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Barbara par Simeray et Burguière : l’imparfait du présent

u3760063730968Bien sûr, vous m’objecterez qu’il y a de plus belles voix, de meilleures interprétations. C’est vrai. On se souviendra longtemps de Marie-Paule Belle, d’Annick Cisaruk, de Barbarie, de Serge Hureau, de Mathieu Rosaz… De Daphné, me souffle-t-on. Bien sûr, vous me direz ce disque plutôt mal produit, qu’on devine avoir été fait à la hâte. Oui, sans doute.

Il y a en cet album quelque chose de parfaitement touchant, émotion impalpable. Camille Simeray (qu’on peut connaître du combo La Meute rieuse, et précédemment au sein de La mal coiffée) et Sam Burguière (qu’on sait être de la famille des Ogres de Barback) atteignent parfois la limite de leurs capacités vocales, la dépassent même. Qui plus est l’accent méridional de Camille perce (agréablement) sous la fine écorce. Ce pour dire que ce n’est pas l’excellence que vous viendrez chercher ici dans ce disque de reprises de Barbara. Un disque, un présent, qui se conjugue à l’imparfait.

Il y a ici une émotion autre, une fragilité, des défauts qui presque font la force de cet enregistrement (à l’origine un spectacle, qui parfois retournera dans un avenir proche) respectueux sans jamais s’interdire des orchestrations ou des présentations peu soucieuses d’une quelconque orthodoxie. Ainsi Les insomnies qui fait un peu rentre-dedans et rock-bastringue…

Mais la force des textes et la sincérité de l’interprétation (c’est Camille qui chante la plupart du temps) l’emportent largement. Par l’identité des deux interprètes (vous imaginez le public des Ogres de Barback…), un jeune auditoire découvrira peut-être Barbara. Et cette entrée singulière mais appétissante dans l’oeuvre de Barbara, par dix-sept titres pour le plupart connus, pourrait être le début de nouvelles passions chanson. Longtemps cette voix de Camille chantant la longue dame brune, surlignée du bugle délicat de Sam, restera en nous, dans cette imperfection qui frise la pure beauté.

Camille Simeray et Sam Burguière, Barbara du bout des lèvres, Irfan/cd1d (2013). Le site est ici. Le billet de Claude Fèvre, sur NosEnchanteurs, relatant ce spectacle en scène, c’est là.

 

4 Réponses à Barbara par Simeray et Burguière : l’imparfait du présent

  1. Norbert Gabriel 16 mai 2013 à 11 h 15 min

    Il y a une phrase de Cocteau (merci Pierre Barouh qui la relaye souvent) qui semble aller très bien à ce duo … qui a trouvé …

    « Ou l’on soigne trop sa besogne, ou l’on ne la soigne pas assez, rarement on trouve l’entre-deux qui boîte avec grâce ».

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  2. Danièle 16 mai 2013 à 13 h 48 min

    J’ai envie de dire à Camille : « Si vous parlez du bout des lèvres.
    J´entends très bien du bout du cœur… » et avec un joli accent du soleil et des « roses » ouvertes , j’aime bien cette sincérité , cette simplicité, jusque dans ses imperfections, ou peut être à cause de ses imperfections …

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  3. Claude Fèvre/ Festiv'Art 16 mai 2013 à 18 h 39 min

    Le succès de leur spectacle se confirme …on les réclamait encore , alors le Bijou les a programmés à nouveau les 2 et 3 mai.
    C’est bien, non, ce va et vient entre écoute de l’album et concert ?

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  4. corinne 19 mai 2013 à 15 h 06 min

    en province, c’est paradoxal, parfois les spectacles passent avant toute promo et critique et on les loupe !! c’est ce qui m’est arrivé avec ce spectacle inséré au beau milieu de la programmation d’un théatre où je ne trouve que rarement mon bonheur, j’ai su le jour même qu’un « ogre » passait à la ciotat … et c’était ce spectacle cet hiver… trop tard pour moi, tant mieux si le spectacle continue de tourner … les « ogres » ne peuvent décevoir !!

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