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Zambon ? très bon !

Vous ne la connaissez sans doute pas. Marie Zambon n’est chanteuse que par lointaines intermittences. Et vigneronne le reste du temps, dans un coin reculé du Beaujolais. Un seul disque à son actif, Bien sûr, une perle de l’autoproduction. Et l’idée, même saugrenue, d’un jour la retrouver sur scène, comme ce soir-là, en février 2004, à La Gourguillonaise, à Lyon.

Marie Zambon et Patrick Luirard (photo MK)

Archive. Belle et bonne surprise que cette Marie Zambon, dont le bouche à oreilles est, entre tous, flatteur. Et amplement mérité. Par elle, c’est douceur continue qui fait lit de tendresse.
Avec un répertoire pour moitié tourné vers l’Autre, textes prudents et bouleversants qui nous donnent tout le côté « travailleuse sociale » de Marie Zambon. Qu’elle fut du reste. Un peu comme Lemay si vous voulez, sauf que la québécoise ne semble s’intéresser qu’à l’énoncé du thème alors que Zambon nous parle vraiment des gens. Tant qu’on croirait qu’elle leur serre la main en nous les chantant : « Toutes ces mains fermées / Qui espèrent s’ouvrir / Toutes ces mains données / Qui ont peur de souffrir…»
L’autre partie de son répertoire évoque l’amour, en de superbes compositions. Quelques titres teintés d’humour, ici et là, parsèment le récital, chansons non forcément alimentaires mais qui n’en explorent pas moins et la cuisine et le panier du pique-nique.
C’est du presque parfait, à conjuguer tant au présent qu’au futur. Reste qu’à un tel niveau, on se dit que ça n’arrive pas d’un coup d’un seul, que cette dame a dû se préparer, travailler ferme pour en arriver à un tel résultat (pour vous situer, ça oscille entre Véronique Pestel, qui d’ailleurs chante en scène un texte de Marie Zambon, et Michèle Bernard : la crème donc).
Comment est-il possible qu’on ne le sache pas et que ça nous arrive, un jour, comme ça, tout de suite bon, tout cuit, à point ?
L’histoire de Marie Zambon est sans doute celle d’une femme qui se cherche et qui doute, qui a une peur panique de se montrer, de s’exposer. Est-ce pour contrecarrer ça qu’elle chante : « Je ne sais faire que les premiers pas / Les derniers je ne sais toujours pas » ? Marie n’est apparue sur la scène chanson que l’an passé à A Thou bout d’Chant, cette belle salle lyonnaise qui biberonne sans grands moyens mais avec réel talent la chanson de demain : on imagine à peine le surcroît d’audace de cette timide de Zambon, limite maladif. Que l’émotion étreint à chaque chanson, au moins autant que nous, plus peut-être.
Son équipée musicale tient particulièrement la corde. D’ailleurs il n’y a que des cordes ! Celles des deux guitares (Marie Zambon et Patrick Luirard) juchées haut sur des sièges de bar ; celles des contrebasse, violoncelle et violon de deux espiègles (Bénédicte Bonnet et Sandrine de Rosa), Laurel et Hardy personnifiés. Quatuor idéal pour répertoire et interprétation splendides. Si le monde était logique et le talent reconnu, Marie Zambon devrait être sur toutes les scènes. Et dans toute discothèque bien ordonnée. Avec des « si », on refait la planète chanson.

2 Réponses à Zambon ? très bon !

  1. Melmont 16 août 2010 à 9 h 38 min

    Et je ne trouve aucun site pour écouter en ligne ses chansons…dommage…

    Répondre
  2. Cat 9 février 2011 à 19 h 42 min

    Hello :-)

    Juste pour signaler que cette chanteuse plus que « rarissime » se produira le jeudi 19 mai 2011 à 20 heures 30 à l’auditorium de Villefranche sur Saône… et que je suis déjà en train de calculer comment je vais pouvoir m’organiser pour aller la voir !

    http://www.villefranche.net/agenda.asp?mois=5&annee=2011&id=6275

    Répondre

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