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Daniel B : le chanteur de Palinka se fait un (malin) plaisir solo

Daniel B (photo prélevée à son site)

Daniel B (photo prélevée à son site)

La première qualité de ce disque est celle de l’enregistrement. Chaque instrument s’y dessine parfaitement, chaque carresse ou pincée sur une corde, fusse-t-elle d’une contrebasse, d’un alto ou d’une guitare ; chaque note du saxo est distincte. On dira la même chose de la voix détachée et chaude de ce Daniel B qui sous ce nom semble être un bleu, un nouveau. Pas vraiment : le présent opus n’est que son septième, les six précédents l’ayant été par les groupes qu’il anime ou a animé (Le gros tube [fanfare funk-jazz], le groupe Dor [chanson traditionnelle des Balkans] et Gypsy Cooker [orchestre jazz, tsigane, manouche]) et bien sûr Palinka, dont le nom est certes une eau de vie dans les Carpates mais aussi et pour l’heure un quintet de jazz sans frontières en activité depuis onze ans et bien plus de 600 concerts.

Premier album solo donc de Daniel Beja, ex webdesigner qui, dès 2001, apprend la musique en autodidacte pour lancer des projets musicaux… On ne sait ce que le net a perdu, mais la musique et la chanson ont fait avec lui une recrue de choix. Comme beaucoup de chefs de groupes, la tentation est grande, sinon de faire une carrière solo, au moins d’y goûter le temps d’un album. Ainsi cet album de Daniel B au titre insolite de Promis j’arrête. Vu cet album fort intéressant on a plutôt envie de l’encourager à poursuivre.

51ApwORRkoL._SL500_AA280_Musicalement c’est un patchwork, agréable qui plus est, qui démarre dans le classique pour aller dans le trad d’Europe de l’Est et le jazz. On ne se refait pas. Parfois en des intonations à la Gainsbourg (évident sur Rien à dire, bien trop gainsbarre), Beja s’adresse surtout à la gent féminine, déroulant de bien beaux tapis de mots « Je passe des nuits entières / A chercher le sommeil / Et les heures passent / Se suivent une à une / Me laissant seul face aux mouvements de la lune. » Daniel B regarde, admire, mate les meufs qu’il envisage à la manière de cigarettes, belles gitanes sans doute : « J’en veux une blonde / Ou une brune bien roulée / Qui m’inspire et qui danse dans la fumée / J’en veux une pour soulever ma solitude et pour donner du sens à ce whisky trop sec » (Si j’en allumais une) tout en promettant d’arrêter demain. Mensonges sans filtres de grand fumeur, d’invétéré séducteur dont le cendrier étale les scories encore fumantes de l’idéal féminin.

Qu’il n’arrête cependant pas de telles incartades dans la chanson solo : ça lui va si bien ce statut de chasseur qui pose ses mains et ses mots sur le bas du dos de ses proies, d’addict à cette nicotine-là.

Daniel B, Promis j’arrête, autoproduit 2013. Le site de Daniel B, c’est là.

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Une réponse à Daniel B : le chanteur de Palinka se fait un (malin) plaisir solo

  1. Danièle Sala 19 mai 2014 à 16 h 44 min

    C’est vrai qu’au niveau musical, c’est superbe , mais j’aime moins les paroles .

    Répondre

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