Gauvain Sers, Francis Cabrel « Boulevard de l’enfance »
(…) On la chasse de son pieu
Et l’empire du milieu
La prendra sous son aile
Elle aura dès demain
La fillette aux petites mains
Une machine devant elle
Pour fabriquer bien sûr
Des poupées, des chaussures
Qui feront des tas de jaloux
Quand les immenses cargos
Tassés comme des legos
Arriveront jusqu’à nous
Nous deux on en eu de la chance
D’avoir décroché l’innocence
Au grand loto de la naissance
On a manqué de rien tu penses
On a côtoyé l’insouciance
Sur le Boulevard de l’enfance (…)
Gauvain Sers, Francis Cabrel
Paroles et Musique Gauvain Sers. Extrait de l’album éponyme, 2026
Après Monter à Paris que nous vous présentions en automne, Monsieur le Président qui traduit la lassitude des français face à l’actualité et aux politiques indifférents, Si tu voyais grand-mère, long texte lu, parce qu’on ne peut plus le chanter : « Ton pays qui se perd / T’en aurais des sanglots / Toi qui as combattu / Tous les marchands de haine / J’pense à toi et ça m’tue / De savoir qu’ils reviennent », voici la chanson-titre de l’album sorti le 27 mars, chantée avec Francis Cabrel. Elle évoque l’enfance abusée : enfants-soldats, petits travailleureuses exploité.es pour satisfaire un monde de consommateurs, enfants de la drogue et du sexe… et notre propre indifférence, nous qui avons eu la chance de naitre du bon côté.
Dans cet album Gauvain Sers mêle ses peurs d’un monde qui part dans le mauvais sens, s’engageant toujours avec des mots simples directs mais sans violence, contre les guerres, la haine et les dérives sociales, avec des chansons plus intimes. Douce nostalgie de l’enfance et de ses Avions en papier, liens familiaux ou amicaux qui se perdent, angoisses du nid vide pour les parents qui ont vieilli, chanson pour son fils qui tient Un peu de nous deux. Et cette chanson pudique écrite de la part de la presque maman qui parle d’une grossesse qui s’interrompt trop tôt.
Peut-on changer le monde avec une chanson ? Il en doute, craignant de « jeter l’encre dans l’océan des doutes », même un jour de « brasser trop de fric pour écrire sincèrement » mais ne peut s’empêcher d’être le Gauvain qu’on aime, celui dont certains moquent les bons sentiments. Celui qui croit encore en l’amour.
En tournée de concerts 2026/2027 à partir de cet automne.

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