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Quand Brel enchantait les Marquises

Paul Gauguin, "D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?" 1898

Paul Gauguin, « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » 1898

 

BREL-COUV« Il faut aller voir », répétait Jacques Brel. Fred Hidalgo l’a fait. Pas en touriste mais en reporter. Non seulement il fallait voir mais aussi sentir, rencontrer, comprendre. De Tahiti à Hiva Oa, Fred et son épouse Mauricette, tous deux fondateurs de Paroles et Musique et de Chorus, ont suivi à la trace le Grand Jacques. Fouillant et enquêtant avec méthode et détermination, ils ont vu s’ouvrir des portes dont seule leur humanité avait la clé : qualité essentielle parmi les valeurs demeurées intactes aux Marquises, où « Le temps s’immobilise » depuis  l’aube de la civilisation. « Le rire est dans le cœur, le mot dans le regard / Le cœur est voyageur, l´avenir est au hasard. »

C’est en effet le hasard qui a offert à Brel sa dernière résidence : il ne cherchait ni une retraite au soleil, ni un refuge fiscal, mais un havre de paix où il pourrait retrouver son âme, celle que les stars perdent souvent sans le savoir. Arrivé à Atuona, la principale ville d’Hiva Oa, il a su que c’était là. 

Alors, une nouvelle vie commence, ignorée des Parisiens qui, en ce temps là, découvrent Nicolas Peyrac et Yves Duteil. La chanson et en particulier celle de Brel, les Marquisiens ne s’y intéressent pas : la musique ici est liée à la fête et à la danse ; s’il chante, ce sera dévêtu des oripeaux des peoples. Mais il a bien d’autres choses à faire, ne serait-ce que d’aider les Marquisiens à sortir de l’isolement où ils sont tenus par la géographie et aussi par l’administration polynésienne. Jacques Brel est ici en mission, sinon en rémission, pour lui et pour eux. Son avion Jojo devient un outil indispensable pour approvisionner, hospitaliser ou simplement promener.

L’ouvrage de Fred Hidalgo est bien plus qu’un récit d’aventures anecdotiques ou historiques, aussi authentiques que passionnantes ; c’est un ouvrage de reflexion sur la place et le rôle de l’homme en action contre la maladie, l’injustice et la bêtise et surtout pour une quête généreuse du bonheur partagé. Les détails essentiels se révèlent, sans voyeurisme, dans le but de mieux comprendre et de mieux aimer. Ses voisins, ses amis, ses visiteurs, connus ou non, prennent ici une autre dimension dans cet espace restreint et privilégié. On découvre sur les pas de Jacques Brel, sous la plume de Fred Hidalgo, une multitude de coïncidences, de clins d’œil que la vie nous fait et qui semblent démentir le hasard. Le monde est petit, dit-on parfois. Mais pour qui ose l’aventure, c’est un microcosme fascinant, fait de rencontres surprenantes, de raccourcis improbables du temps et de l’espace, tissés par les circonstances avec une étrange fantaisie mathématique.

Inscrivant le nom de Brel dans la lignée des Gauguin, Gerbault et autres Moitessier, Jacques Brel – L’Aventure commence à l’Aurore  s’ajoute au patrimoine culturel des Marquises.

Fred Hidalgo, Jacques Brel, l’aventure commence à l’aurore, 384 pages, L’Archipel. Sortie le 4 septembre 2013. http://www.dailymotion.com/video/x33f1n Image de prévisualisation YouTube

3 Réponses à Quand Brel enchantait les Marquises

  1. Fred Hidalgo 4 septembre 2013 à 10 h 00 min

    Que dire ? Sinon un grand MERCI !

    Un PS quand même : je suis particulièrement touché par le fait que l’auteur de cet article a totalement et parfaitement compris ma démarche, en sachant lire entre les lignes (« L’ouvrage de Fred Hidalgo est bien plus qu’un récit d’aventures anecdotiques ou historiques, aussi authentiques que passionnantes ; c’est un ouvrage de réflexion sur la place et le rôle de l’homme en action contre la maladie, l’injustice et la bêtise et surtout pour une quête généreuse du bonheur partagé. »).

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  2. Norbert Gabriel 4 septembre 2013 à 20 h 03 min

    Aux Editions de l’Archipel, pour les Marquises, c’est d’une totale cohérence… Et pour la quête du bonheur partagé, et le rire dans le coeur, merci à vous, l’auteur et son invité

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  3. Fred Hidalgo 4 septembre 2013 à 20 h 18 min

    Merci Norbert. Pour L’Archipel, il m’avait semblé en effet que c’était le plus indiqué, le plus approprié pour raconter cette histoire qui se déroule en effet dans celui qui est le plus isolé qui soit d’un continent.
    Quant à la genèse, aux tenants et aboutissants de ce livre, c’est ici, dans le sujet en cours de mon blog (« Jacques Brel aux Marquises ») :
    http://sicavouschante.over-blog.com

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