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David Bowie « I’m afraid of Americans »

BOWIE David 1997 Earthling… Johnny’s in America
Johnny wants a brain, Johnny wants to suck on a coke
Johnny wants a woman, Johnny wants to think of a joke
Johnny’s in America 
I’m afraid of Americans
I’m afraid of the world
I’m afraid I can’t help it
I’m afraid I can’t
I’m afraid of Americans
I’m afraid of the world
I’m afraid I can’t help it
I’m afraid I can’t
I’m afraid of Americans
Johnny’s in America, Johnny looks up at the stars
Johnny combs his hair and Johnny wants pussy in cars…

David Bowie (8 janvier 1947- 10 janvier 2016)

Paroles David Bowie, Musique David Bowie et Brian Eno. Extrait de l’album « Earthling »  1997

Vingt-et-unième album studio de Bowie, après Outside 1 (1995) en style rock industriel-techno, sorti en février 1997, où dominent les thèmes de l’aliénation et l’aspiration à une plus grande spiritualité. Cinq des neufs chansons de l’album sortent ensuite en single, celle-ci, la dernière, en octobre, avec un clip assez effrayant – annonciateur de ceux des derniers albums de Bowie – où apparaît le producteur Trent Reznor. Il y clame sa peur de l’esprit de jouissance américain individualiste où seuls compte la satisfaction des désirs matériels, le fric et le pouvoir, et son effroi de ne pas pouvoir maîtriser cette influence. (1)
Johnny, archétype de l’américain, fait-il allusion au film dystopique de Robert Longo, Johnny Mnemonic, 1995 (d’après une nouvelle de 1981) dont l’action se situe en 2021, un monde soumis à un internet virtuel dominé par les multinationales, les filières du crime organisé, et les prédicateurs de rue, dont notre monde actuel se rapproche de plus en plus, voire le dépasse. Rien n’y manque, pas même le complot des laboratoires pharmaceutiques utilisant des mafias, ici les yakuzas, pour soustraire au public un médicament capable de soigner une maladie mortelle. Johnny est équipé d’un implant cérébral qui efface ses souvenirs d’enfance aux profit de données surchargées, et auquel semble bien faire référence le mystérieux « Johnny wants a brain » de la chanson. Le film a cependant une happy end, des contestataires réussissant à détruire la Compagnie pharmaceutique, le prédicateur de rue, et à décrypter le cerveau de Johnny. Aurons-nous cette chance ?
Les autres allusions de la chanson sont plus claires, la drogue de coke, qui rime avec joke (blague, plaisanterie), le culte de la domination de l’univers, à moins que ce ne soit le culte de la célébrité (looks up at the stars, contemple, recherche ou admire les étoiles… ou les stars…) et celui des apparences (combs his hair, peigne ses cheveux), et évidemment le désir d’une femme (woman) voire plus vulgairement de la pouffe dans la bagnole (pussy in cars). 
Are you afraid of Americans ?

Le 8 janvier 2016 je souhaitais l’anniversaire de Bowie avec Lazarus, ne comprenant pas encore qu’il répétait sa mort, « Look up here, I’m in heaven », en même temps que la sortie de l’album de Blackstar, le 11 je partageais la chanson-titre, cérémonie mortuaire mise en scène pour sa propre mort, le 10 « On the day of execution, on the day of execution / Only women kneel and smile »… Si certains savaient sans doute, Bowie entretenait le mystère  autour de sa santé, depuis cet accident cardiaque qui interrompit sa tournée en 2004. Après quelques apparitions sur scène, il publie The next day en 2013, et donc ce dernier album de son vivant, Blackstar, le 8 janvier 2016, comme un testament.

BOWIE David 2025 I'cant give everything away 2002-2016 500x500Plusieurs compilations de ses albums reprennent son répertoire, avec raretés et inédits, commençant par Five years (1969-1973) en 2015, puis à titre posthume Who can I be (1974-1976) et les périodes suivantes, jusqu’à l’apothéose de I Can’t Give Everything Away (2002-2016), en septembre 2025, 13 CD ou 18 vinyles, où figurent plusieurs versions live de cette chanson, notamment au Festival de Jazz de Montreux en 2002, au cœur de la dernière grande tournée complète de Bowie. La vidéo ci-jointe est prise lors de son passage à Paris, avec entre autres musiciens la bassiste Gail Ann Dorsey. 

Pour les dix ans de la disparition de Bowie, France Inter lui a rendu hommage avec une Spéciale Les vies de David Bowie cette semaine dans Very Good trip de Michka Assayas de quatre épisodes de lundi à jeudi (il est aussi l’auteur d’un livre, Very good Bowie trip, sorti en 2023). Arte TV publie deux documentaires, David Bowie, dernier acte, et Heroes never die, (reprises), visibles sur le site, et à la télévision les 16 et 17 janvier 2026, et France TV, le documentaire de la BBC de 2019, Naissance d’une légende. Paris Match sélectionne dix de ses meilleurs albums, et l’on peut se référer aux bonnes librairies pour choisir des livres qui l’évoquent, dont des nouveautés, par exemple à la Librairie des Volcans à Clermont-Ferrand. 

 (1) Deux artistes belges ont adapté la chanson en français, Jérôme Mardaga, alias Jeronimo, et BJ Scott.

 

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