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Sourigues joue son destin aux dés

Il est d’une Gascogne où on n’a pas besoin de se faire tirer les vers du nez. D’autant que, vu sa tronche et son tarin, on le verrait bien ferrailler à son tour avec le comte de Guiche. A guichets fermés il va sans dire.

Ce n’est pas qu’Alain Sourigues joue aux dés son destin avec ce disque, mais… Alain Sourigues est cet homme de lettres (pensez, il fut facteur !) qui aime triturer les mots, les faire parler plus que d’habitude. Pas d’aphorismes cette fois-ci mais, comme toujours, des chansons bien léchées, qu’on lui envie rien qu’à les écouter. En fait l’exact contraire de la chanson (Je suis sec) que le titre de l’album reprend pour partie : « Rien à gratter, rien ne me démange / Que ma plume soit d’oie ou d’ange (…) J’ai rien à moudre / J’suis pauvre en grains. » Sous ces mots-là, on sent le Nougaro, swing, phrasé et intonation inclus ; sous d’autres, le Lacouture… ça vous situe le bonhomme si, malgré ses trois précédents albums, vous ne le connaissiez toujours pas. Mis à part un copieux Dîner de con (chez Séguéla) pas de traits d’humour non plus ici (il est sec, qu’il vous dit), de toute façon « l’Auguste est parti en laissant le clown blanc. » Mais des traits incisifs, de coups de griffes qui macèrent et lacèrent, des traits accentués… Et de la tendresse, de l’amour, un rien de nostalgie, des déceptions, du mauvais coton et des poings dans la gueule qu’il réfrène. La somme d’un beau, très beau disque d’auteur aux doux et subtils arrangements de Jules Thévenot.

Sourigues, Sec, 2011, Ariane/V.music ; Le site d’Alain Sourigues c’est ici. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Ce billet est pour partie le reprise d’une chronique parue précédemment sur Le Petit format du Centre de la Chanson. http://www.dailymotion.com/video/xid9nw

 

Une réponse à Sourigues joue son destin aux dés

  1. Alain Sourigues 22 novembre 2012 à 12 h 06 min

    « D’autant que, vu sa tronche et son tarin, on le verrait bien ferrailler à son tour avec le comte de Guiche. »

    C’est bien vu, j’ai dix ans d’escrime derrière moi et un demi-siècle de susceptibilité (ascendant rancunier)… Je partage donc trois choses avec Hercule Savinien : un blair considérable, une irritabilité latente mais mouchetée et des démangeaisons chroniques au niveau de la rapière.
    J’ajouterai que contrairement à lui qui était Parisien, je suis un vrai Gascon, ce dont je ne tire, d’ailleurs, ni gloire ni déshonneur.

    Merci Michel Kemper.

    Amicalement, de Gascogne,

    Alain Sourigues

    Une pensée pour la route :
    Je pratique deux sports : l’escrime et le badminton. Faut pas que je me trompe de sac. aS

    Répondre

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