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Jean-Louis Foulquier, 1943-2013

Jean-Louis Foulquier (photo DR prélevée à la toile)

Jean-Louis Foulquier (photo DR prélevée à la toile)

Sanglot, cercueil, disparition, cancer… Que veux-tu, Jean-Louis, tout c’qui est dégueulasse porte un joli nom. Ironie, aussi. Samedi dernier, ton copain Philippe Meyer qui, comme tout le monde sur Inter, a été invité à se vêtir de sa plus belle tenue d’anniversaire, n’a pas trouvé mieux que de t’inviter. Quitte à parler de la chanson sur France-Inter, c’est vrai que t’es d’une autre pointure que ces charlots, ces bobos qui s’en prévalent aujourd’hui et sapent et salissent tout. T’es pas venu, t’étais malade. Mais il y avait ta voix, belle et ténébreuse voix, puisée ici et là dans les archives de la radio, de ta radio, celle d’avant qu’on t’en pousse dehors en catimini, cause à la retraite.

Cinquante ans de radio, dont quarante-trois ans de Foulquier : « La chanson à France-Inter, c’est Foulquier qui en a fabriqué l’adn » a dit Meyer avec raison. Pas qu’à Inter, je crois. Un peu beaucoup de cette chanson qu’on reprend au passant, c’est du Foulquier. Non qu’il l’ait fabriqué d’ailleurs, non : dont il a facilité notre connaissance. Foulquier était un vulgarisateur de chanson, un qui comme la rousse semait à tous vents. Des vents qui l’ont ramené au bercail, au port de La Rochelle, lui le natif du lieu : que voulez-vous qu’il y fasse ? Des Francofolies de son corps ! Forcément ça a fait des petits, à Spa, à Montréal, en Suisse, en Bulgarie même… Foulquier essaie et essaime.

Ferré, Lavilliers, Lalanne, Higelin, Leprest, Jamait, Juliette, Mengo… la liste est folle de ceux dont il s’est fait, plus que l’écho, l’ardent défenseur. Il fut un des rares preux chevaliers radiophoniques de la chanson d’expression française. A de rares exceptions près il n’y a plus à la maison ronde que des destructeurs, des Attila, des irresponsables. Les années Foulquier c’est ça, c’est porter à la connaissance de. C’est aussi l’amitié, la solidarité. Ce sont des éclats de rire, de son gros rire.

Après quelques 45 tours anciens qui sont autant de collectors, l’homme de radio qui aimait tant la chanson s’était à nouveau prêté au jeu du disque, un vrai album le sien, fait rien que d’inédits de son copain Leprest. Foulquier, le saviez-vous, avait beaucoup de goût.

Une fois jeté de la radio, il consacra son temps à faire l’acteur au cinoche ainsi que sur les planches. A peindre aussi.

Le souvenir de Jean-Louis Foulquier va nous hanter souvent. Aujourd’hui on entendra beaucoup de larmes de crocodiles de ses successeurs, de ses fossoyeurs. Que nos larmes à nous couvriront, des larmes au goût salé, embruns de La Rochelle ou d’ailleurs, de là où se vit la chanson. Celle de Jean-Louis, la nôtre aussi.

 

ps : Nous retrouverons Foulquier le mois prochain pour une heure d’entretien filmé avec Allain Leprest, à sortir dans le commerce. Nous y reviendrons… Image de prévisualisation YouTube

19 Réponses à Jean-Louis Foulquier, 1943-2013

  1. avalon 11 décembre 2013 à 9 h 10 min

    C’est ce Monsieur qui m’a fait découvrir la chanson et Léo Ferré…. le pollen ( titre d’une de ses émissions) n’est-il pas fait pour se disséminer? pour Jean-Louis il y aura aux quatre vents d’autres « graines d’ananar » dans le port de la Rochelle où de Lorient. Bises

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  2. Albert Weber 11 décembre 2013 à 9 h 18 min

    Bravo pour ton hommage cher Michel. T’as raison, les « années Foulquier » c’était autre chose que tous ces charlots et les bobos aux allures d’imposteurs…

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  3. Gerd Heger 11 décembre 2013 à 9 h 36 min

    Quelle tristesse…. un Monsieur qui était un vrai modèle pour tous ceux qui aiment la chanson – et qui essaient d’en transmettre quelque chose aux autres. Ce jour, il y a des souvenirs multiples, Jean-Louis à La Rochelle en interview avec un timide « nouveau » dans le monde de la chanson (radiophonique) dans les années 90, Jean-Louis autour d’un repas de foie gras dans le pays des trois frontières (Sarre-Lorraine-Luxembourg), Jean-Louis à Berlin (il a fait froid, je crois) aux Francofolies d’Allemagne (oui, il y en avait pendant un court lapse de temps), Jean-Louis, encore à La Rochelle ou à Paris, apercu au Village Pro ou sur scène – et cette photo de Jean-Louis et d’Henri Salvador à l’Hotel derrière la grande scène… où ils avaient ri avec leurs fameux rires de ma fille… Adieu, JLF!

