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Avec le temps 2017. Radio Elvis, chanter dans ce silence bleu

Radio Elvis (photo David Desrumeaux)

Radio Elvis (photo David Desrumeaux)

10 mars 2017, Espace Julien à Marseille,

 

Troisième plateau et dernier des cinq concerts de la journée. Jeune trio mené par le poitevin Pierre Guénard, au physique à la fois sage et fringant, chanteur venu du slam, auteur, compositeur, guitariste et musicien, accompagné du percutant et intense Colin Russeil à la batterie et au clavier et de Manu Ralambo à la basse, ses co-compositeurs. Nous l’avions repéré lorsqu’il avait gagné le Pic d’or en 2014 et participé au radio-crochet de France Inter.

(photo Catherine Laugier)

(photo Catherine Laugier)

A 29 ans, ce jeune homme ambitieux à l’apparence timide en paraît beaucoup moins. Depuis 2014, c’est un parcours sans faute : en 2015 prix du Jury iNOUïS 2015 du Printemps de Bourges et coup de cœur de l’Académie Charles-Cros, en 2016 album révélation de l’année du prix des Indés, en 2017 album révélation de l’année aux Victoires de la Musique.

Le trio s’inscrit dans la lignée de ces jeunes groupes de rock alternatif qui n’hésitent pas à chanter ou dire des textes poétiques sur leur musique, décrivant leur quête du monde, tels Fauve ou Feu ! Chatterton. Ils ont la fougue de la jeunesse, cette sagesse un peu idéalisée tirée de leurs lectures, l’art de créer une atmosphère immédiatement reconnaissable entre leur ambiance musicale et la voix vibrante du chanteur.

ALBUM "LES CONQUÊTES" (réédition DeLuxe), À LA RECHERCHE DE CONTINENTS PERDUS Cet album de dix-huit titres constitue une sorte d’intégrale des précédentes éditions, l’EP d’enregistrements en public au [PIAS]nites de 2015, avec 4 titres dont l’emblématique La traversée ou Au loin les pyramides, l’EP Les moissons de 2015 avec également Elle partira comme elle est venue, puis les 11 titres du LP Les conquêtes de 2016 et 3 remix. Inspiré par Dominique A ou Bashung pour la poésie des textes, par ses lectures voyageuses de Saint-Exupéry à Jack London, l’auteur nous entraîne de sa voix enjôleuse dans des aventures épiques, proches des récits de la mythologie. De déserts en fleuves, de ruines en pyramides et de routes en océans, nous survolons des continents plus rêvés qu’explorés, où curieusement paraissent peu de personnages individualisés, lui-même restant abstrait, absent, et les femmes, rares, mythiques plus qu’êtres de chair. Peut-être sirènes « La voilure garderait / La trace et la morsure / Des femmes / Qui nous accompagnaient / Le long de la traversée »,  mystérieuse Ophélie [partie] comme elle est venue « Elle portera en elle, le seul désir de fondre / Et de suivre l’eau et son écoulement », femme imaginaire « Ce n'est pas assez / D'imaginer ses lèvres / Coincées entre mes dents / Mais puisque ici rêver, rêver c'est rouler / C'est tous les jours m'enfuir » Le rock y est tour à tour mélodique et rythmé, entre acoustique et nappes de sons électroniques, vous enveloppe d’une atmosphère prenante, de Bleu nuit / Synesthésie « Kaspar au huis clos de tes nuits sans sommeil », de la mélopée sauvage de Passé, le fleuve jusqu’au dernier morceau, envoûtante épopée musicale de près de quatorze minutes, Au large du brésil/ Le continent qui nous entraîne au nirvana des marins « Mettre un pied à terre / Et comme une île / Se laisser submerger ».

