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Lise Martin, un ange venu sur terre

 

Lise Martin (photos Pol de Groeve)

Lise Martin chez Phil et Gene (photos Pol de Groeve)

Liège, Chez Phil et Gene, 20 mars 2026,

 

Le 7 mars 2020, chez les doux-dingues liégeois Phil et Gene, se tenait un salon-chanson à jamais gravé dans ma mémoire. D’abord parce qu’il m’avait permis de faire la rencontre d’un duo d’artistes ô combien appréciable, Lise Martin et Valentin Vander, venus ce soir-là nous présenter leur spectacle Presqu’un cri, consacré au poète-chanteur russe Vladimir Vissotsky. Ensuite parce que leur prestation avait été l’ultime concert auquel j’ai pu assister avant la longue période d’abstinence covidéenne, qui débutait quelques jours après. Forcément, ça marque !

Six ans plus tard, même endroit, revoici Lise Martin, dans son propre répertoire cette fois. Plus tout à fait une inconnue pour la majeure partie du public, déjà présente à la soirée précédente et revenue en confiance, certaine de retomber sous le charme de la belle artiste. N’entretenons pas un inutile suspense : personne n’a été déçu !

Notre chanteuse n’a pas débarquée seule de son Toulouse lointain. Pour l’accompagner de ses harmonies célestes, elle a pris soin de prendre dans ses bagages un guitariste venu du monde du jazz, Daniel Mizrahi. Bonne pioche, tant son talent, sa dextérité et sa gentillesse ont été salués à l’unanimité. Mais comment fait-il pour sortir autant de jolies notes avec si peu de doigts ?

Lise Martin 2Lise Martin 3Si le musicien s’avère virtuose, la vedette du soir ne l’est cependant pas moins dans son art. Comment ne pas craquer face à une qualité de chant de cette ampleur ? La voix de Lise Martin est un enchantement, qui amadouerait même le plus acariâtre des grincheux. Nul besoin de micro dans ce salon, elle sait comment se faire entendre jusqu’au bout de la pièce, de sa voix claire et forte, qu’elle module à loisir en grande interprète qu’elle est, dotée en outre d’une diction impeccable. Chacun retient son souffle, quand ce ne sont pas ses larmes.

Le programme de la soirée est composé essentiellement d’extraits du toujours dernier album en date, Persona, sorti en 2019, par ailleurs réalisé par son musicien du soir. Nous aurons cependant la primeur de trois chansons qui figureront sur le prochain opus, attendu pour octobre : La vague et l’étoile, La forêt des songes et, nouvelle adaptation de Vissotsky, Idéal. Trois morceaux qui s’inscrivent dans la continuité poétique de l’œuvre de l’artiste, comme les titres le laissent deviner.

Car le monde musical de Lise Martin n’est que douceur, poésie, calme et beauté. Des chansons d’amour tout en délicatesse, d’intimité et de féminité, de partage et de communion avec la nature. On y rencontre un ange noir abandonnant une plume, comme jadis celui qui visita Nougaro, et un oiseau cousin du colibri cher à Pierre Rabhi. Ici, la force des forêts s’y troque contre un peu de sollicitude, l’amour est si absolu qu’on en vient à le craindre et quand, par malheur, il faut partir sous le coup du désespoir, au moins sera-ce sous une neige de pétales de fleurs. Et l’on peut ainsi repartir à zéro le cœur léger.

Nous goûterons également à une reprise tout en gouaille de Jeu de massacre, chanson créée par Marianne Oswald en 1934, chantée également jadis par Juliette, dont les paroles restent cruellement d’actualité, ainsi qu’à l’adaptation en française du Dance me to the end of love de Léonard Cohen, venue clore en finesse et en chœur un concert séduisant de bout en bout.

« Reste-t-il une place pour aimer encore ? », s’inquiète Lise Martin ? A coup sûr, oui, pour l’aimer, elle. Tant et plus.

 

Le site de Lise Martin, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.

 

« Barge » : Image de prévisualisation YouTube

« Bohème » : Image de prévisualisation YouTube

 

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