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Melissmell, au nom de la révolution

 

Melissmell (photo non créditée tirée de son facebook)

Melissmell (photo non créditée tirée de sa page facebook)

Majoritairement écrite par des hommes, l’Histoire ne fait que peu de place à ses héroïnes, femmes révolutionnaires ou non. Il n’y a finalement pas si longtemps qu’on rend hommage à Olympe de Gouges : quelques rues, médiathèques, collèges et lycées portent ainsi son nom. La littérature comme le théâtre en ont fait un personnage. La chanson, elle, l’a peu évoquée : on se rappelle toutefois le spectacle à deux voix qu’avait créé Nicole Rieu en 2013, d’après son propre disque Femmes. C’est de cette révolutionnaire guillotinée sous la terreur que Melissmell a fait la chanson-titre de son nouvel et cinquième album, Olympe, qui ainsi se termine : « On a bien su faire taire la voix des Dieux / Et coupé la tête des rois / Restez messieurs bien éduqués / Olympe de Gouges vous en saurait gré ».

Olympe sied bien à cette insurgée permanente, cette insoumise qu’est Melissmell, celle dont le Aux armes d’il y a une quinzaine d’années résonne encore en nous de sa voix éraillée, écorchée à force de chanter, de vociférer. « J’ai usé mes prières / À y laisser ma voix / À en perdre mes nerfs / Pour qu’une douce lumière / Vienne raviver mon âme ». Encore un disque que les réacs n’aimeront pas, féministe il va de soi, et plus encore engagé : « Je peux servir la cause / Avec mon stylo / Oh ma voix je sais en impose / J’ai le verbe haut / Et il va sans dire / Que j’ai sur le cœur / Encore bien des hymnes à écrire / Encore bien des doigts d’honneur ».

Écouter Melissmell ne dispense pas de monter sur les barricades à venir : ça doit au contraire nous y encourager, nous donner plus encore de baume au cœur et au corps. Oui, c’est ça : si la mélisse est traditionnellement utilisée pour ses propriétés apaisantes sur le système nerveux, Melissmell, elle, est écoutée pour son effet galvanisant sur le flanc gauche de ce même système et, j’espère, fédérateur : « Ici y a pas de trêve / Et Nous bomberons le torse / Tant qu’il y aura d’la sève / Sous notre épaisse écorce ».

OlympeAu rythme effréné où le monde va et se désagrège dans la haine et le repli sur soi, il est fort à parier qu’il nous faudra bientôt prendre nos destins en mains et chanter nous-mêmes. Melissmell sera un peu comme cette liberté guidant le peuple, une de nos muses, une inspiratrice. Dans cette courte attente, goûtons sans retenue à ce très bel album où notre ardéchoise donne le meilleur d’elle-même. « La meilleur défense c’est l’attaque » scande-t-elle ; ce nouvel opus est belle offensive.

Entendu que tout n’est pas que révoltes ici, que poings levés : la tendresse y fait aussi son nid. Au bord de l’Eyrieux, La Baie des fumées, Libre… : que des paysages, sereins, pour mieux se ressourcer, s’y reposer. Que je sache, la nature, l’écologie sont aussi écoles de la révolution.

Ce disque ne risque pas de trouver le chemin des médias. Qu’importe, il convient de faire savoir son existence, son importance. Et sa beauté. Que Melissmell rehausse de son autre art, celui de graphiste. En lieu et place des textes de ses chansons sur le livret, c’est à chaque fois une peinture ou un dessin. Pas de textes donc, qu’importe, pour les lire on ira sur son site.

Les chansons de Melissmell sont un cri qui vient de l’intérieur. Son œuvre et ce disque sont un creuset militant dans lequel il convient de se rassasier, de s’y baigner.

 

Le site de Melissmell, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

 

« Olympe » : Image de prévisualisation YouTube

« Au nom de la révolution » : Image de prévisualisation YouTube

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