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Anaïs au New Morning : the cheap girl is back !

Anaïs (photo DR)

Anaïs (photo DR)

Anaïs, 27 novembre 2014, Le New Morning à Paris,

 

Rouge, le sol.

Rouges, les murs.

Rouge aussi la scène de cette légendaire salle, temple historique du jazz mondial.

Tous, ils ont tous joués là, les Chet Baker, Stan Getz, Charlie Haden, en allant jusqu’au petit grand géant de Minneapolis, Prince himself. Et c’est cette salle là qu’Anaïs a choisi pour effectuer son grand retour et fêter la sortie de son nouvel album KellNo Kitty. Remerciée fort peu élégamment par une certaine grosse maison de disques que nous aurons la pudeur de ne pas nommer en ces lignes honorables, elle a monté sa propre structure pour avoir les coudées franches et pouvoir renouer avec les ambiances bricolées de ses premiers albums.

Crânement plantée au beau milieu de la scène mythique, petites bottines de cuir fauve, les jambes nues dans un mini short en jean effiloché et chemise de bûcheron à carreaux, elle réussit le tour de force d’être féminine en diable… Et quelle interprète incroyable ! Incarnant successivement (ou simultanément) des dizaines de personnages tous plus azimutés les uns que les autres, elle nous entraine d’emblée dans un tourbillon de folie furieuse, au fil de nouveaux titres ou d’incontournables comme Mon cœur mon amour, Peut-être une angine ou Elle sort qu’avec des blacks. On en est tout gazou-gazou… Parmi les nouveautés, un titre, DRH, sort du lot, évident pied de nez à ses anciens employeurs indélicats, et bel exercice de style sur le modèle fameux du SDF de Leprest… (cf vidéo ci-dessous). Un guitariste-choriste aussi barré qu’elle fait sa toute première apparition au beau milieu d’un titre, sortant des coulisses, traversant prestement la scène dans toute sa largeur, se plantant devant un micro, lâchant une unique note pile au bon moment et regagnant les dites coulisses imperturbablement. Éclat de rire général dans la salle, le ton est donné ! Si les textes ne sont pas en reste, la belle est donc avant tout une chaud-woumane d’exception (j’écris qu’est-ce que je veux, na !).

C’est ainsi qu’elle parsème son concert de désopilantes imitations d’instruments (violon, guimbarde, trombone à coulisse, scie musicale…) toujours à bon escient pour illustrer une couleur musicale ou peindre une ambiance décalée. Et que dire de ce morceau d’anthologie durant un festival de musique écossaise folklorique, à grands renforts de boucles à la pédale et de cornemuse virtuelle.. ? Un contact privilégié avec un public conquis, et la miss en rajoute avec gourmandise évidente, partant en vrille (contrôlée) à chaque détour de phrase. Un titre dénonçant intelligemment les ravages de l’auto-tune sur la production musicale de ces dernières années se voit ainsi interprété intégralement à la façon dont ce fâcheux procédé électronique cher au r’n’b de bas étage égalise désagréablement les voix en les dotant d’un pénible vibrato métallique. Le tout à « bouche nue », évidemment, avec un rendu vocal hallucinant ! Au fil des titres, les hommages plus ou moins appuyés se glissent, et l’on se surprend à redécouvrir le Primitif de Gotainer ou le Fil de Camille, le tout presque mieux que les originaux… En bonus, extrait de son précédent album d’adaptations de chansons réalistes méconnues, nous aurons droit à une désopilante version éthyl’hic de Mon anisette (1932), ainsi qu’une très belle interprétation très dépouillée du Petit cochon en pain d’épice (1948), chantée sans micro dans un silence religieux. A capulco, donc…

Petit regret toutefois : hilarant running gag courant tout du long de la soirée, il semble malheureusement avéré que nous ne connaitrons jamais, au grand jamais, la fin de l’histoire d’E.T qui va aux putes…

Mais demain est un autre jour !

Ce que NosEnchanteurs a dit d’Anaïs.

Le site d’Anaïs, c’est ici.

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3 Réponses à Anaïs au New Morning : the cheap girl is back !

  1. Jean-Jacques Boitard 1 décembre 2014 à 18 h 05 min

    Ouf la belle te revoilà… « même si y’a plus d’hair! » jjb

    Répondre
  2. Pol de GROEVE 1 décembre 2014 à 18 h 06 min

    Anaïs a toujours été une bête de scène imparable, entrecoupant ses chansons d’intermèdes loufoques irrésistibles (faut l’avoir vue nous faire Carla Bruni bourrée !). Je me réjouis d’aller l’applaudir dès que possible.

    Répondre
  3. Mélanie Depuiset 2 décembre 2014 à 0 h 38 min

    j’ai lâché quand ils l’ont harponné….
    je me réjouis qu’elle leur fasse la nique…

    Répondre

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