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Francesca Solleville et Jean Ferrat, les camarades

francesca-solleville-chante-ferrat-francesca-sollevilleQuatre ans déjà que le chanteur d’Antraigues sur Volanne a passé l’arme du bon côté : à gauche. Mis à part les deux opus de Natacha Ezdra, l’un en studio (Un jour futur, 2010), l’autre en public (Ferrat au c[h]oeur) et le coffret (non indispensable…) de trois Cd et d’un Dvd Isabelle Aubret chante Ferrat en 2011, sa disparition n’a pas encore suscité une grande production discographique. A-t-on peur de toucher à l’ardéchois ou de devoir négocier avec Gérard Meys, son producteur mais aussi légataire du droit moral de l’artiste ? Voici toutefois un autre et nouveau disque, cette fois-ci de Francesca Solleville, sorte de compilation améliorée. On y retrouve tout ce qu’elle avait déjà enregistré de Ferrat (J’entends, j’entends, Nuit et brouillard, Que serais-je sans toi ?, Un jour un jour, Une écolière au tableau noir, etc.), des chansons d’Allain Leprest (Appelle-moi Luciole, Donnez-moi la phrase et Paris-Chopin, toutes trois extraites de l’album Al dente), d’Aragon (Epilogue) et de Pierre Grosz (A chaque rendez-vous) mises en musique par Ferrat, ainsi que trois autres titres enregistrés pour cette présente édition : Berceuse, Camarade et Ma France. Remarquer ici un tel opus, c’est témoigner aussi et surtout de l’amitié et de la complicité entre Ferrat et Francesca : c’est comme une dédicace à l’ami disparu.

Pour les avoir chantées de partout, on pourrait croire que ces chansons sont de Solleville elle-même. Il y a dedans ses combats, l’adn de sa colère et ce goût immodéré de la poésie, celui qui l’a fait se s’ouvrir depuis vingt ans sur d’autres et merveilleuses plumes tels Leprest, Piton, Gary, Pitiot et d’autres encore. Il y a ce mot, ce qualificatif, cette identité, ce chiffon rouge qu’est « Camarade » : joli titre d’album sur les étals comme sur les barricades, médaille couleur sang sur la poitrine : « C’est un joli nom Camarade / C’est un joli nom tu sais / Dans mon cœur battant la chamade / Pour qu’il revive à jamais / Se marient cerise et grenade / Aux cent fleurs du mois de mai. » Quand Francesca Solleville chante Camarade, c’est toute le mémoire ouvrière, ses espoirs et ses révoltes qui à nouveau défilent, c’est l’Histoire avec un grand H, c’est Gavroche, ce sont les fusillés du mur des fédérés, ceux de l’Affiche rouge et ceux des maquis, ceux autres qui vendent le journal le matin du dimanche : tous en une même voix. C’est Francesca en autre vierge rouge. Il fallait qu’elle nous grave cette chanson. C’est chose faite.

Francesca Solleville, Camarade, EPM 2013. Le site de Francesca Solleville, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

4 Réponses à Francesca Solleville et Jean Ferrat, les camarades

  1. giachero 31 mars 2014 à 14 h 34 min

    précisons que le ce ne contient PAS TOUTES les chansons de Ferrat qu’elle a enregistrées : il manque des inédits sur cd comme Liberté, Pauvre Boris, Le nouveau monde, Un cheval fou dans un grand magasin…
    Manquent aussi Nous dormirons ensemble et Si nous mourrons, qu’elle chante remarquablement sur scène mais n’a jamais enregistrées non plus
    vraiment dommage

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  2. Jacques 1 avril 2014 à 18 h 40 min

    C’est vrai qu’il n’y a pas eu véritablement d’hommage discographique à Jean Ferrat depuis sa disparition. Sans doute votre deuxième éventualité d’explication n’est pas loin de la vérité… Quelques artistes ont connu les difficultés de coopération avec Monsieur Meys, dont le comportement n’a pas toujours été celui d’un bon camarade ! Et puis tant que les disques de Ferrat continuent à bien se vendre … Il y a eu par contre pas mal de bouquins, et j’avoue ne pas savoir lequel ou lesquels privilégier. Concernant les interprètes féminines de Ferrat, je préfère de beaucoup Francesca Solleville à Isabelle Aubret. Mais ça n’engage que moi…

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  3. Nicolas 4 avril 2014 à 22 h 26 min

    « Donnez-moi la phrase » ne figurait pas sur Al Dente, mais sur un autre album paru quelques années plus tard.

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    • Michel Kemper 4 avril 2014 à 22 h 34 min

      Oui. Sur l’album « Donnez-moi la phrase » (illustré par Jacques Tardi) en 2007 (Amoc/Juste une trace)

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