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Yoanna, double nana

Marion Ferrieu et Yoanna Ceresa (photo Athos99)

Festival Paroles et Musique, Saint-Etienne, 18 mai 2012,

 

On l’a connue debout, l’accordéon au poitrail, grande gueule et belle gouaille, à vous scier d’impertinence et de talent mêlés, à déverser du tabasco dans le souvenir d’une chanson réaliste.

Là, elle est assise, elles sont assises. Double et complices. Elle c’est Yoanna, toujours blindée de son soufflet à bretelles. Elle, c’est aussi Marion, femme-violoncelle. Parler de Yoanna c’est nommer les deux, les considérer pareillement, être estomaqué des deux.

Dans cette moitié de concert, ce co-plateau où on abdique la durée, nos deux ne parlent que de la femme, ne chantent qu’elle. Et d’abord, dès l’entame du concert, de celle qui est double, en une étonnante dramaturgie qui déjà déclenche l’enthousiasme sincère d’un public pas particulièrement venu pour elles. Chaque chanson sera pareil étonnement, même succès. C’est maillé serré, d’une extrême cohérence. Comment vous dire ? C’est un travail sur la grâce, sur la respiration d’instruments, sur ce violoncelle tantôt caressé tantôt battu par l’archet, sur cet accordéon qui étire des sons d’une rare mélancolie. Et sur la femme donc, celle qui est et celle qu’on veut, regards d’hommes, regards de femmes. Ça n’a pas forcément la délicatesse de mots lisses, de termes policés : ça n’a que l’élégance du vrai, du vécu, d’une parole affranchie, qui vit sa vie. Et le dit et la chante. C’est un ouvrage à deux, une symphonie en femmes majeures, un délice qui frise la perfection et défrise ce qu’il reste de convenances.

Je tiens le dernier opus de la dame pour une singulière réussite, un total chef d’oeuvre. Et désormais son concert pareil. On pourra le voir vingt fois, vingt fois avec le même étonnement, avec la même admiration. C’est la beauté faite femmes.

Le site de Yoanna, c’est là. Sur Yoanna, on lira encore dans NosEnchanteurs nombre d’articles.

http://www.dailymotion.com/video/xqx7h8

 

 

 

 

 

 

3 Réponses à Yoanna, double nana

  1. Claude Festiv'Art 20 mai 2012 à 11 h 17 min

    J’espère que l’on ne m’en voudra pas de saluer l’auteur de l’article … Quelle délicate envolée de mots sur ce duo féminin ! A croire que tu as chaviré, l’ami …et la photographie est à elle seule une caresse.
    Depuis quelque temps j’ai la chance de partager la scène avec une femme-violoncelle et je mesure le poids de tes mots.
    Ce qui est sûr, c’est que tu me donnes vraiment l’envie de cette découverte ! Merci Michel !

    Répondre
  2. Bénédicte Goullet de Rugy 20 mai 2012 à 14 h 28 min

    extra, effectivement !! ça donne la pêche !!

    Répondre
  3. Geneviève Debard 26 avril 2014 à 15 h 04 min

    Un véritable plaisir de lire cette article, je vous en remercie énormément !!!

    Répondre

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