CMS

Paroles et Musiques 2015 : Dick Annegarn, son vélo, son tricycle

Dick Annegarn (photo d'archives Melchior Lamy)

Dick Annegarn (photo d’archives Melchior Lamy)

Dick Annegarn, 6 juin 2015, festival Paroles et Musique à Saint-Étienne, salle Jeanne-d’Arc,

 

Même si certains quartiers sont tellement haut perchés que la ville est classée « montagne », Saint-Étienne, le savez-vous, est la capitale du cycle : faut de la force dans les mollets, « chaque fois que je monte cette côte de honte / je pense aux boyaux d’Agostino (…) Agostino, c’est toi l’plus beau. » L’histoire ne dit pas si notre hollandais est arrivé jusqu’ici à vélo par le Col de la République. Mais sur scène, oui. Ses trois musiciens aussi, son trio, un tricycle. Des musicos à cordes (guitare, violoncelle et violons) et à boyaux. Tout en haut de la scène, en l’air, des roues encore, de vélos toujours. Voici pour le décor, ça et des praticables sur lesquels sont posés les gens de cordes, sur lequel parfois est juché le chanteur. Ça met en appétit. Justement, il commence par Le grand dîner : « une table vide que je préside / c’est le bide. »

Durant une heure trente, il alternera des titres récents, tirés de son Vélo va, avec d’autres qui parfois remontent très loin le temps, tant il est vrai que, quarante ans après, on vient toujours pour Mireille, Bébé éléphant et Bruxelles. Deux traditionnels étasuniens aussi : Black girl et The house of the rising sun où on reconnaîtra la version originale lamentablement adaptée en français par Hugues Aufray et ainsi chantée jadis par Johnny Hallyday sous le titre Le pénitencier. Ça, Les Tchèques, Le saule, La transformation, Adieu verdure, Approche-toi… chansons prélevées au riche parcours au Dick. Un récital parfait dans l’équilibre, riche de cette formule musicale inédite, qui tient parfaitement la corde, les cordes. De bons musiciens, je l’ai dit, mais dont on ne sent pas particulièrement, ou alors c’est calculé, la complicité avec le chanteur. Chanteur qui, de ci de là, vous instruira de la difficulté de l’être, de ne pas réussir à placer le ou les titres au Johnny, qui le mettraient à l’abri des aléas financiers, au moment même où les salles non se vident mais sont nettement moins pleines. A tout bout d’chant, il vous parlera de son ami Raphael et vous fera état de deux trois considérations, sur la vie, sur les vélos… « Chacun sa route, chacun sa trace, chacun ses flots » et vogue la galère. L’escale stéphanoise est riche : ceux qui n’y étaient pas ont loupé gros. Peu exposé dans les médias, chacune de ses venues est comme persistance du temps. Jamais un chef d’œuvre de scène (quoique ce spectacle-là soit particulièrement réussi) mais toujours une bonne soirée, entre gens de bonne compagnie, des qui connaissent leur Mireille sur le bout des doigts y compris le fatal pouce final. On est bien avec le Grand Duduche, pour copie conforme celui de l’ami Cabu et qu’à plus soif. On se quitte sur de biens belles notes : « Tu vas me revoir, Mademoiselle Bruxelles / Mais je ne serais plus tel que tu m’as connu / Je serai abattu, courbatu, combattu / Mais je serai venu… » Il est venu, il reviendra.

 

Le site de Dick Annegarn c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà écrit sur lui, c’est là.

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives