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Saint-Etienne fait la conduite à Barrio Populo

Barrio Populo (photo d'archive xxx)

Barrio Populo (photos d’archive Wilfried Marcon)

Barrio Populo, 16 mai 2014, Le Fil à Saint-Etienne,

 

Ce n’est pas la gratuité qui a remplit, bondé même, le Fil. Seize cents personnes, dit-on, dans la salle. Et bien trois cents autres dehors qui n’ont pu rentrer. Encore deux ou trois ans et ils bourreront le Zénith, si tant est que ce soit leur objectif… Saint-Etienne peut s’enorgueillir d’un futur très grand groupe. Après la Dub Inc’, après Mickey 3d (qui semble nous revenir à la faveur du prochain mondial de foot), voici Barrio Populo, descendu de sa colline de Saint-Bonnet-le-Château, huit jeunes gars bouillonnant de musiques, très ancrés chanson et pas ignorants de ce qu’est cet art, avec en eux une philosophie plaisante qui, loin de ne se décliner qu’en discours, acte au quotidien une forme de résistance.

Nous avons eu l’occasion de parler de leur nouvel et second album, Kordobella (ne cherchez pas de signification à ce mot: y’en a pas!) : le billet publié sur NosEnchanteurs est même imprimé en vedette sur leur matériel de com’. L’album est désormais en bac. Tout luxueux qu’il puisse être (digibook gaufré avec livret de 48 pages gorgé de délicieuses illustrations d’Anna Viricel), il est vendu dix euros, une paille. Au stand, un tirage spécial d’une chanson absente du disque, Saint-Etienne, est vendu ce que vous en donnez. Et là, le concert, le premier depuis la sortie de l’album, est offert, comme un cadeau de proximité, de fidélité. On peut dire aussi d’amitié, tant c’est vrai.

B Roy, l'estampille d'une chanson sans âge, de toujours... (photo DR)

B Roy, l’estampille d’une chanson sans âge, de toujours… (photo DR)

Juste avant leur entrée en scène, B. Roy, seul, bardé de son chromatique, avec ses chansons qui sont autant de presque goualantes, du populaire au beau sens du terme, qui n’aurait pas déplu à Piaf, à Béranger ou à Renaud, dont il parodie Hexagone. Y’a pas plus chanson, catégorie « patrimoine » que cette prestation-là : et ça plait. Le public fait ovation à B. Roy, comme quoi les jeunes ne sont pas si éloignés de la chanson que nous aimons, ici, à NosEnchanteurs. Suffit de la leur offrir et de ne surtout pas présupposer qu’ils ne l’apprécieront pas.

D’ailleurs, que chantera Victor Coulomb, l’auteur et interprète de Barrio Populo, tout à l’heure, en plus de ses propres créations ? La semaine sanglante, de Jean-Baptiste Clément (en une version intelligemment remaniée), La médaille, du très présent Renaud, Le paysage changeur, de Prévert. Et, me croirez-vous, La montagne, de Ferrat.

Lui, au physique, à l’allure et à l’art très « Cantat », va mener avec ses sept complices un concert à l’énergie, beau, flamboyant, passionnant, de presque deux heures, sur le fil de l’émotion, du don.

1094970_384876358307323_456110824_nTrompette, trombone à coulisse, guitares, basse, percus, batterie… tout concoure à une prestation sans faute, puissance rock d’où pourtant les vers s’échappent pour travailler les consciences et satisfaire l’oreille, audibles et raffinés. « Tu peux courir comme un gangster / Tu peux marcher en arrière / Exagère l’interdit, juste un peu / Exagère ta folie, juste un peu… » Le public exhulte en ce concert rare où, plus que jamais, on sent le potentiel, ce qui est et ce qui adviendra. Belle entente scénique où c’est du « tous pour un, un pour tous », tous dans un collectif, chacun avec ses minutes de gloire. De cette ville dont il ont fait à leur tour une chanson à bien plus loin dans le monde, en des lieux oppressés comme en des terres encore épargnées, leur chant n’est que vigilance, comme de salutaires témoins de bon sens, du vivre ensemble. De belles personnes assurément que ces huit-là : Victor, Maxcense, Thomas, Arthur, Thomas, Yoann, Antoine et Anthony. Qui entament dès lors une grande tournée : Saint-Etienne en fut leur point de départ, là où un public surnuméraire leur a fait la conduite*. S’ils passent près de chez vous, donnez-leur mon bonjour.

 

 (*) La Conduite est la cérémonie par laquelle le compagnon du devoir est accompagné en cortège sur la voie publique jusqu’au lieu du départ pour son Tour de France.

Le site de Barrio Populo c’est ici. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Barrio Populo, c’est là.

En vidéo, « Ma liberté » de Georges Moustaki, interprétée par Barrio Populo, l’été passé au Festiv’Allier de Langogne. Nous fêterons ce 23 mai le premier anniversaire de la disparition de Moustaki. Image de prévisualisation YouTube

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