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Blond Bélier, à l’intérieur de soi

 

Blond Bélier

Blond Bélier

C’est une vocation tardive et d’autant plus sincère. Ce nancéen de Blond Bélier (Martin Lardé de son vrai nom) est entré en chanson à ses cinquante berges. L’envie le tiraillait sans doute depuis des lustres. Ce qu’on devine à travers les quelques lignes d’argumentaire : « Ça chante depuis l’intérieur de notre pâte humaine et ça danse à partir de nos failles… » Et plus encore à l’écoute de ce premier disque.

Blond Bélier c’est de la chanson. Avec une voix cousine de celle d’Alexis HK, Avec une musique étonnante et douce (mais pas toujours), pop hybride où « cohabitent synthés lunaires, basse caressante et guitares fines sans tomber dans l’évidence ». Avec des mots, enfin, qui s’assemblent bizarrement, par volonté ou par le plus grand des hasards, et « forment des phrases, avec des rythmes qui embellissent, des mélodies que l’on retient ». Dans le dédale de ces mots consignés, chacun s’en fera le sens qu’il souhaite, sans se sentir prisonnier ni de récits ni d’émotions trop élaborées, quoique. Mais drôle de poésie quand même, énigmatique et ma foi prenante, limite obsédante, dans laquelle on pioche, on gratte pour en extraire le sel. J’ai lu sur ce lorrain « Blond Bélier, une sensibilité qui fonce tête baissée » (en référence à son titre Herbe douce). Sans le comparer à Bashung, ses combinaisons d’idées, son assemblage de mots, presque mosaïque, donne un côté surréaliste que relèvent des notes électroniques et parfois des touches enfantines : « Quand aujourd’hui / Je suis effleuré par les brumes / Quand apparaissent au loin mes vieilles étagères / J’avise mes joues roses et le tendre du blé / Et mon corps cellophane se remet à jouer… »

Blond Belier 2Le titre de ce premier opus, un solide EP, donne le ton et dit ce qu’un commentateur, un critique, pourrait lui même écrire : « On se retrouve à l’intérieur (et si on s’ennuie on ira prendre l’air) ». Car on peut facilement s’installer dans ses chansons (comme à l’intérieur de soi), s’y lover presque. Être franchement séduit. Ou fuir en réaction. Question de sensibilité. L’art de Lardé, sa poésie brute, ses mélodies, c’est justement qu’on ne peut y rester insensible : on prend ou pas. Mais il suffit d’écouter pour que, subtilement ou non, ça laisse des traces. « Il nous faudrait vivre mieux / Ne s’affoler qu’à petite dose / Et puis se contenter de petites choses / Il nous faudrait faire moins vite / Prendre enfin le temps / Avant que les racines ne mangent nos dents / Doucement doucement doucement… »

 

Blond Bélier, On se retrouve à l’intérieur, Miam Prod/ Do U speak français ? 2025. Le facebook de BlondBéLier, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

« Le Blason » : Image de prévisualisation YouTube

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