ALBUM « LES CONQUÊTES » (réédition de luxe),
À LA RECHERCHE DE CONTINENTS PERDUS
Cet album de dix-huit titres constitue une sorte d’intégrale des précédentes éditions, l’EP d’enregistrements en public au [PIAS]nites de 2015, avec quatre titres dont l’emblématique La traversée ou Au loin les pyramides, l’EP Les moissons de 2015 avec également Elle partira comme elle est venue, puis les onze titres du LP Les conquêtes de 2016 et trois remix.
Inspiré par Dominique A ou Bashung pour la poésie des textes, par ses lectures voyageuses de Saint-Exupéry à Jack London, l’auteur nous entraîne de sa voix enjôleuse dans des aventures épiques, proches des récits de la mythologie. De déserts en fleuves, de ruines en pyramides et de routes en océans, nous survolons des continents plus rêvés qu’explorés, où curieusement paraissent peu de personnages individualisés, lui-même restant abstrait, absent, et les femmes, rares, mythiques plus qu’êtres de chair.
Peut-être sirènes « La voilure garderait / La trace et la morsure / Des femmes / Qui nous accompagnaient / Le long de la traversée », mystérieuse Ophélie [partie] comme elle est venue « Elle portera en elle, le seul désir de fondre / Et de suivre l’eau et son écoulement », femme imaginaire « Ce n’est pas assez / D’imaginer ses lèvres / Coincées entre mes dents / Mais puisque ici rêver, rêver c’est rouler / C’est tous les jours m’enfuir ».
Le rock y est tour à tour mélodique et rythmé, entre acoustique et nappes de sons électroniques, vous enveloppe d’une atmosphère prenante, de Bleu nuit / Synesthésie « Kaspar au huis clos de tes nuits sans sommeil », de la mélopée sauvage de Passé, le fleuve jusqu’au dernier morceau, envoûtante épopée musicale de près de quatorze minutes, Au large du brésil/ Le continent qui nous entraîne au nirvana des marins « Mettre un pied à terre / Et comme une île / Se laisser submerger ».

« C’est le jour des noces je reviens par les ruines / La mer a laissé en partant  / La carcasse d’un léviathan / Il n’y a plus qu’à vieillir ». Ils se présentent sous les projecteurs bleus, jaunes et violets : « Nous sommes Radio Elvis »  et annoncent, déjà, « que quelque chose existe », leitmotiv d’une chanson interprétée plus tard, Solarium. Mais c’est avec La route, chantée déjà en 2014 que s’affirme ce style musical propre, cette façon particulière de rouler les paroles, en syllabes bien distinctes sur 3 tons répétés, soulignés à la batterie de 5 coups vigoureux  sur le tom, avec les  variations au clavier, et les hurlements de la guitare et de la basse. « Un à un un, les mirages s’éteignaient / Ne laissant sur la terre que la soif  et / À mesure que la vie s’éloignait ma voix / Perdait de sa / Force ! », ah cette petite coupure avant d’accentuer « Force ! »

Pierre Guénard, très en mouvement sur scène,  a l’art d’utiliser sa belle voix frémissante, en la modulant, la ralentissant, l’accentuant pour renforcer les paroles, de chanter a capella « D’un pas léger devenir géant / Passé le fleuve gardera nos pas » avant de laisser repartir les guitares. C’est tout ce qui fait l’intensité dramatique de son jeu. Les mots reviennent en injonctions répétées  « La force est à ceux qui restent maîtres d’eux. »  A la ballade fiévreuse « Juste avant la ruée, ils lèvent les yeux au ciel / Les baissent sitôt levés tant le ciel est lourd » répondent les mélodiques Au loin les pyramides ou, parmi les premiers succès, La traversée ou  Demande à la poussière. Goliath  « Voyez-les s’élancer / À corps perdus dans des / Saisons trempées d’errance !! » sonne très Bashung. Hommage lui sera d’ailleurs rendu avec la reprise d’Osez Joséphine illuminée par des projections de motifs circulaires, fleurs, triangles, hélices tournantes de lumière blanche. Le solo de guitares avant le « Rien ne s’oppose à la nuit », très rock, récolte les suffrages du public. Il ne manquera ni Les moissons et leurs « Ola Ola Ola / Tout doux tout doux » sur fond de notes de claviers tourbillonnants ni le Caravansérail  « Laissons la mesure de ce que nous sommes ».

 

Le site de Radio Elvis, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là. Actuellement en tournée en France.

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