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  4. Jean Humenry 11 décembre 2013 à 9 h 47 min

    La nuit…putain de Camarde…avec Léo, et les deux Georges… sans doute… Je n’arrive pas à croire qu’on puisse passer sa vie à tisser des liens… pour rien… Studio de nuit dans la nuit…

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  5. Danièle Sala 11 décembre 2013 à 10 h 16 min

    « Sanglot, cercueil, disparition, cancer . » On a tous en nous, auditeurs de France Inter, un peu de l’ADN Foulquier , et c’est un morceau de notre vie qui s’en va avec lui .
    Un hommage de France Inter à Jean-Louis Foulquier, ce soir, de 20h à 23h .

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  6. Pierre LACOMBE 11 décembre 2013 à 10 h 22 min

    Jean-Louis est mon maître en radio ! Grâce à toi et à nos nombreuses rencontres, j’ai pu faire la connaissance de nombreux artistes, en aimer certains, humainement aussi !
    Grâce à toi, j’ai réussi à avoir confiance en moi et faire passer via les ondes, cette aisance qui est la tienne !
    Je suis fier d’avoir été l’un des premiers informés de la création des Franco !
    Dès que j’ai appris la nouvelle, j’ai pensé à Nanou et à tes filles ! Mais malgré tout, tu laisses un nombre incalculable d’orphelins, qui comme moi, sont persuadés que tu es déjà parti faire la fête avec nos potes sur l’île de la francophonie !
    A dieu vat et à la prochaine !!!

    PS : Au fait, y’aura toujours de la chanson dans l’air et en été le pollen nous rappellera à ton bon souvenir !

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  7. Michel Kemper 11 décembre 2013 à 10 h 25 min

    Ah ! la chronique-hommage du Manoukian ce matin à Inter. Pour parler de Foulquier, il s’ausculte et caresse le nombril (c’est tout ce qu’il a de plus protubérant en cette zone) : son appart proche de celui de son voisin Foulquier, sa franco(Liane)Foly à lui, son employeur Varrod… Quand on n’a rien à partager avec Foulquier, aucune valeur, aucune dignité, aucune passion à défendre, on s’attache comme on peut. Dire qu’on a livré à ce bouffon, ce roi de l’incompétence, la notion de chanson (oh pardon ! de « musique ») à France-Inter. Au secours, Foulquier, reviens !

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  8. Jean Michel Piton 11 décembre 2013 à 10 h 29 min

    Rassembler l’unanimité « chanson » sur son nom prouve que nous avions à faire à un grand homme… C’est le plus bel adieu, il peut en être fier… lui a-t-on dit de son vivant ????? En le remerciant… des ondes !

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  9. Norbert Gabriel 11 décembre 2013 à 11 h 20 min

    Une image, une toile de Foulquier, les couleurs de Pollen ….

    null

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  10. Norbert Gabriel 11 décembre 2013 à 12 h 27 min

    et la voix de Foulquier, 25 ans de radio…

    http://www.ina.fr/audio/P11308029

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  11. Vocal Vingt Six 11 décembre 2013 à 16 h 26 min

    Avec les chanteuses d’Evasion nous lui devons beaucoup : les Francos à La Rochelle, à Montréal, Les Copains d’Abord à plusieurs reprises sur France Inter, Captain Café sur France 3… Tristes…

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  12. Sylvie Cobo 11 décembre 2013 à 17 h 51 min

    Tous ceux et celles qui ont fait ou font ce métier de chanteur lui doivent énormément.

