Stavelot 2026. Saule, le grand chanteur
Jean Lemaire, maître d’oeuvre de ce festival, salué par le public. A ses côtés, Saule.
10 octobre 2026, « 1chanson peut en cacher une autre », Abbaye de Stavelot,
C’est avec un petit pincement au cœur que nous pénétrons dans les caves de l’Abbaye de Stavelot, refuge ardennais pour les amateurs de chanson française. Pour la vingt-cinquième année s’y déroule le festival 1chanson peut en cacher une autre. Il y a tout lieu hélas de redouter que cette édition-anniversaire ne soit aussi la dernière. Les contraintes budgétaires (entendez par là « diminution drastique des subsides ») ont déjà obligé les organisateurs à réduire la voilure, se limitant à un seul week-end au lieu des deux habituels et aucune assurance n’a été donnée sur la reconduction de cette subvention. Une vingt-sixième édition pourra-t-elle voir le jour dans ces conditions ? On craint évidemment le pire.
Saisissons toutefois l’occasion pour saluer Jean Lemaire, maître d’œuvre de ce festival. Il en a été le dirigeant éclairé durant toutes ces années, ayant réussi l’exploit de faire chanter entre les murs épais du bâtiment monacal une multitude d’artistes, débutants comme confirmés. La liste est si longue qu’il serait plus facile de recenser les rares pratiquants de la chanson de paroles qui ne sont pas passés par Stavelot ! Chapeau bas. Mais quel que soit l’avenir de son festival, notre bien-aimé directeur a décidé de se retirer du jeu, à un âge il est vrai qui justifie amplement un repos plus que mérité. Qu’il soit ici encore mille fois remercié pour cet incroyable travail accompli.
Revenons à présent à nos moutons musicaux.
Muriel d’Ailleurs
En première partie de soirée, voici Muriel d’Ailleurs. Entourée de ses trois comparses, elle vient nous présenter son premier album fraîchement sorti, intitulé Chic et pas cher. Des chansons à tendance jazzy, effleurant la musique klezmer ou s’évadant vers les rivages du scat. Ça swingue gentiment et le chant de l’artiste impressionne par sa variété et sa puissance. Un concert idéal pour voyager vers un ailleurs lointain : le patronyme de l’artiste est assurément bien choisi.
La vedette de la soirée a davantage de bouteille. Très populaire en Belgique, trop méconnu en France, Saule nous émerveille depuis son premier album, Vous êtes ici, paru en 2006. Vingt ans déjà et un beau parcours artistique, qui l’a vu arpenter toutes les scène de Belgique et d’ailleurs, multiplier les expériences (cinéma, chanson jeune public, groupe de rock…), connaître un énorme succès en 2012 avec Dusty Men, en duo avec Charlie Winston… Pour l’heure, c’est son nouveau disque paru en début d’année, sobrement nommé La source, qu’il s’en vient défendre, solidement secondé par trois musiciens – guitare, batterie et violon/clavier – qui connaissent leur affaire.
Saule
L’artiste nous surprend d’emblée, en débutant sa prestation du fond de la salle, armé de sa guitare. Danser au beau milieu des ombres, nous chante-t-il tout en douceur. De la délicatesse, nous en aurons une bonne dose tout au long de la soirée, tant la tendresse et l’amour peuplent le répertoire de notre bon géant : Si, Marta danse, La source… Ce serait cependant mal connaître le zig que de croire qu’on puisse passer une soirée tranquille en sa compagnie. A coup de reggae (On attendait), de blues cradoque (Le blues de la nuit blanche), de country basculant dans la gigue celtique (L’homme sans son chien) et de rock incisif (Fallait que ça sorte), Saule confirme sa réputation non usurpée de bête de scène et réussit au final l’exploit suprême : faire lever le public de Stavelot !
La folie était donc de mise et on aurait pu croire l’apothéose atteinte avec son redoutable Dusty Men, chanté avec son guitariste Jug. Il restait cependant une cerise pour décorer le gâteau : descendus de la scène, sans aucune sonorisation et a capella, les quatre hommes nous ont offert au milieu du public un Chanteur bio, suivi d’un Nanana si rafraîchissant en ces temps moroses (C’est une chanson pour / Me rappeler les beaux jours / Une simple petite mélodie / Pour effacer les jours de pluie). La soirée pouvait alors s’achever en émotion avec Maman seule. « Un bisou pour la fin », nous a dit le chanteur.
Cela fait deux décennies que Saule est un maître-choix de la scène belge. Notre presque quinqua en a pourtant toujours tellement sous la pédale que l’on sait déjà avec qui nous nous éclaterons dans les vingt prochaines années (au moins). Il y a encore des trucs rassurants sur la terre…
La page Muriel d’Ailleurs sur le site Court-Circuit Band, c’est ici ; le site de Saule, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.
Muriel d’Ailleurs « Partir » : 



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