Calogero « X »
Moi, on m’a dit
« Tu n’feras rien de tes dix doigts »
Au barème de ces professeurs-là
J’ai cherché ma valeur et ma voie
J’ai cherché toute mon enfance, je crois
L’encre a tant saigné sur mes cahiers
Rouge comme des zéros pointés
Elle m’a laissé bien des cicatrices
Mais jamais, jamais, de dix sur dix
Calogero
Paroles Bruno Guglielmi, Musique Calogero et Gioacchino Maurici. Extrait de l’album éponyme, 2024
Dans cette chanson qui parle à tous ceux considérés comme cancres à l’école et qui pourtant sont parvenus à quelque chose dans la vie, Bruno Guglielmi reprend une thématique voisine de Leny Escudero et sa chanson Le cancre. Avec un petit clin d’œil à Diego Maradona qui portait sur son maillot le numéro 10. Ce 10 /10 que Calogero aurait espéré en vain, comme le traduit si bien cette strophe superbe : « Combien nous faut-il d’espoirs perdus / Pour que dix nous reviennent magnifiques / Pour que les notes ne nous jugent plus / Moi je rêvais de notes qui ne soient que des notes de musique ».
On peut relire l’article de Robert Migliorini écrit à l’époque pour NosEnchanteurs.
Mais la motivation, ou la main tendue par un professeur qui a décelé les qualités propres d’un élève, peuvent suppléer à une éducation trop uniforme où tous doivent se couler dans un même moule, et c’est particulièrement le cas des artistes, chanteurs, danseurs, peintres ou même écrivains (sans parler de scientifiques comme Einstein, dont l’esprit indépendant le faisait considérer comme inadapté à un parcours scolaire !).
En cette période de contestation, où même les besoins essentiels, physiques, de l’éducation scolaire ne sont plus satisfaits, faut-il remonter à Montaigne pour conseiller un enseignement qui conduit à « plutôt la tête bien faite que bien pleine » ?
Calogero sort le 27 novembre un album d’enregistrements Live à Paris, « Un soir dans les théâtres ». Souhaitons que nous puissions encore écouter les artistes dans des théâtres ou des salles dont on ne supprime pas tous les moyens, et qu’on n’éteint pas avec des couvre-feux mortifères. Dans une période d’interrogation où tout doit être repensé, c’est la culture qui est essentielle.

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