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  13. Gérard-André 11 décembre 2013 à 19 h 12 min

    Mauvais jour,

    Ce mercredi 11 décembre, vers les 7h00, j’apprends, par une voix de France-Inter qui me réveille chaque matin, la disparition de Jean-Louis Foulquier.
    Mauvais jour…
    malgré les mots du speaker qui annonce une belle journée froide et ensoleillée.
    Comme grand nombre d’artistes de la Chanson Française, j’ai eu le plaisir et l’occasion d’être son invité avec pour tout bagage, quelques p’tits disques confidentiels et mes chansonnettes engagées.
    Jean-Louis Foulquier n’avait pas peur d’inviter, en direct dans son émission de nuit, tant écoutée, des artistes pas encore sec derrière les oreilles, comme dirait mon amie-amour Andrée, des artistes en marge du show-business.
    Je fus l’un de ceux-là et à l’une de ces nuits éclairées de musique, le cœur battant et le trac au bord des lèvres, j’ai, ma guitare sous le bras, « envahi » le studio de Jean-Louis Foulquier où il m’a bien fallu chanter en présence d’une immense dame de la chanson qui avait des poètes à son répertoire: Monique Morelli (tout habillée de noir) .
    Et c’est dans « son » studio en pleine nuit que j’ai entendu la plus bouleversante interprétation de ce poème « L’Affiche Rouge » de Louis Aragon mis en musique par un autre géant : Léo Ferré.
    Jean-Louis Foulquier, sans aucun doute, fait partie de mes points de repères artistiques; il a placé pour moi comme pour tant d’autres artistes une balise de la reconnaissance qui m’a permis d’affirmer mes convictions de chanteur.
    « Un grand soleil d’hiver éclaire la colline Que la nature est belle et que le cœur me fend… ».
    Quoi ! vous êtes surpris que j’emprunte à Aragon un des extraits de cette « Affiche Rouge ».
    Voilà, c’est tout !
    Mais la vie n’est-elle pas faite d’anecdotes ?
    Bien le bonjour,
    Monsieur Jean-Louis Foulquier
    et pourquoi pas
    te dire
    ce mot
    mis à l’encan
    trop souvent oublié :
    merci
    Gérard-André

    17, Route de Clamecy 89480 Etais La Sauvin
    03.86.47.28.16. Lacloserie1@orange.fr
    http://pagesperso-orange.fr/chansons.gerard-andre ou http://chansons.gerard-andre.pagesperso-orange.fr/
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    ttp://pagesperso-orange.fr/chansons.gerard-andre

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  14. lombard jean-pierre 11 décembre 2013 à 19 h 16 min

    Je suis profondément triste et ce soir je vais écouter Bernard Dimey….

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  15. catherine Laugier 11 décembre 2013 à 19 h 53 min

    Je l’avais vu, avec ses tableaux, il y a 3 ans je crois, aux Fâneries d’ Art au Jardin organisées tous les printemps à Aix par Andréa Ferréol…

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  16. Philippe Codron 11 décembre 2013 à 20 h 02 min

    Ciao l’Artiste ! On compte sur toi pour nous organiser une Francofolies au Paradis, pour éviter de nous ennuyer une fois là-haut, enfin pour ceux qui le méritent…

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  17. Norbert Gabriel 11 décembre 2013 à 21 h 01 min

    Pour les parisiens et assimilés; samedi à 11h c’est au cimetière Montmartre qu’on se retrouve avec toute la famille, qui fournit le vin pour trinquer, chacun apporte son verre…
    C’est une belle façon de lui dire au revoir…

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  18. martine 13 décembre 2013 à 19 h 04 min

    Merci pour ce bel hommage à Jean Louis Foulquier qui a accompagné si intelligemment la chanson de qualité, ce découvreur de talent qui n’avait pas peur de programmer que ce soit à la radio, au Divan ou aux francos, de parfait-e-s inconnu-e-s non pas pour les accros de cette chanson mais pour la plupart des gens ! Je débutais en tant que taxi de nuit et j’ai fait sa connaissance en 1978, en allant dans la journée assister à un enregistrement de Bain de minuit et nous avons fait un bout de chemin ensemble en lui faisant découvrir des artistes qui se produisaient à l’époque au Caf’ Conc’ du 36 de la rue de Montreuil à Paris dans le 11e. Il en a invité quelques uns en direct et du coup ces artistes là étaient aussi programmés dans les émissions qui suivaient, celle de Patrice Blanc-Francard « loup garou » et celle de Macha Béranger… on sortait de là à point d’heure et on allait en face de la maison de la radio manger des crêpes et on refaisait le monde comme d’hab ! de bons moments… Salut l’artiste et surtout merci !

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  19. Norbert Gabriel 14 décembre 2013 à 23 h 29 min

    ce matin, il y avait du monde, on peut pas dire que c’était gai, mais c’était pas triste, 40 ans de chanson dans cette chaleur amicale, conviviale, contagieuse, ça peut pas être triste … salut Foulquier…

    Première tournée…

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