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Christophe Roncalli, l’accent sur l’essentiel

5a7bbf_c750e6361d9743bda44b5cca98cd898f.jpg_srz_p_626_556_75_22_0.50_1.20_0A sa manière, il est lui aussi un cru de Limoux. Il y réside et c’est là qu’il a mis en boîte son troisième disque, sorti il y a quelques mois. Christophe Roncalli, naguère interprète de Brassens, n’est pas précisément un tout jeune de la chanson, né de la dernière rosée. C’est dire si son chant est singulier. Ses paroles n’ont pas l’ombre d’une ambiguïté : « Barbouzes, cabinets noirs / Ta démocratie est malade / Ce monde est un vrai foutoir / Une sombre mascarade » chante-t-il dans Le bal des faux culs. Sur ce titre comme dans d’autres, nourris de l’air du temps, de ces temps citoyens où la colère gronde, où la méfiance contre nos dirigeants enfle. A tous les titres presque. Quitte à prendre le micro, autant que ce soit pour dire ce qu’on a sur le cœur : les radios ne passeront pas, mais de toutes façons les radios ne s’intéressent pas à ce genre de chansons : elles sont déconnectée de la vraie vie pour n’en diffuser qu’une bien pâle et servile copie… Des propos sans concessions, graves, mais portés par des musiques légères, dansantes (blues, jazz, rock, bossa-nova…), aux notes prélevées à celles du monde. Saisissant contraste vraiment. Lui à une voix également grave, un peu haut perchée, comme s’il avait peur qu’on ne saisisse pas tout son propos, un peu à la manière des chanteurs des années soixante qui chantaient toujours plus « vieux » qu’ils ne l’étaient. Avec un léger accent aussi, à qui il consacre d’ailleurs une chanson : « L’accent, putain d’accent / Toujours à traîner sans rien faire / Jamais pressé toujours content. » Beau parfum d’Occitan toujours en filigrane des ses mots.

Autoproduction il va de soi mais grand luxe de musiciens au chevet de cet opus : dix, qui à la flûte, au violon, à l’accordéon, à la contrebasse, à la batterie, violoncelle, trombone, soubassophone, trompette et autres bugle, glockenspiel et guitares. Ça nourrit l’insolente richesse musicale des douze titres : c’est dire si tous s’en donnent à chœur joie sur La fanfare de mon père, qui, à bien l’écouter, n’en est pas moins une terrible fable sur notre époque politique, sur l’immigration, sur la tolérance, plutôt l’absence de tolérance.

Bon, tout n’est pas dans le même ton. Comme cet Embargo sur le frigo qui valorise les derrières ronds (« Belles, généreusement, belles / Courbes de violoncelle / Naturelles et charnelles / Rondes, les formes vagabondes / Les fesses mappemonde / Femmes tout simplement » et fustige les régimes, les repas de substitution, les salles de gym et la dictature de la presse féminine : « Nous on les préfère Maillol / Elle veulent être Giacometti. »

En diverses chansons, particulièrement sur Bagnatica, notons que Roncalli a des accents un peu lavilliérains : l’exotisme de ses musiques y est pour beaucoup, certes, mais pas que.

Certes, la notoriété de Christophe Roncalli est très localisée dans son sud-ouest, haut-lieu de la Chanson, entre Toulouse et Perpignan. Il n’en mérite pas moins de figurer dans le cohorte de nos enchanteurs.

 

Christophe Roncalli, Je vous laisse le reste…, autoproduit, 2014. Le site de Christophe Roncalli, c’est ici. Image de prévisualisation YouTube

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