isabelle Dhordain.<br />
Je me souviens que je me suis assis sur ce banc en face de la Maison de la Radio et que j’ai pensé que ma vie allait changer.<br />
Je me souviens que dans les couloirs de France Inter il y avait des portraits de tous les animateurs et que sur le sien Isabelle avait les cheveux longs.<br />
Je me souviens qu’en arrivant à son bureau elle avait les cheveux courts.<br />
Je me souviens qu’Isabelle fumait dans son bureau.<br />
Je me souviens qu’Isabelle écoutait tous les disques qu’elle recevait, y compris les autoproductions.<br />
Je me souviens que si elle recevait un invité important, elle invitait en même temps quelqu’un d’inconnu en espérant que quelque chose se passe entre eux.<br />
Je me souviens que c’est arrivé souvent.<br />
Je me souviens qu’Isabelle me demandait parfois à propos d’un album « T’en penses quoi toi ? », et que si j’aimais elle faisait une grimace de désaccord. Puis qu’elle programmait l’artiste.<br />
Je me souviens qu’on ne se ressemblait pas avec Isabelle mais qu’on se comprenait bien.<br />
Je me souviens que certains invités lui disaient « on a fait l’émission de Jean-Louis Foulquier la semaine dernière » et que c’était vraiment une très mauvaise idée de lui dire ça.<br />
Je me souviens qu’Isabelle disait des choses sur les chanteurs en les appelant par leurs prénoms et que je trouvais ça incroyable d’appeler Véronique Sanson « Véronique ».<br />
Je me souviens qu’Isabelle disait des choses comme «il faut qu’il fasse attention, il passe plus les portes lui » et que j’ai essayé de m’en souvenir par la suite.<br />
Je me souviens de l’émission spéciale William Sheller, que c’était fou d’assister à ces répétitions avec le grand orchestre, que j’y repense chaque fois que j’écoute « Moondown » et que c’est la chanson que j’écoute en boucle en écrivant ces mots ce soir.<br />
Je me souviens que je m’étais promis de ne pas dire à Isabelle que je faisais des chansons.<br />
Je me souviens du jour où tout a basculé, François Morel m’avait fait passer dans la grande émission du matin d’Inter, et l’après-midi en revenant au bureau, Isabelle m’a dit « j’ai écouté à midi, tu peux te retourner » : mon nom était écrit sur le tableau de programmation de la semaine suivante.<br />
Je me souviens qu’une autre vie a  commencé alors.<br />
Je me souviens de ma hantise de décevoir Isabelle, comme artiste et comme personne.<br />
Je me souviens de la table d’interview du Pont des Artistes, des bonnettes de micro, de ce moment où on pouvait enfin boire un peu d’eau pendant qu’un autre invité chantait.<br />
Je me souviens des questions trop longues d’Isabelle et du fait qu’on avait le temps de réfléchir à deux ou trois réponses différentes au cours de la question.<br />
Je me souviens qu’Isabelle connaissait vraiment la chanson, la musique et les musiciens, qu’elle savait qui jouait avec qui et que j’ai réalisé par la suite à quel point c’était rare.<br />
Je me souviens que la chanson préférée d’Isabelle est « Un jour tu verras », je me souviens l’avoir chantée un soir au moment où elle allait faire ses adieux à la radio, et que nous savions tous les deux ce que ça représentait.<br />
Je me souviens du rire de fumeuse d’Isabelle, et de sa manière d’ajouter « qu’est-ce que t’es con ! ».<br />
Je me souviens de sa question « Comment va Virginie ? »<br />
Je me souviens du commentaire d’Isabelle quand j’ai fait un post en décembre 2018 sur la destruction du studio 105.<br />
Je me souviens avoir pris en photo l’automne dernier le banc sur lequel je m’étais assis le premier matin de mon stage au Pont des Artistes.<br />
Je me souviens que la vie ayant plus d’imagination que nous, le jour où elle est partie, j’ai posté le matin-même un autre banc cadré exactement de la même façon.<br />
Je me souviens que je pleure ce soir, que je remercie Isabelle d’avoir été à ce point différente des autres.<br />
Je me souviens que j&rsquo;aime Isabelle.&nbsp;&raquo;</p>
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