Karin Clercq « Nature »
La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.
Karin Clercq
Paroles Anna de Noailles, Musique Karin Clercq. Extrait de l’album « De l’O dans l’A », paru le 21 août 2025.
Rimbaud, Aragon, Baudelaire, Apollinaire, Hugo… des noms dont on a l’habitude de voir les mots mis en chanson. C’est donc avec curiosité que l’on découvre ici une autre plume, pourtant très célèbre du début du XXème siècle : Anna de Noailles, née Anna de Brancovan et devenue comtesse de Noailles. Amie de Proust et amante de beaucoup (Maurice Barrès, Léon Daudet, Maurice Chevalier), Anna de Noailles publie en 1901 son premier recueil, Le cœur innombrable, dont est issu le poème (« L’offrande à la Nature ») mis ici en musique et en voix par la Belge Karin Clercq.
Sobre, serti dans des notes mineures au piano, chuchoté, le poème prend sous l’interprétation de la chanteuse une tournure presque inquiétante, qui semble comme rappeler la peur de la mort qu’éprouvait la poète, davantage que la sensualité du dehors qu’elle conte dans maints de ses vers.
En ouverture, des bruits d’eau : quel mystère…
Nature vient clore l’album de Karin Clercq où l’on trouvera d’autres poètes, plus confidentielles : Renée Vivien, Andrée Chedid, entre autres. On relira pour en savoir plus la très bonne chronique de Pol de Groeve, publiée au mois d’octobre dernier !
Le site de Karin Clercq, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

Commentaires récents